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L’aide que la France pourrait apporter au Liban pour surmonter la crise ne consiste pas qu’en des prêts financiers, mais il s’agit aussi d’une aide politique, dont le Liban a besoin afin de surmonter la crise sans toutefois perdre sa souveraineté économique, ont expliqué deux experts russe et libanais au micro de Sputnik.

La France figure parmi plusieurs pays qui ont exprimé leur volonté d'aider le Liban à sortir de sa grave crise économique, selon le Président libanais Michel Aoun, cité par le service de presse de la présidence sur Twitter.

Il a précisé qu'il attendait une nouvelle conversation avec Emmanuel Macron dans les prochains jours, dans laquelle ils envisagent de discuter de l'aide économique de Paris à Beyrouth. Au micro de Sputnik, des experts ont décrypté comment la France pourrait aider le Liban, ainsi que si le pays proche-oriental peut être dépendant financièrement de la France ou d'autres pays.

L'aide n'est pas seulement économique

La France est prête à aider le Liban sur la base d'un lien historique de longue date. Qui plus est, elle ne fournira pas qu’une aide financière, mais aussi politique, estime Sergueï Fedorov, chercheur principal à Institut de l'Europe de l'Académie des sciences de Russie.

«La France est intéressée par la stabilité au Liban et est ainsi prête à aider l'économie libanaise. Elle ne sera pas seulement économique mais aussi politique. Par exemple, la France peut jouer un rôle d’intermédiaire de dialogue entre les élites politiques libanaises.»

L'analyste économique libanais Ziyad Nasreddin tient à souligner que son pays a plutôt besoin d'aide pour réaliser les réformes nécessaires.

«L'aide sera probablement liée à la préparation et à la mise en œuvre de la réforme. En bref, l'aide sera plus politique que financière. Il est plus important pour le gouvernement libanais de regagner la confiance des citoyens que d'obtenir une nouvelle tranche de crédit des partenaires étrangers ou du FMI.»

Le problème de la souveraineté économique

Pourtant, les craintes résident dans le fait que la stabilisation de l'économie libanaise ne devienne pas dépendante des pays donateurs, notamment de la France. Selon l'expert libanais, la souveraineté économique du Liban doit être le principal objectif de toute assistance.

«Tous ceux qui sont prêts à apporter leur aide doivent respecter la souveraineté de l'économie libanaise. C'est le principe de base. Le pays a besoin d'une stabilité totale et, à long terme, d’un développement du potentiel économique. Nous avons besoin d'aide pour mener une campagne efficace de stabilisation de l'économie et de la vie politique intérieure en général, plutôt que d'autres prêts», a indiqué Ziyad Nasreddin.

«Le principal défi est de surmonter la crise»

Interrogé sur la sécurité économique du Liban, Sergueï Fedorov a souligné que pour commencer il fallait stabiliser le pays par tous les moyens possibles.

«Il ne s'agit pas de placer le pays en dépendance économique vis-à-vis de la France. Le principal défi est de surmonter la crise, de stabiliser la situation, puis de voir comment le Liban peut payer pour cela. Je ne pense pas que cette question soit prioritaire dans les circonstances actuelles. Il sera plutôt important de contribuer à la normalisation de la situation par tous les moyens», a résumé le spécialiste.

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Tags:
souveraineté, crise, économie, France, Liban
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