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Abdelaziz Djerad a appelé le Hirak à éviter «l’occupation excessive de la voie publique» et incité les Algériens à se mobiliser pour sortir le pays de la crise économique et sociale.

Face à la persistance des manifestations hebdomadaires du Hirak, mouvement de contestation populaire qui dure depuis le 22 février en Algérie et qui en est à son 55e vendredi, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a tiré la sonnette d’alarme quant à «la gravité de la situation économique et sociale» du pays, appelant dans un entretien accordé à l’agence officielle Algérie Presse Service (APS) à atténuer «l’occupation excessive de la voie publique».

«Devant l’ampleur de la tâche et des défis de l’heure, ainsi que devant la gravité de la situation économique et sociale actuelle du pays, il est attendu la mobilisation de toutes les parties pour sortir de cette crise multidimensionnelle, à travers une participation plus active du mouvement populaire principalement, dans la lourde tâche de construction de l’État rénové», a déclaré le responsable.
Ainsi, face à cette situation, M.Djerad a estimé qu’il était «plus sage d’atténuer la tendance revendicative et l’occupation excessive de la voie publique, qui ne fait qu’aggraver davantage la situation actuelle sans apporter de solutions concrètes aux différents problèmes auxquels font face les citoyens et citoyennes».

L’état des lieux économique?

Le projet de loi 2020 a été établi sur un prix de référence du pétrole à 60 dollars le baril. Lors de sa présentation jeudi 7 novembre devant les députés, l’ex-ministre des Finances Mohamed Loukal a indiqué que le déficit du budget de l’État était de 1.533 milliards de dinars (11,7 milliards d’euros, soit 7% du PIB), alors que celui du Trésor s’élevait à 2.435 milliards de dinars (18,4 milliards d’euros, soit 11,4% du PIB).

Il a par ailleurs expliqué la différence de près de 900 milliards de dinars (6,8 milliards d’euros) entre ces deux déficits par la couverture, par le Trésor, du déficit de la Caisse nationale des retraites (CNR) qu’il estime désormais à 700 milliards de dinars (5,3 milliards d’euros) par an.

Ainsi, il a affirmé que son pays connaîtra en 2020 un déficit global comparable à celui de l’année 2019, laissant également entendre que l’État pourrait recourir «le cas échéant» à la planche à billets et à l’endettement extérieur.

Des promesses présidentielles tenables?

Alors que le prix du baril du pétrole pointe ce mardi 10 mars autour de 33 dollars, les prévisions avancées par M.Loukal pourraient être revues à la baisse. L’accélération de la crise financière dans le pays risquerait de compromettre une bonne partie du plan d’action du gouvernement tiré du projet présidentiel de l’actuel chef de l’État Abdelmadjid Tebboune.

En effet, trois promesses électorales phares du Président pourraient ne pas se réaliser. Le chef de l’État avait promis de supprimer l’impôt sur le revenu pour les salaires inférieurs à 30.000 dinars (225 euros), une mesure qui coûterait 90 milliards dinars (675 millions d’euros) aux caisses publiques. M.Tebboune avait également avancé, sans les chiffrer, l’idée de relever le Smic à 22.000 dinars (165 euros), au lieu des 18.000 (135 euros) actuels, et d’abandonner la taxation au réel pour les revenus des professions libérales.

Les réserves de change du pays sont passées de 179 milliards de dollars fin 2017, à 62 milliards en décembre 2019, suite à la chute des prix du pétrole en 2014, selon les notes de conjoncture de la Banque d’Algérie pour les mêmes périodes.

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Hirak, pétrole de schiste, prix du pétrole, pétrole, OPEP, crise humanitaire, crise financière, crise politique, crise économique, Abdelmadjid Tebboune, Abdelaziz Djerad
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