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Avec un prix du baril à environ 50 dollars, le gouvernement algérien, qui a élaboré la loi de finances 2020 sur un prix référence de 60 dollars, se trouverait dans une situation délicate en raison de la crise financière qui pourrait s’accentuer cette année.

La situation se corse un peu plus pour l’économie algérienne en raison de la chute du prix du pétrole causée par l’épidémie du coronavirus. En effet, la loi de finance 2020 a été élaborée sur la base d’un prix de marché de 60 dollars le baril pour l’année en cours. Or celui-ci pointait mercredi 4 mars à 52 dollars, aggravant ainsi le déficit budgétaire du pays. C’est dans ce contexte que le ministre algérien de l’Énergie Mohamed Arkab, qui va présider les 5 et 6 mars à Vienne la réunion de l’OPEP et des pays non-OPEP, a appelé à entreprendre une action consensuelle et rapide pour faire face à la détérioration «inquiétante» des marchés pétroliers, rapporte l’agence officielle Algérie Presse Service (APS).

«Au regard de la situation du marché pétrolier qui est extrêmement grave, l’Algérie appelle à une action concrète, crédible, solidaire et rapide afin de ne pas anéantir l'ensemble des efforts consentis depuis 2016 par les pays signataires de la Déclaration de Coopération [entre les membres de l’OPEP et les pays non-OPEP, ndlr]», a déclaré M.Arkab dans un entretien à l'APS.

Dans le même sens, le responsable a relevé que la propagation de l'épidémie de coronavirus avait «sévèrement» impacté les prix au cours des deux derniers mois, en «passant aux alentours de 50 dollars le baril contre plus de 65 dollars en début d'année, soit une baisse de plus de 15 dollars par baril». La croissance économique en sera affectée au regard de l'importance de la Chine pour les chaînes d'approvisionnement mondiales, a-t-il expliqué.

Ainsi, «les pays signataires de la Déclaration de Coopération, OPEP et non-OPEP, ont un rôle important à jouer pour rétablir la stabilité et l'équilibre du marché pétrolier international», a affirmé M.Arkab.

Quel impact sur l’économie algérienne?

L’ex-ministre des Finances Mohamed Loukal a indiqué jeudi 7 novembre devant les députés lors d’une séance de questions-réponses relatives au projet de loi de finances 2020 que le déficit du budget de l’État était de 1.533 milliards de dinars (11,7 milliards d’euros, soit 7% du PIB), alors que celui du Trésor s’élevait à 2.435 milliards de dinars (18,4 milliards d’euros, soit 11,4% du PIB).

M.Loukal a expliqué la différence de près de 900 milliards de dinars (6,8 milliards d’euros) entre ces deux déficits par la couverture, par le Trésor, du déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR) qu’il estime désormais à 700 milliards de dinars (5,3 milliards d’euros) par an.

Puits de pétrole dans le désert
© AP Photo / Hasan Jamali / Puits de pétrole dans le désert
«Avec l’absence de réserves à court terme et la non-application de réformes à moyen et long termes, il pourrait atteindre les 800 milliards de dinars [6 milliards d’euros, ndlr] en 2021 et se creusera avec une moyenne annuelle de 2,5%, voire 3% tout au long de la prochaine décennie», a affirmé le ministre, précisant qu’«il n’était plus possible de compter sur le concours du budget de l’État pour couvrir ce déficit de manière entière et permanente».

In fine, l’Algérie connaîtra en 2020 un déficit global comparable à celui de l’année 2019, explique le ministre, rappelant que la planche à billets a pour l’instant servi au traitement de la dette de la CNR à hauteur de 500 milliards de dinars (3,8 milliards d’euros). Le responsable a laissé entendre que l’État pourrait recourir «le cas échéant» à la planche à billets.

Comment tenir les promesses présidentielles?

Au vu de la situation actuelle du marché mondial du pétrole, les prévisions avancées par M.Loukal pourraient être revues à la baisse avec un prix du baril autour des 50 dollars. Dans ce contexte, trois promesses électorales phares du Président Abdelmadjid Tebboune pourraient être sérieusement compromises.

En effet, le chef de l’État avait promis de supprimer l’impôt sur le revenu pour les salaires inférieurs à 30.000 dinars (225 euros), une mesure qui coûterait 90 milliards dinars (675 millions d’euros) aux caisses publiques. Par ailleurs, M.Tebboune avait avancé l’idée de relever le Smic à 22.000 dinars (165 euros), au lieu des 18.000 (135 euros) actuels et d’abandonner la taxation au réel pour les revenus des professions libérales. Le coût de ces deux dernières mesures n’a pas encore été évalué par le ministère des Finances.

Depuis la chute des prix du pétrole en 2014, les réserves de change du pays sont passées de 179 milliards de dollars fin 2017, à 62 milliards en décembre 2019, selon les notes de conjoncture de la Banque d’Algérie pour les mêmes périodes.

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gisements de pétrole, pétrole de schiste, prix du pétrole, OPEP, pétrole, crise économique, sortie de la crise, crise énergétique, crise politique, crise financière, Algérie
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