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L’homme d’affaire Mahieddine Tahkout a été condamné pour corruption à 16 ans de prison ferme et au versement d’une amende de 54.600 euros avec saisie de tous ses biens, en Algérie et à l’étranger, a rapporté Algérie Éco. Son fils, ses trois frères ainsi que cinq ex-Premiers ministres et ministres ont également écopé de lourdes peines.

Mercredi 15 juillet, le tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, a condamné le puissant homme d’affaires de l’ère du Président déchu Abdelaziz Bouteflika, Mahieddine Tahkout, ainsi que son fils Bilal et ses trois frères Rachid, Hamid et Nacer, à de lourdes peines d’emprisonnement ferme. Le tout assorti d’importantes amendes et de la confiscation de leurs biens en Algérie comme à l’étranger, selon le site d’information Algérie Éco.

Les deux ex-Premiers ministres de Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et trois anciens ministres de l’Industrie et des Transports, ont également écopé de sévères sentences dans le cadre de la même affaire.

La famille Tahkout

Ainsi, le juge a condamné Mahieddine Tahkout à 16 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 8 millions de dinars (54.600 euros) avec confiscation de ses biens.

Son fils Bilal et ses deux frères Rachid et Hamid ont, quant à eux, écopé d’une peine de sept ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 54.600 euros avec confiscation de leurs biens.

Enfin, Nacer Tahkout a été condamné à trois ans de prison ferme.

Les entreprises de Mahieddine Tahkout, spécialisées dans le transport et l’agriculture, devront verser un million de dinars (6.825 euros) chacune, en plus de la saisie des biens des personnes morales. Elles sont également interdites de soumission aux appels d’offres publiques pour une durée de cinq ans.

D’anciens membres du gouvernement

Le tribunal correctionnel de Sidi M’Hamed a infligé une peine de dix ans de prison ferme aux deux ex-Premiers ministres de Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que le paiement d’une amende de 500.000 dinars (3.411 euros).

Les deux anciens ministres de l’Industrie et des Transports Youcef Yousfi et Amar Ghoul ont eux, été condamnés à deux et trois ans de prison ferme respectivement. Le premier doit également payer une amende de 200.000 dinars (1.364 euros), alors que le second doit 500.000 dinars au Trésor public.

Enfin, l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, actuellement en fuite à l’étranger, devra purger, après avoir été jugé par contumace, pour la quatrième fois, une peine de 20 ans de prison ferme. Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui.

Les chefs d’inculpation

L’homme d’affaires Mahieddine Tahkout est l’auteur d’un préjudice au Trésor sous l’ère Bouteflika de près de 2,13 milliards d’euros, soit presque l’équivalent du budget du pays en 1991, année où l’Algérie a été frappée par une dure crise économique et financière. Il a également été accusé d’avoir bénéficié illégalement d’un crédit de 270 milliards de dinars (1,86 milliard d’euros).

Les ex-responsables gouvernementaux ont été accusés d’avoir aidé la famille Tahkout à se voir attribuer illégalement des marchés publics et à installer frauduleusement leur usine de montage de voitures dans l’ouest du pays.

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Tags:
Abdelaziz Bouteflika, Saïd Bouteflika, Abdelmalek Sellal, Ahmed Ouyahia, action en justice, condamnation, Baromètre mondial de la corruption, lutte contre la corruption, Fondation anti-corruption, corruption, Algérie
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