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Suite à son rapport dans lequel elle accuse le Maroc d’espionner un journaliste d’investigation, Amnesty International a été sommée par le porte-parole du gouvernement marocain de présenter des preuves, rapporte Yabiladi. Il déplore «une campagne injuste de diffamation».

Le Maroc exige d’Amnesty International des preuves à la suite de son rapport du 22 juin qui affirme que le royaume chérifien a espionné le journaliste d’investigation Omar Radi avec le logiciel Pegasus de la société israélienne NSO Group Technologies. En effet, lors d’une conférence de presse tenue jeudi 2 juillet à Rabat, le porte-parole du gouvernement, Saïd Amzazi, a accusé l’ONG d’avoir proféré des «accusations graves et tendancieuses» à l’égard de son pays, relate le site d’information Yabiladi.

«Le royaume du Maroc, qui a fait l'objet d'une campagne de diffamation internationale injuste, insiste pour obtenir une réponse officielle de la part de cette organisation [Amnesty International, ndlr] qui prétend défendre les droits de l'Homme», a déclaré M.Amzazi, soulignant que la réponse doit contenir «toutes les preuves matérielles auxquelles elle aurait eu recours pour porter préjudice au Maroc».

Et de préciser que «soucieux d'obtenir une réponse officielle d'Amnesty international, le chef du gouvernement [Saâdeddine El Othmani, ndlr] a envoyé une correspondance à l’organisation pour s'expliquer sur ces allégations et accusations, qu'elle tente de faire porter au Maroc sans preuves».

Le rapport

Amnesty International a publié le 22 juin sur son site officiel un rapport qui accuse les autorités marocaines d’avoir utilisé le logiciel Pegasus (développé par la société israélienne NSO Group Technologies) pour espionner le journaliste d’investigation Omar Radi. L’ONG souligne que ce n’était pas la première fois que le logiciel est utilisé au Maroc pour espionner des opposants politiques.

Les experts qui ont analysé le téléphone du journaliste sont affirmatifs: l’appareil a subi plusieurs attaques par «injection de réseau» entre 2019 et 2020. Cette technique consiste à forcer l’utilisateur d’un smartphone à se rendre lors d’une navigation sur un site malveillant à partir duquel un logiciel espion est téléchargé.

Selon ces experts, l’opération de piratage commence par la prise de contrôle du réseau mobile sur lequel se connecte le téléphone cible. Puis le smartphone est bombardé d’URLs pour induire en erreur l’utilisateur qui se redirige sans s’en rendre compte vers un autre serveur.

Cependant, «NSO Group Technologies assure ne commercialiser ses produits qu’auprès d’organismes gouvernementaux» pour lutter contre la criminalité organisée et le terrorisme. Ainsi, Amnesty International accuse le gouvernement marocain d’être derrière ces cyberattaques.

À la suite du rapport de l’ONG, le journaliste Omar Radi a été convoqué à deux reprises par la Brigade nationale de la police judiciaire dans le cadre d'une enquête pour «atteinte présumée à la sécurité de l'État en raison de ses liens avec un officier de liaison d'un pays étranger», conclut Yabiladi.

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Tags:
Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest, Amnesty International, espionnage gouvernemental, espionnage industriel, contre-espionnage, espionnage, cyberattaque, cyberterrorisme, Maroc
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