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L’Algérie a acquis le 12 mai entre 480.000 à 600.000 tonnes de blé à un prix intéressant et dont le principal fournisseur serait la France, indique Reuters. En février, le pays a acheté 450.000 tonnes, alors que les autorités avaient annoncé «l’autosuffisance». La Présidence lance une enquête.

L’Algérie a acheté près d’un demi-million de tonnes de blé à moudre à un prix relativement faible lors d’un appel d’offre clôturé mardi 12 mai, rapporte Reuters qui souligne que la plus grande partie provient d’Europe, et probablement de France.

En janvier, le ministre de l’Agriculture Chérif Omari a affirmé que «l’Algérie avait atteint l’autosuffisance en blé». Or, cet achat, ajouté à celui de février d’une quantité presque équivalente, mettent à mal les propos du ministre. La Présidence de la République soupçonne l’existence d’un vaste réseau de trafic de blé subventionné dans le pays, selon le quotidien francophone El Watan.

«Les prix semblent assez agressifs»

Selon Reuters, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a acheté une quantité oscillant entre 480.000 et 600.000 tonnes de blé à moudre. Le prix se situerait aux environs de 218 dollars la tonne, frais de livraison compris.

Les céréaliers français seraient les principaux fournisseurs de la quantité achetée par l’OAIC. D’autres cargaisons pourraient provenir de la région baltique et d’Amérique du Sud.

«Les prix semblent assez agressifs. Les commerçants français n’avaient pas beaucoup de commandes dans leurs registres pour la nouvelle récolte, c’était donc une opportunité à ne pas rater», suppose un trader auprès Reuters.

200 meuneries soupçonnées de trafic

À l’exception de la wilaya d’Illizi, tous les groupements de la Gendarmerie nationale des 47 autres wilayas ont été instruits mercredi 13 mai, dans le cadre d’une opération chapeautée par les services de la Présidence de la République, du lancement d’une enquête nationale sur le trafic du blé subventionné par l’État visant 200 minoteries, confient à El Watan des sources proches du dossier. Le 10 juillet 2019, le ministère de l’Industrie a procédé à la fermeture de 45 meuneries dans le cadre de la réorganisation et de l’assainissement de la filière céréalière.

«Après la gestion, tant bien que mal, des tensions dans la production et surtout la distribution de la semoule […] en pleine crise de coronavirus, une enquête profonde dans ce secteur s’impose, sachant qu’à Annaba, à titre d’exemple, il y a un faux meunier qui s’approvisionne en blé tendre et dur depuis 2011, alors que sa minoterie n’a vu le jour qu’en 2017», informent les mêmes sources. Des poursuites judiciaires seront engagées à leur encontre pour «fausses déclarations sur les capacités de production».

Un gouffre financier

«Il y a des semblants de meuniers, qui n’ont jamais transformé un grain de blé», écrit El Watan. «Dès qu’ils ont leur quota mensuel, ils le vendent tel qu’il est, engrangeant au passage les subventions de l’État», explique-t-il, soulignant que ce trafic a été révélé au grand jour «en 2019 par un exposé détaillé du ministère des Finances sur la filière céréales».

En février, Jean-Philippe Everling, fondateur et directeur de Transgrains France, a déclaré à Reuters que «l’Algérie devrait acheter 1,5 million de tonnes de blé au cours des trois derniers mois de la saison 2019/2020 qui prendra fin entre juin et juillet 2020».

D’après un bilan des Douanes algériennes, en 2018, l’Algérie a importé 10,8 millions de tonnes de céréales (blés, orge et maïs) dont 6,54 millions de tonnes de blé tendre et 1,48 de blé dur. La facture totale payée est de 2,5 milliards de dollars.

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Tags:
substitution aux importations, importations, blé, France, Algérie
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