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L’Algérie vient d’acquérir 50.000 tonnes de blé sans préciser donner le nom du pays ou du producteur mondial qui le livrera entre septembre et octobre, indique HellenicShippingNews. La France, la Russie et l’Argentine pourraient soumissionner à cet appel.

L’Algérie qui a importé essentiellement de France près d’un million de tonnes de blé à moudre depuis le début de l’année vient d’acquérir 50.000 tonnes, informe HellenicShippingNews qui cite des traders européens.

Le site spécialisé affirme qu’aucune «origine du blé n’a été précisée» dans l’appel d’offres lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), ouvrant ainsi la porte à la concurrence entre les plus importants producteurs mondiaux dont la France, l’Allemagne, l’Argentine et la Russie.

Par ailleurs, le média ajoute que bien que l’appel d’offres inclut une quantité de 50.000 tonnes de blé, l’Algérie «achète souvent beaucoup plus que le volume nominal fixé dans ses offres d’appel».

En effet, en février, Jean-Philippe Everling, fondateur et directeur de Transgrains France, a déclaré à Reuters que «l’Algérie devrait acheter 1,5 million de tonnes de blé au cours des trois derniers mois de la saison 2019/2020 qui prendra fin entre juin et juillet 2020». Or, en janvier, le ministre de l’Agriculture Chérif Omari a dit que «l’Algérie avait atteint l’autosuffisance en blé».

C’est dans ce contexte que la présidence de la République a soupçonné l’existence d’un vaste réseau de trafic de blé subventionné dans le pays et a décidé à cet effet de lancer une enquête, selon le quotidien francophone El Watan.

Des centaines de minoteries soupçonnées de trafic

Ainsi, tous les groupements de la Gendarmerie nationale des 47 autres wilayas, à l’exception d’Illizi, ont été instruits le 13 mai, dans le cadre d’une opération chapeautée par les services de la Présidence de la République, du lancement d’une enquête nationale sur le trafic du blé subventionné par l’État visant 200 minoteries, confient à El Watan des sources proches du dossier. D’ailleurs, le 10 juillet 2019, le ministère de l’Industrie a fait fermer 45 meuneries dans le cadre de la réorganisation et de l’assainissement de la filière céréalière.

«Après la gestion, tant bien que mal, des tensions dans la production et surtout la distribution de la semoule […] en pleine crise de coronavirus, une enquête profonde dans ce secteur s’impose, sachant qu’à Annaba, à titre d’exemple, il y a un faux meunier qui s’approvisionne en blé tendre et dur depuis 2011, alors que sa minoterie n’a vu le jour qu’en 2017», informaient les mêmes sources. Des poursuites judiciaires seront engagées à leur encontre pour «fausses déclarations sur les capacités de production».

Une perte sèche pour le Trésor public

«Il y a des semblants de meuniers qui n’ont jamais transformé un grain de blé», écrivait El Watan. «Dès qu’ils ont leur quota mensuel, ils le vendent tel qu’il est, engrangeant au passage les subventions de l’État», expliquait le média, soulignant que ce trafic a été révélé au grand jour «en 2019 par un exposé détaillé du ministère des Finances sur la filière céréales».

En 2018, d’après un bilan des douanes algériennes, l’Algérie a acheté 10,8 millions de tonnes de céréales (blés, orge et maïs) dont 6,54 millions de tonnes de blé tendre et 1,48 de blé dur sur les marchés internationaux. La facture totale payée a été de 2,5 milliards de dollars.

Concurrence sur le marché algérien

Le site français Ports et Corridors indique dans son rapport consacré à la campagne céréalière 2018/2019 que l’Algérie a importé jusqu’à la fin avril 2019 4,6 millions de tonnes de blé tendre depuis la France. Un taux en hausse de 34% par rapport aux quantités importées durant la saison 2017/2018. Le site poursuit que les fournisseurs français voyaient avec crainte l’arrivée du blé russe sur le marché algérien.

La même source précise que 55% des approvisionnements de l’Algérie durant cette période ont été fournis par les céréaliers français. Ces quantités de blé constituent le triple de ce que l’Algérie avait commandé à l’Hexagone durant la saison 2016/2017.

Par ailleurs, le site rappelle qu’un lot test de 21 tonnes de blé russe avait été envoyé pour des analyses. Ainsi, Ports et Corridors souligne qu’avec la hausse de sa production prévue en 2019, la Russie pourrait faire office de trouble-fête sur le marché algérien. À ceci s’ajoute la part que pourrait accaparer l’Argentine durant la saison prochaine, bien que sa présence actuelle ne soit pas concurrentielle.

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Tags:
enquête journalistique, blé, substitution aux importations, importations de pétrole, importations, Algérie
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