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Amnesty International a perdu son procès intenté à NSO Group Technologies à Tel-Aviv, qu’elle accuse d’avoir vendu le logiciel Pegasus à des pays, dont le Maroc, qui l’utilisent pour espionner des journalistes et des militants des droits de l’Homme, a informé le Jerusalem Post.

Lundi 13 juillet, le tribunal de Tel-Aviv a débouté Amnesty International dans son procès l’opposant à NSO Group Technologies qu’elle accuse d’avoir fourni des logiciels dont certains États se servent pour espionner des personnes, violant ainsi leurs droits, a rapporté le journal The Jerusalem Post. Cette décision de justice intervient en pleine polémique suscitée par un rapport de l’ONG qui accuse le Maroc d’avoir utilisé le logiciel Pegasus, développé par la société israélienne, pour espionner des opposants politiques.

Le média a précisé qu’Amnesty International avait intenté un procès à NSO Group Technologies, demandant à la justice israélienne d’annuler sa licence d’exportation de logiciels qui lui a été accordée par le ministère de la Défense nationale. L’ONG a affirmé dans sa plainte que «NSO violait les droits humains», car sa technologie avait été utilisée par ses clients étatiques pour pirater les smartphones d’opposants politiques et de militants des droits de l’Homme, dont certains employés d'Amnesty International.

Le ministère de la Défense intervient

Le logiciel Pegasus, selon NSO Group Technologies, est vendu à des États dont les services de renseignement l’utilisent dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les réseaux de pédocriminalité.

Lors de l’audience, le ministère israélien de la Défense «est intervenu en faveur de NSO et a convaincu le tribunal de conclure rapidement sur le dossier pour des raisons de sécurité nationale», a informé le Jerusalem Post. «Même les avocats d'Amnesty International n'ont pas pu entendre la plupart des arguments de NSO et du ministère de la Défense», a-t-il précisé.

«Le tribunal a affirmé que le processus de vérification des activités de NSO par le ministère de la Défense était sérieux et approprié et prenait en compte tout un éventail de considérations commerciales, diplomatiques et technologiques», a poursuivi le journal.

La réaction d’Amnesty International

En réaction à la décision du juge, la directrice d'Amnesty International en Israël, Molly Malekar, a affirmé devant la presse que «le verdict révèle l'impuissance du système judiciaire à amener le ministère de la Défense à la responsabilité et la transparence, ce qui est requis dans chaque État respectueux des lois», selon la même source.

Et d’expliquer que «le ministère de la Défense a simplement affirmé – sans prouver quoi que ce soit- qu'il suivait rigoureusement, étroitement et sensiblement les licences d'exportation, en particulier en ce qui concerne les violations des droits humains».

Mme Malekar a dénoncé le fait que «le tribunal a accepté plusieurs fois la version du ministère de la Défense, sans qu’elle soit examinée, ignorant toutes les preuves et témoignages qui constituent une base d’accusation substantielle».

Enfin, la responsable d’Amnesty International a souligné que «le ministère de la Défense […] rend tous les citoyens d'Israël complices de la persécution d'individus en Arabie saoudite, au Mexique, au Maroc et en Inde».

Suite à son rapport du 22 juin qui affirme que le royaume chérifien a espionné le journaliste d’investigation Omar Radi avec le logiciel Pegasus, le Maroc a exigé d’Amnesty International des preuves officielles de ses accusations. En effet, lors d’une conférence de presse tenue jeudi 2 juillet à Rabat, le porte-parole du gouvernement, Saïd Amzazi, a accusé l’ONG d’avoir proféré des «accusations graves et tendancieuses» à l’égard de son pays.

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espionnage gouvernemental, espionnage industriel, contre-espionnage, espionnage, cybercriminalité, cyberterrorisme, cybersécurité, cybermenaces, cyberattaque, cyberguerre, cyber-armée, Israël, Maroc
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