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La scène montrée par Echorouk TV «ne devait pas être diffusée publiquement sur les télévisions, car ça rabaisse et dénigre la femme et montre la suprématie de l’homme dans la société», dénonce dans un communiqué l’Autorité de régulation de l’audiovisuel algérienne cité par TSA.

L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) en Algérie s’est exprimé mercredi 22 juillet dans une note relayée par Tout Sur l’Algérie (TSA) sur la scène diffusée le 6 juillet par la chaîne Echorouk TV. Celle-ci montre une femme agenouillée embrasser les pieds de son mari. La séquence, diffusée dans l’émission «Mon mari, c’est mon paradis» dans le cadre du programme Khat Ahmar (Ligne rouge), a déclenché un tollé dans le pays et à l’étranger où des milliers d’internautes ont dénoncé «une image dégradante de la femme et de la société algérienne» dans son ensemble.

Le communiqué de l’Arav reconnaît que la scène «ne devait pas être diffusée publiquement sur les télévisions, car ça rabaisse et dénigre la femme et montre la suprématie de l’homme dans la société». Elle a suscité un vif débat «entre ceux qui considèrent ce geste comme un respect et une reconnaissance envers l’époux et ceux qui l’ont qualifié d’atteinte à la dignité de la femme».

«Il appartenait donc à la chaîne de supprimer l’image avant sa diffusion car elle revêt un caractère intime entre les époux et ne devait pas être diffusée», ajoute l’Arav.

La note souligne la nécessité d’assurer un exercice «de la communication audiovisuelle dans le respect total de la dignité humaine et de l’égalité entre les sexes». Dans le même sens, elle rappelle que les médias audiovisuels sont tenus «de veiller au respect par les journalistes et les animateurs des différentes émissions […], de l’obligation de faire preuve de professionnalisme notamment lors du traitement des sujets sociaux délicats liés à la vie privée des personnes».

Une autre chaîne TV visée

L’Arav a également pointé l’émission «Derrière les murs» diffusée par Ennahar TV pour avoir raconté l’histoire d’une femme qui a fui le domicile conjugal «après avoir été victime de torture et de pression psychologique de la part de son époux».

Pour aider le mari présent sur le plateau à faire revenir son épouse, les animateurs de l’émission ont mis la femme sous pression, condamne l’Arav qui estime que la télévision n’est pas l’endroit pour traiter ce genre de problèmes.

Lors de ladite émission, «l’épouse s’est retrouvée […] sous la pression de l’imam, de l’avocat et de l’animatrice de l’émission, et contrainte de céder à la volonté de son époux, sans prendre compte de sa souffrance et celle de ses enfants durant 19 ans de mariage», fustige le communiqué.

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Tags:
droits des femmes, droits de l’homme, droits humains, Algérie
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