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Un expert marocain qui travaille à Harvard explique dans une déclaration au site Médias 24 que le bilan de la diffusion du coronavirus qui sera établi la semaine prochaine sera crucial quant aux mesures de confinement qui devraient être prises dans le pays.

Alors que le Maroc vient d’enregistrer ce lundi 16 mars son 29e cas de coronavirus confirmé, les inquiétudes concernant la capacité du système sanitaire du pays de faire face à une pandémie qui dure dans le temps s’expriment de plus en plus. Le site d’information marocain Médias 24 a posé la question à Youssef Oulhote, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistique à l’Université publique du Massachusetts, et chercheur à l’école de santé publique de l’Université de Harvard.

Évoquant l’état de diffusion de la maladie dans le pays, le spécialiste avertit que «la semaine à venir est cruciale, et on aura plus d’éléments pour voir s’il faut instaurer des mesures supplémentaires» pour parer à la situation. «Nous n’avons aucune idée de la date à laquelle on reviendra à une situation normale, il est trop tôt pour le savoir», ajoute-il.

Quels risques?

Pour le spécialiste, «le grand danger pour la majorité de la population n’est pas le virus en soi, hormis pour les groupes à risque». «Le grand danger est que ça sature la capacité hospitalière qui est déjà très fragile au Maroc», prévient-il.

Et d’expliquer que «le nombre de lits hospitaliers au Maroc pour 1.000 habitants est très bas par rapport à des pays qui sont déjà submergés par le virus». M.Oulhote dit que «l’exemple de la Lombardie, une des plus riches régions d’Italie, est probant». «La capacité hospitalière est pratiquement déjà saturée, et les médecins sont obligés de faire des choix en fonction des probabilités de survie», rappelle-t-il, ajoutant que dans le cas du Maroc, «il y a déjà une pénurie de médecins et de personnel hospitalier».

«Il est préférable de surestimer l'impact»

L’enseignant-chercheur part du principe qu’«on ne sait même pas encore si les malades guéris ont acquis une immunité ou pas, et quelle serait la durée de cette immunité». «Ceci dépendra de si on aura d’autres pics» de diffusion de la maladie ou non, tempère-t-il.

Pour lui, «l'enjeu aujourd'hui est de freiner la propagation pour aplatir la courbe de l'épidémie de sorte à répartir dans le temps la surcharge sur le système de santé».

Youssef Oulhote tire donc la sonnette d’alarme, car «le risque majeur que court le Maroc avec cette épidémie est un effondrement du système de santé publique dont la capacité est limitée en infrastructures, nombre de lits, ressources humaines, bio-équipements, etc.», et appelle ses concitoyens marocains à accepter le fait que «les mesures prises ne doivent jamais être considérées comme excessives».

Les mesures d‘urgence

Dans un communiqué du Palais royal relayé lundi 16 mars par l’agence officielle Maghreb Arabe Presse, le roi Mohammed VI ordonne la fermeture des mosquées pour toutes les prières, y compris celles du vendredi, à partir d’aujourd’hui.

Le ministère des Affaires étrangères fait également part dans un communiqué publié le 15 mars de sa décision de suspendre tous les vols internationaux de passagers en provenance et à destination du Maroc jusqu’à nouvel ordre.

Le gouvernement marocain a suspendu tous les cours dans les écoles et universités, et annulé tous les événements culturels et sportifs. Les rassemblements publics de plus de 50 personnes sont également interdits.

Le directeur de l’Épidémiologie et de la Lutte contre les Maladies au ministère de la Santé Mohamed El Youbi a fait savoir lors d’un point presse que 350 personnes ayant eu des contacts directs avec des personnes ont été placées sous surveillance, dont 90 ne sont plus sous contrôle suite à l’élucidation de leur cas.

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capacités extraordinaires, capacités, hôpital, risques à la sécurité du pays, risques, Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), coronavirus SARS-CoV-2, Covid-19, Maroc
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