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«La défense et la préservation de la stabilité et de la sécurité du pays et de sa souveraineté peuvent se faire parfois en dehors des frontières», a déclaré à la Radio nationale Mohamed Laâgab, chargé de mission à la présidence algérienne, expliquant la genèse de la réforme constitutionnelle concernant l’envoi de l’armée à l’étranger.

La nouvelle mouture du projet de révision constitutionnelle, en Algérie, continue de susciter le débat, en particulier autour de ses deux articles 30 et 95. Ceux-ci autorisent le Président de la République et chef suprême des Forces armées, avec l’accord des deux tiers du Parlement avec ses deux chambres, à envoyer des troupes militaires à l’étranger en cas de nécessité impérieuse pour la sécurité et la défense nationale. En réponse aux détracteurs de ces deux articles, Mohamed Laâgab, chargé de mission à la présidence de la République, a expliqué lors d’un passage à la Chaine 1 de la Radio nationale la nécessité d’adopter cette réforme, tout en écartant un quelconque changement dans la doctrine strictement défensive de l’Armée nationale populaire (ANP).

La nouvelle donne stratégique régionale

L’embrasement de la Libye en 2011 suite à l’intervention de l’Otan sous instigation française et son impact sur la situation sécuritaire dans la région du Sahel a fait augmenter le risque terroriste sur l’Algérie et tous les pays de la région. La défaite des organisations terroristes en Syrie et en Irak et leurs tentatives de se redéployer dans la région du Sahel accroît considérablement cette menace. Et pour preuve, le 16 janvier 2013, le plus grand complexe gazier algérien de Tiguentourine à In Amenas, dans le sud du pays, a été attaqué par un groupe terroriste venu de Libye, causant la mort de 67 personnes et la paralysie de ce site stratégique pour l’économie algérienne pendant plus d’un an.

Face à cette situation inédite et dangereuse, M.Laâgab a affirmé que «la défense et la préservation de la stabilité et de la sécurité du pays et de sa souveraineté peuvent se faire parfois en dehors des frontières», pointant du doigt la «présence de groupes terroristes, d’armées étrangères et de mercenaires, etc., dans les pays voisins». «Il est inconcevable que l’armée algérienne reste à l’intérieur de ses frontières en train de regarder les terroristes qui n’attendent que le moindre défaut d’inattention pour s’infiltrer à l’intérieur du pays, comme cela a été le cas lors de l’attaque de Tiguentourine», a-t-il ajouté, soulignant que «c’est une nouvelle situation, qu’il faut prendre en considération».

Quid de la doctrine de l’ANP?

Les articles 30 et 95 de la nouvelle Constitution ouvrent la porte à la participation de l’armée algérienne dans des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’Onu, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue des États arabes.

«La constitutionnalisation de cette disposition ne signifie en aucun cas un changement de la doctrine de l’armée algérienne qui demeure celle de protéger le pays», a déclaré le responsable, soutenant que «l’Algérie demeurera un pays non agressif».

En réalité, aucune disposition dans toutes les constitutions algériennes, de celle de 1964 à celle de 2016, n’interdisait au chef de l’État l’envoi de troupes à l’étranger, que ce soit pour participer à des batailles aux côtés d’autres armées ou dans le cadre d’opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’Onu. Et pour cause, le Président Houari Boumediene (1965-1979) a engagé l’ANP dans plusieurs conflits à l’étranger comme ceux des guerres israélo-arabes de 1967 et 1973 et les opérations de maintien de la paix en Afrique.

Le fait que le Président de la République ne pourra plus, selon l’article 95 de la nouvelle Constitution, décider de l’envoi de troupes à l’étranger que si et seulement s’il a l’accord des deux tiers du Parlement a été considéré par un bon nombre d’experts sécuritaires comme une protection pour l’armée algérienne.

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Tags:
fermeture des frontières, zones transfrontières, frontière, opération terrestre, intervention, Armée nationale populaire algérienne (ANP), Algérie
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