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Le ministre algérien des Affaires étrangères s’est rendu aujourd’hui à Benghazi où il a rencontré le maréchal Khalifa Haftar. Sabri Boukadoum lui a remis une invitation officielle afin qu’il participe à l’initiative algéro-tunisienne pour la paix en Libye.

La diplomatie algérienne passe à l’action. Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères, s’est rendu ce matin à Benghazi, ville de l’Est libyen, pour rencontrer le maréchal Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne.

«La rencontre s’est tenue dans l’une des résidences de Benghazi. Sabri Boukadoum a remis à Haftar une invitation officielle du Président Abdelmadjid Tebboune afin qu’il vienne à Alger pour participer à une conférence de paix en Libye. Le ministre Boukadoum a évoqué la nécessité de mettre en œuvre rapidement les dispositions de l’accord signé le 19 janvier à Berlin», indique à Sputnik une source diplomatique algérienne qui a requis l’anonymat.

Une «équidistance» entre Haftar et Saraj

Selon le professeur Yahia Zoubir, directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School à Marseille et chercheur-résident au Brookings Doha Center au Qatar, cette visite du chef de la diplomatie algérienne était nécessaire pour «montrer la bonne foi des Algériens».

«L’Algérie se devait de montrer qu’elle se situe à équidistance entre Khalifa Haftar et Fayez el-Sarraj, qui est à la tête du Gouvernement d’union nationale à Tripoli. Haftar n’a pas adhéré au processus de paix proposé par Alger, car il est persuadé que ses initiateurs sont du côté de son ennemi. C’est un rééquilibrage du gouvernement Tebboune pour mettre fin à cette fausse perception», a précisé Yahia Zoubir à Sputnik.

L’Algérie et la Tunisie main dans la main

Il semble que les gouvernements tunisien et algérien se soient partagé les tâches dans le cadre de la mise en œuvre d’une initiative commune, dont les contours ont été dévoilés dimanche 2 février lors de la visite officielle effectuée à Alger par le Président Kaïs Saïed.

Les deux dirigeants maghrébins avaient insisté sur la nécessité de parvenir à «solution libo-libyenne» et de « préserver la Libye des ingérences étrangères et de l’afflux des armes» lors d’une conférence de presse commune.

«Nous appelons à la tenue, à Alger ou à Tunis, de rencontres avec tous les Libyens et l’ensemble des tribus libyennes afin d’amorcer une nouvelle ère pour l’édification de nouvelles institutions permettant l’organisation d’élections générales et l’établissement des nouveaux fondements de l’État libyen démocratique, à la condition que cette proposition soit acceptée par l’Organisation des Nations Unies (Onu)», avait déclaré le Président Tebboune durant cette conférence de presse.

Des relations mouvementées

La visite du ministre algérien des Affaires étrangères vise à marquer une nouvelle étape pour instaurer un climat de confiance entre ce pays et le maréchal Haftar, soutenu militairement et financièrement par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite et qui bénéficie d’un certain appui de la part de Paris et Moscou.

La dernière rencontre entre un officiel algérien et le commandant de l’Armée nationale libyenne remonte à avril 2017, lorsqu’Abdelkader Messahel, ancien ministre des Affaires étrangères, s’était rendu à Benghazi. Les relations se sont subitement dégradées en septembre 2018, quand Haftar a menacé l’Algérie de représailles.

«Les Algériens ont trouvé une occasion pour entrer en Libye. Lorsque nous avons découvert cela, j’ai envoyé le général Abdelkrim en Algérie pour expliquer que ce qui avait été fait n’était pas fraternel. Nous pouvons transférer la guerre de l’Est à l’Ouest en peu de temps. Le général Abdelkrim a reçu des excuses et [les autorités algériennes, ndlr] lui ont expliqué que l’incursion de l’armée algérienne était une opération individuelle qui prendrait fin dans une semaine», avait expliqué Haftar dans une vidéo diffusée sur le site d’Al Jazeera.

Les autorités algériennes avaient vigoureusement dénoncé ces graves accusations, les qualifiants «d’irresponsables». En juillet 2019, des propos attribués par la chaîne qatarie au Premier ministre algérien avaient créé une nouvelle crise entre les deux parties. Nourredine Bedoui aurait dit d’Haftar «qu’il n’est rien devant la grandeur de la Libye», au cours d’une audience qu’il a accordée à Fathi Bachagha, ministre de l’Intérieur du gouvernement libyen d’union nationale (GNT). Le ministère des Affaires étrangères avait finalement démenti ces propos, les qualifiant de «faux et de subversifs».

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Khalifa Haftar, Algérie, Libye
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