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Durant les deux premiers mois de l’année 2020, le déficit commercial de l’Algérie s’est creusé de 1,23 milliard de dollars, contre 686,51 millions durant la même période en 2019, soit une augmentation de 79,16%, indiquent les douanes algériennes dans un communiqué.

Une semaine après les chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONS) attestant d’un important recul de la croissance économique en 2019 en Algérie, les douanes ont indiqué dimanche 26 avril dans un communiqué que le déficit commercial du pays durant les deux premiers mois 2020 a augmenté de 79,16% par rapport à la même période l’année précédente.

La note informe que l’Algérie a connu un déficit de 1,23 milliard de dollars durant les deux premiers mois 2020, contre 686,51 millions de dollars à la même période l’année dernière.

Selon la même source, l’Algérie a exporté en janvier et février pour 4,9 milliards de dollars, contre 6,795 en 2019, soit une baisse de 27,89%. Les importations s’élèvent quant à elles à 6,129 milliards de dollars, contre 7,481 en 2019, soit une diminution de 18,07%.

Les hydrocarbures ont représenté 93,08% des exportations algériennes pour les deux premiers mois de 2020, soit 4,56 milliards de dollars, contre 6,35 milliards en 2019, pour un recul de 28,17%.

Le bilan de l’ONS

Alors qu’une grave crise économique se profile à l’échelle mondiale sur fond de pandémie de Covid-19, la situation en Algérie s’annonce délicate à en croire l’ONS qui a publié dimanche 19 avril les chiffres de la croissance pour 2019, rapporte le site d’information Algérie 1.

L’office indique que la croissance économique globale en 2019 s’est établie à 0,8%, contre 1,4% en 2018, soit un recul de 43%. Dans le même sens, il souligne que le Produit intérieur brut (PIB) hors hydrocarbures est de 2,4% en 2019, contre 3,3% en 2018, soit une chute de 27%.

Le secteur des hydrocarbures, poumon de l’économie algérienne et seule ressource en devises, a connu une baisse de 4,9% en 2019, en plus de celle enregistrée en 2018, soit 6,4%, rapporte l’ONS.

Une feuille de route pour résoudre la crise?

Dans un article publié le 16 avril dans le journal Le Soir d’Algérie intitulé «Crise économique: rompre impérativement avec les méthodes de gestion du passé», l’ancien ministre algérien du Trésor Ali Benouari (1991-1992) propose neuf mesures financières à même de relancer l’économie du pays.

Ainsi, il préconise la dévaluation de la monnaie d’au moins 50%. Selon lui, cette mesure «pourrait annihiler l’effet de la chute de 50% du prix du pétrole, [et] aidera aussi, en les renchérissant de 50%, à réduire les importations, et ce sans intervention administrative».

Pour le spécialiste, les accords de libre-échange avec l’Union européenne et les pays arabes, qui ont contribué à détruire l’outil de production national sans apporter aucun avantage, doivent être suspendus.

Il conseille aussi la «taxation des grosses fortunes et exonération d’impôt des petits revenus et des start-up», «la confiscation des biens de tous les oligarques qui ont été condamnés et la récupération par le Trésor public de tous leurs avoirs détenus illégalement à l’étranger», ainsi que le changement de tous les billets de banque et la taxation à 30% des fortunes non déclarées.

Par ailleurs, il estime nécessaire de maintenir les réserves de change à 50 milliards de dollars et de n’importer que ce qui est essentiel à hauteur du surplus des réserves en devises. Il considère qu’il faut imposer aux citoyens résidents fiscaux en Algérie à déclarer leurs biens à l’étranger, afin de les taxer comme des fortunes non déclarées et qui se trouvent en Algérie. De plus, il prône la révision du système actuel des subventions, qui ne profite qu’aux riches, en mettant en place un filet social et des mesures de protection des travailleurs et des chômeurs.

Enfin, Ali Benouari défend la révision du budget alloué aux ministères de l’Intérieur et de la Défense dans les limites imposées par les exigences de la sécurité nationale. Les budgets de la présidence de la République et du ministère des Moudjahidine (Anciens combattants) doivent également être réduits, juge l’ancien ministre algérien du Trésor qui affirme que ces quatre institutions «consomment près de 40% du total du budget de fonctionnement, laissant aux secteurs productifs une part dérisoire».

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crise politique, crise économique, crise constitutionnelle, sortie de la crise, Tout sur l'Algérie (TSA), Le soir d'Algérie, Abdelaziz Djerad, Algérie 1, Algérie
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