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Après la suppression de l’importation de kits préassemblés pour le montage automobile, le gouvernement algérien opte pour le développement de la sous-traitance et des écosystèmes. Son objectif: lancer une vraie industrie. Pour cela, trois mesures ont été introduites dans la loi de finances complémentaire.

Lors du Conseil des ministres tenu le 10 mai sur l’adoption du projet de la loi de finances complémentaire (PLFC), le gouvernement algérien a décidé, sur proposition du ministre de l’Industrie et des Mines Ferhat Aït Ali Braham, de prendre plusieurs mesures pour lancer une réelle industrie automobile. Le développement de la sous-traitance dans les secteurs mécanique, électrique, électronique et des pièces de rechange doivent y contribuer. Par ailleurs, il a mis fin au régime préférentiel encadrant l’importation des kits SKD/CKD (Semi Knocked-Down et Completely Knocked-Down), éléments préassemblés et montés sur place qui alimentaient les usines de montage automobile. Une forme déguisée d’importation «profitant des avantages fiscaux offerts par l’État», pointe le ministre.

La mesure fiscale prise par le gouvernement

À l’instar du Maroc, de la Tunisie et de la Malaisie, qui ont adopté une stratégie basée sur la promotion de puissants réseaux de sous-traitance et d’écosystèmes complets en collaboration avec de grands constructeurs mondiaux dans le cadre de joint-ventures, le gouvernement introduit trois mesures à même de lancer l’Algérie dans cette aventure, indique un communiqué du Premier ministère.

Ainsi, l’exécutif a instauré l’«exonération des taxes douanières et de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour une durée de deux ans renouvelables pour les composants acquis localement par les sous-traitants dans le secteur des industries mécanique, électrique et électronique et les pièces de rechange, ainsi que la création d’un régime préférentiel pour les activités de montage».

Encourager la venue d’entreprises étrangères

Il a également décidé de la «révision de la règle 49/51 [qui limite à 49% la part d'investissements étrangers dans un projet réalisé en Algérie, ndlr] à l’exception des secteurs stratégiques et des activités d’achat et de vente de produits», dans le but d’encourager les entreprises étrangères à s’installer en Algérie. Dans le même sens, le Président Abdelmadjid Tebboune a demandé au gouvernement de soumettre la règle 49/51 à des textes réglementaires transparents afin d’éviter toute mauvaise interprétation ou équivoque quant à la préservation des richesses nationales.

Enfin, il a été décidé à l’issue du Conseil des ministres d’annuler le «droit de préemption et son remplacement par l’autorisation préalable des investissements étrangers, ainsi que l’annulation de l’obligation de leur financement à travers le recours aux financements locaux». Le chef de l’État a également exigé des textes réglementaires transparents, tout en mettant le droit de préemption sous la responsabilité du Premier ministre après examen approfondi par des experts. Cette mesure est étendue à toutes les opérations de cession d’actions entre entreprises étrangères exerçant en Algérie.

L’exemple du Maroc

Depuis le lancement du Plan d’accélération industrielle 2014-20 par le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, la sous-traitance automobile est en plein essor.

En effet, lors du sixième Salon de la sous-traitance automobile organisé en octobre 2019 par l’Association marocaine pour l’industrie et la construction automobile (Amica) sous le thème «Sous-traitance automobile: un levier pour une croissance durable», Rachid Machou, vice-président de l’Amica, a dit devant la presse que cette filière était devenue un levier de croissance durable pour l’ensemble de l’écosystème automobile. Selon lui, la sous-traitance «a amorcé une montée en régime très remarquable qui devra se poursuivre avec la hausse des volumes de la production des industriels locomotives», rapportait le site d’information LA VIEéco.

Il a expliqué qu’à la fin 2020, l’industrie automobile au Maroc devrait dépasser la barre des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, portée par la montée en puissance de l’usine Renault-Nissan de Tanger, du projet PSA au Maroc intégrant une usine carrosserie montage, une usine mécanique et un Centre d’études, ainsi que de l’intérêt croissant de plusieurs constructeurs automobiles pour le sourcing local (PSA, Renault, Volkswagen, Ford).

Enfin, il a expliqué qu’«au-delà de la construction et de l’assemblage, nous voulons faire de plus en plus de métiers, et organiser le transfert de savoir-faire entre les industriels qui ont cumulé de l’expertise depuis des siècles et nous qui commençons à le faire depuis trois décennies».

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Tags:
industrie automobile, zone industrielle, industrie, Maroc, Algérie
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