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Le ministère algérien de la Communication a réagi le 13 août à la condamnation du journaliste Khaled Drareni. Il affirme via son site que l’intéressé «n’a jamais été détenteur de carte de presse» prévue par la loi en vigueur.

Lundi 10 août, le journaliste algérien Khaled Drareni a été condamné par le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger à une peine de trois de prison ferme assortie d’une amende de 50.000 dinars (330 euros). Dans une déclaration à la presse, ses avocats assurent qu’«étant journaliste, Khaled Drareni n’a commis aucune infraction. Il n’a fait que son métier de journaliste en couvrant les manifestations pacifiques», rapporte Tout Sur l’Algérie (TSA).

Jeudi 13 août, le ministère algérien de la Communication a réagi au verdict prononcé par la justice à l’encontre du journaliste et aux déclarations de ses avocats, apportant un certain nombre de précisions, indique un communiqué publié sur le site du ministère.

Khaled Drareni n’avait pas de «carte de presse»

Le ministère de la Communication, «qui s’abstient de tout commentaire d’une décision de justice prononcée par une institution indépendante de la République» souligne que «Khaled Drareni n’a jamais été détenteur de la carte de presse prévue par l’article 76 de la loi organique 12-05 relative à l’information du 12 janvier 2012».

Et d’ajouter qu’«aucune demande n’est parvenue à cet effet aux services compétents du ministère de la part de Khaled Drareni».

Le ministère précise également qu’«aucun organe ni institution indépendante ayant diffusé ses couvertures et commentaires n’a sollicité des autorités compétentes la délivrance de l’accréditation préalable requise à l’effet de l’employer, en application de l’article 81 de la loi organique (12-05)».

«Une sorte de "loi du fait accompli"»

La note du ministère de la Communication pointe par ailleurs l’ambivalence de la relation de travail entretenue par certains journalistes avec des organes employeurs de presse étrangers.

En effet, elle relève que «certains journalistes s’installent comme "correspondants de fait" — non accrédités selon les procédures en vigueur — d’organes étrangers et entretiennent une sorte de "loi du fait accompli"».

Ainsi, le communiqué prévient que ce genre d’infractions expose les journalistes contrevenant à loi en vigueur «à plusieurs risques dont le premier, et non des moindres, est qu’ils ne sont pas reconnus comme correspondants». «Les journalistes en question doivent savoir que les pays des médias qui les emploient n’auraient jamais toléré de telles pratiques sur leurs sols respectifs», conclut-il.

Condamné «à cause de vidéos diffusées sur les réseaux»

Mercredi 12 août, Me Abdelghani Badi, l’un des avocats du journaliste, a affirmé lors d’une conférence de presse à Alger que «Drareni a fait l’objet d’opérations de chantage», relate TSA.

En effet, selon lui, «avant son arrestation, […] il a été interpellé quatre fois par différentes sections sécuritaires pour l’amener à laisser tomber le travail libre qu’il entreprenait».

«Drareni a refusé tout ce chantage pour l’amener à cesser de couvrir le Hirak et a insisté pour transmettre la parole libre en toute objectivité à l’opinion», ajoute l’avocat, ponctuant que «c’est ce qui a amené les autorités à arrêter Drareni parce qu’il a refusé tous ces chantages».

«Khaled Drareni a été arrêté à cause de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, comportant les slogans des Algériens durant le Hirak sans commentaire dans le cadre de son travail de journaliste», poursuit Me Abdelghani Badi.

Concernant ses relations avec les médias français, Me Badi dit que «Drareni a été interrogé par le juge d’instruction sur le fait qu’il ait été l’invité de la chaîne France 24». «Peut-on criminaliser le fait d’être l’hôte d’une chaîne TV?», se demande-t-il.

De plus, il met en lumière que le journaliste «a été également interrogé sur le type de relation professionnelle qu’il entretenait avec la chaîne TV5 Monde et il a répondu qu’il travaillait pour cette chaîne TV en sa qualité de pigiste».

Me Abdelghani Badi dénonce les «interférences» politiques dans l’affaire du journaliste emprisonné. Des interférences qui sont selon lui «pour beaucoup dans la lourde peine dont il a écopé».

Jugés dans la même affaire, les militants Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche ont écopé d’une peine de deux ans de prison dont quatre mois ferme, assortie d’une amende de 50.000 dinars algériens.

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Syndicat National des Journalistes, journalistes, journalisme, peine de prison, prison, condamnation, accréditation, carte, Algérie
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