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Le Maroc joint sa voix aux pays nord-africains et européens qui s’opposent fermement à toute intervention militaire étrangère, en l’occurrence turque, en Libye, a fait savoir son ministre des Affaires étrangères. Rabat plaide également pour une solution politique pacifique en dehors de toute ingérence étrangère.

Le Maroc est «contre toute intervention étrangère» en Libye et considère que la solution au conflit militaire dans ce pays «ne peut être que politique» loin de toute «ingérence étrangère», a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Nasser Bourita. Il s’est exprimé lors d’un point de presse en marge de la cérémonie d’inauguration d’un consulat général de la République de Gambie à Dakhla, dans le Sahara occidental. Le royaume chérifien devient ainsi le 4e pays nord-africain après l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie à se prononcer clairement contre un éventuel déploiement militaire turc en Libye.

«Le royaume du Maroc rejette toute intervention étrangère, y compris une intervention militaire dans le dossier libyen, quels que soient ses fondements, ses motifs et ses acteurs», a affirmé le chef de la diplomatie marocaine, cité par l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP).

«Les interventions étrangères n'ont fait que compliquer la situation en Libye, éloigner les perspectives d'une solution politique dans le pays, ancrer les conflits internes et menacer la paix et la sécurité dans la région du Maghreb dans sa globalité», a-t-il ajouté, soulignant qu’«il n'existe pas de solution militaire au conflit en Libye».

Dans le même sens, M.Bourita a rappelé que «la résolution de ce conflit ne peut être que politique et consiste en un consensus entre les différentes factions libyennes [à l’instar de l’accord signé en 2016 à Skhirat, dans le nord-ouest du Maroc, ndlr] dans le cadre de l'intérêt suprême de la Libye et du peuple libyen». Il a par ailleurs insisté sur le fait que «la Libye ne peut se transformer en un "fonds de commerce" politique au service des conférences et réunions diplomatiques, au lieu de servir les besoins vitaux du peuple libyen, en matière de paix et de sécurité».

En conclusion, Nasser Bourita a mis l’accent sur le fait que «la responsabilité de la communauté internationale consiste à accompagner la Libye dans le processus d'un accord politique et l'éloigner des tractations des agendas étrangers qui ne prennent pas en considération l'intérêt suprême du peuple libyen».

Les Européens se joignent aux pays nord-africains

Le général-major Saïd Chengriha, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP) algérienne
© Photo / Sputnik via le Ministère Algérien de la Défense Nationale
Le parlement turc a adopté jeudi 2 janvier une motion autorisant l'envoi de troupes turques en Libye pour aider le gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj.

Dimanche 5 janvier, Recep Tayyip Erdogan a annoncé que des unités militaires turques étaient en route pour Tripoli à la demande de Fayez el-Sarraj, précisant qu’il s’agissait de l'envoi d'experts militaires et d'équipes techniques pour soutenir les autorités internationalement reconnues et menacées par l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar.

L’Union européenne, ainsi que notamment l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne dénoncent le déploiement militaire turc en Libye et appellent Ankara à mettre un terme à son intervention.

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Tags:
opération terrestre, intervention, Armée nationale libyenne (ANL), Haut conseil d'État libyen, Tripoli (Libye), crise libyenne, Libye
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