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Le Mouvement pour la dignité et la citoyenneté de Ceuta a accusé le chef du gouvernement espagnol de privilégier les intérêts «d’un autre pays [le Maroc, ndlr]» sur ceux de la population de cette ville, indique une note du parti relayée par El Faro de Ceuta. Cette déclaration intervient suite à l’exclusion de Ceuta et Melilla de la tournée royale.

La polémique enfle entre le Mouvement pour la dignité et la citoyenneté (MDyC) de Ceuta et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, sur la présumée «annulation» de la visite du roi Philippe VI d’Espagne et de son épouse Letizia aux deux enclaves espagnoles du Nord du Maroc. En effet, El Faro de Ceuta avait rapporté 2 juillet, citant le porte-parole du palais de la Zarzuela, que le couple royal avait programmé une visite à Ceuta et Melilla, dans le cadre de sa tournée dans tous les territoires autonomes du pays. Cette information a été démentie mardi 7 juillet par le gouvernement. Or, le quotidien El Confidencial a affirmé en citant des sources proches du dossier, que Pedro Sanchez avait sorti ces deux villes du programme «par peur de la réaction» de Rabat. Ainsi, le MDyC accuse le chef du gouvernement de servir «les intérêts d’un autre pays», faisant allusion au Maroc, informe un communiqué du parti relayé par El Faro de Ceuta.

Étant donné que c’est le gouvernement qui est responsable de la programmation de ce genre de déplacements, le MDyC a appelé M.Sanchez à «autoriser le voyage à Ceuta du roi et de la reine d’Espagne».

Une vive polémique

Lundi 6 juillet, El Confidencial, qui se réfère à des sources proches du dossier, a fait savoir que «Pedro Sanchez avait programmé les deux villes dans l’agenda des visites royales mais, par peur de la réaction marocaine, les a finalement exclues de la tournée». En 2007, le Maroc avait effectivement rappelé son ambassadeur à Madrid suite à la visite du roi Juan Carlos dans les deux enclaves.

Le MDyC a affirmé ne pas comprendre le fait que Ceuta (et Melilla également) ne soit pas inclue dans le programme de la visite du roi, alors que ses habitants ont souffert, comme toutes les autres régions d’Espagne, de l’épidémie du Covid-19 aussi bien sur le plan sanitaire qu’économique.

«Nous ne pouvons que penser que le gouvernement Sanchez met les intérêts d’un autre pays [le Maroc, ndlr] avant ceux du peuple de Ceuta», souligne la note du parti.

Tout en déplorant le fait que les différents gouvernements du pays, quelle que soit leur obédience idéologique, «avaient abandonné la population de Ceuta», le MDyC a exprimé son «profond malaise à la non-célébration de cette visite du chef de l'État à la ville». Ceci se produit alors que les habitants de Ceuta «ont démontré à plusieurs reprises leur espagnolité et leur désir que les chefs d'État visitent leur ville», a conclu le communiqué.

Le démenti du gouvernement

Lors d’un point-presse du mardi 7 juillet, la porte-parole du gouvernement espagnol et ministre des Finances, Maria Jésus Montero, a affirmé que les souverains n’avaient «pas prévu de se rendre à court terme à Ceuta et Melilla», qualifiant de «spéculations» les informations rapportées les médias.

«Les circonstances pourraient changer mais il n’y a pas eu de programmation de visites royales dans les deux villes donc il n’y a pas eu d’annulation», a-t-elle expliqué.

Le Maroc revendique sa souveraineté sur Ceuta et Melilla depuis 1956, lesquelles sont sous autorité espagnole depuis près de cinq siècles. Elles ont acquis le statut de territoire autonome en 1993, suite à l’entrée de l’Espagne dans l’Union européenne.

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Tags:
relations diplomatiques, relations bilatérales, relations, visite officielle, visite d'Etat, visite, Felipe VI, Melilla, Ceuta, Espagne, Maroc
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