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«Le Maroc est impliqué dans l’appui au Groupe islamique armé (GIA)» durant les années 1990 en Algérie, a écrit l’ex-directeur d’Al Jazeera sur son compte Twitter, sans avancer la moindre preuve attestant ses propos.

Dans un message publié sur son compte Twitter, l’ex-directeur de la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, Yasser Abou Hilalah, a accusé le Maroc d’avoir soutenu le terrorisme en Algérie durant la décennie noire des années 1990. Il a également indiqué que les deux pays ruinaient leurs capacités en se faisant indirectement la guerre par procuration en soutenant le Front Polisario pour l’Algérie et les berbères pour le Maroc.

​«Le Maroc est impliqué dans l’appui au Groupe islamique armé (GIA)», écrit-il sur son compte Twitter.

Par ailleurs, l’ex-patron d’Al Jazeera ajoute que les deux pays se font «une guerre d’usure». «Il est inutile de demander pardon. L’Algérie soutient les extrémistes sahraouis et le Maroc défend les amazighs», souligne-t-il, indiquant que «les deux nations pourraient mettre fin à la problématique à travers le respect de la diversité culturelle».

Quelques témoignages de poids

Dans un article publié en avril 2009 dans les colonnes du Courrier international, le journaliste marocain Ali Lmrabet avait recueilli le témoignage de Driss Basri, le ministre de l’Intérieur du roi Hassan II, en poste durant la décennie noire en Algérie.

Selon l’auteur, M.Basri a reconnu que «le Maroc avait comploté contre l’Algérie»: «livraison d’armes aux rebelles kabyles, neutralité "active", […], lors de la guerre civile, etc». L’ex-ministre avait ajouté que «l’Algérie a fait de même», rappelant le conflit du Sahara et l’attentat de l’hôtel Atlas-Asni, à Marrakech en 1994, dont les autorités algériennes ont nié toute implication.

Cependant, face à ces déclarations, aucun élément matériel prouvant l’implication du Maroc de près ou de loin dans le soutien au terrorisme en Algérie n’a été mis en évidence, ni d’un côté ni de l’autre.

L’épisode Abdelhak Layada, ex-chef du GIA

Le Groupe islamique armé (GIA) est une organisation terroriste d’idéologie salafiste créée au début des années 1990, dont l’un des fondateurs est Abdelhak Layada.

En tant que chef militaire du GIA, Abdelhak Layada avait fui l’Algérie en 1993 pour se réfugier au Maroc, précisément à Oujda, usant d’une fausse identité. À l’époque, les frontières entre les deux pays étaient encore ouvertes, elles ont par la suite été fermées en 1994.

Dans ses mémoires, intitulées Recueil des Mémoires du général Khaled Nezzar, ce dernier qui occupait au moment des faits le poste stratégique de chef d’état-major de l’armée algérienne et de ministre de la Défense nationale, a raconté les négociations qui ont eu lieu avec les autorités marocaines pour obtenir l’arrestation et l’extradition de Layada.

Suite à sa localisation dans un hôtel à Oujda pour «se procurer des armes», le général Nezzar affirme avoir appelé le ministre de l’Intérieur marocain Driss Basri et discute avec lui de la situation sécuritaire sans mentionner le cas de Layada. C’est le général Smaïn Lamari, ex-chef du contre-espionnage algérien, qui a été chargé par les autorités militaires algériennes de se rendre au Maroc afin d’informer les autorités de la présence du chef du GIA.

Rabat n’a pas accepté de livrer Layada, affirme l’ex-chef d’état-major de l’armée algérienne qui précise que le roi Hassan II avait souhaité s’entretenir avec lui directement. La rencontre dure deux heures, pendant lesquelles ils évoquent les modalités de la remise à Alger du chef terroriste et la question du Sahara occidental.

À l’issue de l’entrevue, le roi avait ordonné à son ministre à l’Intérieur de faire le nécessaire pour remettre Layada à l’Algérie. Le 29 septembre 1993, le chef militaire du GIA était officiellement remis aux services de renseignement algériens.

Excepté cet épisode, le général Nezzar, qui était aux commandes de la lutte antiterroriste en Algérie à cette époque, n’a fait dans ses mémoires mention d’aucune preuve matérielle tangible attestant de l’implication du Maroc dans un soutien logistique ou financier aux terroristes algériens.

Par contre, les autorités algériennes ont toujours pointé du doigt les liens entre les réseaux de trafic de drogues et de contrebande et les organisations terroristes actives au Sahel et au Maghreb.

Les relations algéro-marocaines

Le 19 décembre, lors de la cérémonie de son investiture au poste de Président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que le conflit au Sahara occidental était «une question de décolonisation» inscrite et traitée dans ce cadre aux Nations unies, et qui a fait l’objet d’un bon nombre de résolutions du Conseil de sécurité.

Réaffirmant la position algérienne de soutien à l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui conformément aux résolutions de l’Onu, le Président algérien a estimé «que cette question ne devait pas être un obstacle pour la reprise de relations normales entre l’Algérie et le Maroc».

Auparavant, le roi Mohammed VI avait proposé aux autorités algériennes la création d’un mécanisme de dialogue bilatéral pour la résolution des problèmes qui entravent les relations de bon voisinage entre les deux pays dans le cadre d’un dialogue «franc et direct».

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Tags:
lutte antiterroriste, plan antiterrorisme, terrorisme d'État, terrorisme, relations diplomatiques, relations bilatérales, reprise de relations, relations publiques, Maroc, Algérie
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