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L’homme d’affaires Mahieddine Tahkout est l’auteur d’un préjudice au Trésor sous l’ère Bouteflika de près de 2,13 milliards d’euros, soit presque l’équivalent du budget du pays en 1991. Une révélation faite le 7 juillet au tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, lors du procès pour corruption l’impliquant avec d’anciens responsables publics, selon TSA.

Les procès pour corruption des proches du régime de l’ex-Président déchu Abdelaziz Bouteflika continuent de défrayer la chronique en Algérie. Un procès impliquant le puissant homme d’affaires Mahieddine Tahkout, les deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et quatre ministres a débuté lundi 6 juillet au tribunal de Sidi M’Hamed. Les révélations faites lors de l’audience du mercredi 7 juillet ont choqué la population algérienne. En effet, selon l’acte d’accusation distribué à la presse nationale, Mahieddine Tahkout doit plus de deux milliards d’euros au Trésor public, selon le site Tout Sur l’Algérie (TSA). Le procureur de la République a requis de lourdes sanctions contre lui, ses trois frères, son fils, ainsi que des responsables gouvernementaux et plus de 50 autres accusés.

Des sommes astronomiques

Considéré comme le roi du transport universitaire et propriétaire d’une usine d’assemblage de voitures de la marque Hyundai, l’homme d’affaires s’est vu réclamer par le représentant du Trésor public la bagatelle de 309 milliards de dinars, soit 2,13 milliards d’euros. Une somme qui représente presque le budget du fonctionnement de l’État algérien en 1991, qui était de trois milliards de dollars, année où le pays était étouffé par la crise financière et économique.

Les deux ex-Premiers ministres ainsi que les quatre ministres de l’Industrie et des Transports et plus de 50 responsables sont également soupçonnés d’avoir aidés «illégalement Tahkout, ses frères et son fils dans l’obtention de marchés publics, essentiellement des lignes de transport universitaire, et la mise en place à Tiaret [dans l’ouest du pays, ndlr] de l’usine d’assemblage de véhicules de la marque sud-coréenne Hyundai [en 2015, ndlr]», indique TSA.

Mahieddine Tahkout louait ses bus aux offices des œuvres sociales universitaires et aux entreprises publiques de transport urbain dans les grandes villes «pour 16.000 dinars (109,8 euros) la journée», précise le média.

L’homme d’affaires est également accusé d’avoir bénéficié illégalement d’un crédit de 270 milliards de dinars (1,86 milliard d’euros).

Les accusés ont tous niés les faits sans pour autant empêcher le procureur de la République de requérir de lourdes peines à leur encontre.

Les peines requises

Une peine de 16 ans de prison assortie d’une amende de huit millions de dinars (55.000 euros) a été requise contre Mahieddine Tahkout en plus de la saisie de tous ses biens.

Son frère Rachid encourt une peine d’emprisonnement de 12 ans assortie d’une amende de huit millions de dinars et de la saisie de ses biens. Ses deux autres frères, Hamid et Nacer, risquent respectivement huit et trois ans de prison ferme. Le procureur a aussi demandé une amende de cinq millions de dinars (34.000 euros) contre Hamid en plus de la saisie de tous ses biens.

Bilal Tahkout, fils de l’homme d’affaires, risque 10 ans de prison ferme, une amende de huit millions de dinars et la saisie de tous ses biens.

Par ailleurs, le procureur a requis 15 ans de prison ferme contre les deux anciens Premiers ministre Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, une amende individuelle de huit millions de dinars et que la saisie de leurs biens.

Concernant les es ministres Amar Ghoul, Youcef Yousfi et Abdelghani Zaâlane, le procureur a demandé une peine de 10 ans, une amende de deux millions de dinars (14.000 euros) et la saisie de tous leurs biens.

Enfin, 20 ans de prison ferme, huit millions de dinars d’amende et la saisie des biens ont été enjoints contre l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, actuellement en fuite à l’étranger.

Depuis le début des procès pour corruption en Algérie, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander le jugement de l’ex-Président Abdelaziz Bouteflika «au moins symboliquement», vu son état de santé. En effet, lors de plusieurs procès, des ex-responsables du gouvernement ont souligné qu’ils avaient «exécuté ses ordres et ses consignes».

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Tags:
action en justice, Abdelaziz Bouteflika, Saïd Bouteflika, lutte contre la corruption, Fondation anti-corruption, corruption, Algérie
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