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Raconte-Arts, célèbre festival itinérant de contes et d’arts de rue, ne pourrait se tenir qu’en cas d’amélioration de la situation sanitaire due à la pandémie de Covid-19. La 17e édition, prévue dans le village de Kabylie d’Aït Aïssi du 18 au 25 juillet, ne se déroulerait alors qu’en présence d’artistes algériens.

Rendez-vous estival de centaines d’artistes algériens et étrangers, l’édition de 2020 de Raconte-Arts pourrait ne pas se dérouler cette année à cause de la pandémie de coronavirus. 

La Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de la wilaya de Tizi-Ouzou, instance organisatrice de cet événement, n’a pas encore pris de décision définitive concernant cette 17e édition prévue à Aït Aïssi, village de montagne situé à 150 kilomètres de la capitale. Arezki Diche, président de cette ligue, indique à Sputnik que tout est lié «à l’évolution de la situation sanitaire».

«Le 9 avril, nous avions publié un communiqué sur Facebook pour dire qu’aujourd'hui, pour nous tous, l’enjeu est de rester en vie. Si les conditions sanitaires le permettent, nous pourrons aller vers un festival plus ‘léger’, uniquement avec des participants algériens.»

En effet, certains dirigeants européens ayant annoncé la fermeture de l’espace Schengen jusqu’au mois de septembre, au moins, «la participation étrangère, notamment européenne, ne sera pas possible. Si Raconte-Arts se tient cette année, nous aurons donc une édition semblable aux premières avec uniquement des artistes algériens», précise Arezki Diche.

Vitrine culturelle

L’Algérie, qui a enregistré au 16 avril 2020 2.268 cas d’infection au Covid-19 dont 348 décès, n’a pas échappé à la crise mondiale qui a impacté le domaine des événements culturels d’été. Créé en 2004, ce festival itinérant est organisé chaque année dans un village de Kabylie. Ces dernières années, il a rassemblé jusqu’à 500 artistes, dont environ 150 participants venus du monde entier. 

Concerts, activités de rue, ateliers de création… Raconte-Arts est une vitrine ouverte sur la culture et permet de mettre en avant des zones souvent enclavées de la Kabylie. Selon Arezki Diche, organiser le festival durant une autre saison que l’été n’est pas envisageable.

«Il ne sera pas possible de repousser la date de Raconte-Arts à l’automne car les bénévoles travaillent en cette période de l’année et les artistes ont généralement d’autres activités prévues dans leur programme. En cas de report, il sera d’une année, c’est-à-dire que la 17e édition se déroulera en été 2021», note-t-il.

Vers d’autres horizons

Pour l’heure, Raconte-Arts peine à sortir de la région de Kabylie. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Le président de la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de la wilaya de Tizi-Ouzou souligne que l’itinérance vers d’autres espaces régionaux d’Algérie est «encouragée» mais qu’elle doit être initiée par les représentants des villages.

«Raconte-Arts ne se déplace pas dans n’importe quelles conditions, il faut qu’il y ait une sollicitation de la part des représentants d’un village. C’est aux acteurs locaux de se manifester. Ensuite, il y a un certain nombre de conditions à respecter, notamment sur le plan logistique. L’avantage, en Kabylie, c’est l’existence d’un Tadjmaat (conseil coutumier) dans quasiment tous les villages. Nous aimerions aller à Tamanrasset, Djanet, Timimoune, Constantine ou dans les Aurès. D’ailleurs, nous avions tenté d’organiser une édition dans le village chaoui de T’kout, mais ce projet ne s’est pas réalisé.»

Raconte-Arts prouve depuis plus d’une décennie que la culture peut être une excellente passerelle entre le monde et des villages d’Algérie.

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Tags:
coronavirus SARS-CoV-2, Covid-19, festival, Algérie
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