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Si le gouvernement marocain n’accepte pas d’injecter 1,1 milliard d’euros dans le secteur hôtelier, 4.000 hôtels pourraient ne pas reprendre leur activité le 1er juillet. Un scénario qui causerait la destruction de 550.000 emplois, confie une source au 360. Pour l’éviter, les employés devraient concéder un tiers de leur salaire.

Le secteur du tourisme au Maroc risque de licencier plus d’un demi-million de salariés en raison de l’impact de la crise du Covid-19, rapporte le site Le 360 qui cite des sources proches du dossier. Des négociations sont en cours avec le gouvernement à qui les professionnels du secteur demandent une aide financière pour sauver les emplois. Ils ont également proposé à ce que les employés acceptent une baisse de salaire pendant un an, le temps que l’activité du secteur redémarre.

«Près de 550.000 emplois risquent d’être détruits», affirme la source, un professionnel du tourisme qui participe actuellement aux négociations avec le gouvernement, précise le média.

Alors que le gouvernement a autorisé les hôteliers à reprendre leur activité à partir du 1er juillet, la source fait savoir qu’en raison de manque de moyens financiers, 4.000 hôtels menacent de ne pas rouvrir et de licencier leurs salariés si l’État ne les aide pas, poursuit le professionnel du tourisme. Les agences de voyages et les transporteurs touristiques sont dans la même situation.

«Ils n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour assurer la reprise des activités. Si l’État ne leur vient pas en aide en répondant favorablement et d’urgence aux demandes formulées par la profession, des hôteliers menacent de ne pas rouvrir et de ne reprendre aucun de leurs salariés», prévient-il.

Que faire?

Pour faire face à cette situation difficile, les professionnels du tourisme demandent au gouvernement «de prendre en charge un tiers des salaires du secteur pendant 12 mois» en plus d’une «exonération de l’impôt général sur le revenu (IGR) pour la même période et un report des paiements des taxes et impôts», déclare l’interlocuteur du 360.

Le coût des mesures proposées par les professionnels que l’État devrait supporter est de 12 milliards de dirhams (1,1 milliard d’euros).

«Cette enveloppe permettra de sauver tous les emplois du secteur et d’assurer les revenus générés pour quelque deux millions d’emplois indirects qui gravitent autour du secteur», souligne la source.

Si l’État accède à ces demandes, l'indemnité, assurée jusqu'ici par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) aux salariés en arrêt de travail, serait maintenue pour 12 mois encore.

Par ailleurs, les hôteliers ont sollicité l’autorisation du gouvernement pour baisser d’un tiers les salaires de leurs employés. Les deux tiers restants seront assurés à parts égales entre l’État et les employeurs.

Une situation financière non confortable

Selon le site d’information L’Économiste, le déficit budgétaire du Maroc s’est creusé à 25,5 milliards de dirhams (2,4 milliards d’euros) depuis le début de l’année en raison de la crise du Covid-19.

Ce déficit est en réalité de 43,6 milliards de dirhams (quatre milliards d’euros), indique le journal, précisant que c’est les 14,9 milliards de dirhams (1,37 milliard d’euros) puisés par l’État dans le Fonds de solidarité nationale dédié à la gestion de l’épidémie qui ont permis de le réduire. En effet, ce fonds a collecté 33 milliards de dirhams (trois milliards d’euros).

Par ailleurs, L’Économiste explique que le confinement a causé une chute de 10% des recettes ordinaires de l’État en raison du recul des revenus de la TVA et de l’impôt sur le revenu.

Enfin, le professionnel du secteur rappelle que l’impôt sur les sociétés a reculé de 4,1% par rapport à la même période en 2019, soit une perte de 16 milliards de dirhams (1,47 milliard d’euros).

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demandeurs d'emploi, offre d'emploi, sous-emploi, emploi, crise financière, crise économique, Maroc
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