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«Accord de paix historique» entre les Émirats arabes unis et Israël (53)
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Le chef de la diplomatie soudanaise a déclaré à France 24 Arabic que sa priorité était de convaincre les États-Unis de «retirer son pays de la liste des États parrainant le terrorisme» international. Une démarche «strictement séparé» de la normalisation avec Israël qui sera «déterminée en fonction des intérêts supérieurs du Soudan», souligne-t-il.

Lors d’un entretien accordé vendredi 9 octobre à la chaîne France 24 Arabic, le ministre soudanais des Affaires étrangères Omar Qamar al-Din a affirmé que les intérêts supérieurs de son pays étaient la seule chose qui déterminera la position du Soudan sur la question de la normalisation des relations avec Israël. Annonçant que Khartoum était actuellement en négociations actives avec les États-Unis pour les ramener à retirer le Soudan de leur liste des pays sponsors du terrorisme international, le ministre a précisé que «cette question n’était pas du tout liée à celle de la normalisation des relations avec Tel-Aviv». Auparavant, le général Mohamed Hamdan Dogolo, alias Hemetti, vice-président du Conseil souverain en charge de la transition politique après la chute du Président Omar el-Bechir en avril 2019, avait tenu des propos opposés à ceux de M.Qamar al-Din au sujet des relations avec Israël.

«Nous sommes prêts à faire quoi que ce soit pour avoir des relations normales avec n’importe quel pays du monde si cela était déterminé par les intérêts supérieurs du Soudan», a déclaré le ministre en réponse à une question sur l’éventualité d’une décision soudanaise en faveur de la normalisation des relations avec Israël.

«Cette question relève strictement du domaine de la souveraineté nationale et elle sera déterminée en fonction des priorités du Soudan dans ses relations extérieures avec n’importe quel pays du monde».

Quid des négociations avec Washington?

Pour Omar Qamar al-Din, la priorité de la diplomatie soudanaise est de retirer le pays de la liste américaine des États classés comme parrains du terrorisme international afin qu’il puisse revenir dans le concert des nations.

«Nous sommes pressés de retirer le Soudan de la liste américaine des États parrains du terrorisme, et nous n’établissons strictement aucune relation entre cette question et celle de la normalisation des relations avec Israël ou tout autre pays du monde», a déclaré le chef de la diplomatie soudanaise, ponctuant que «ce sont les États-Unis qui ont mis le Soudan sur cette liste et non pas Israël».

«Le Soudan a accédé à l'indépendance en 1956 alors qu'Israël était déjà un État, créé en 1948», a-t-il rappelé, précisant que «nos relations avec Israël ont toujours été sujettes à discussion, mais le travail pour retirer le Soudan de la liste américaine reste strictement séparé de la normalisation avec Israël».

«Honnêtement, le Soudan a besoin d’Israël»

Lors d’une intervention télévisée le 3 octobre, le général Mohamed Hamdan Dogolo, plus connu sous le surnom d’Hemetti, a expliqué que «le Soudan avait besoin d’établir des relations avec Israël, même si elles ne devraient être dans un premier temps qu’à un niveau de normalisation».

«Honnêtement, le Soudan a besoin d’Israël», ajoutait-il. Pour étayer sa position, le général Hemetti a signalé qu’«Israël était un pays très avancé dans les domaines scientifique et technologique et le Soudan avait tout à gagner en identifiant où étaient ses intérêts». «Le monde entier profite du savoir-faire israélien y compris les grandes puissances qui collaborent avec Israël dans le secteur technologique, en particulier dans l'agriculture», poursuivait-il.

Abordant la question des négociations avec l’administration américaine, M.Dogolo a affirmé «qu’on le veuille ou non, il est tout à fait clair que le retrait du Soudan de la liste des États parrains du terrorisme est rigidement liée à Israël». «Tout ce que nous espérons [de la part des Américains, ndlr] est que cette question ne soit pas liée à la normalisation des relations avec Tel-Aviv».

Lors d’une intervention devant des étudiants à Las Vegas, le conseiller du Président américain pour la Sécurité nationale Robert O’Brien a fait savoir qu’au moins «trois ou quatre pays arabes» rejoindront les accords de normalisation des relations avec Israël «au cours des deux prochains mois».

En août, des sources américaines ont désigné le Maroc, le Sultanat d’Oman et le Soudan comme les prochains probables pays à normaliser leurs relations avec Israël.

Dossier:
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Tags:
États-Unis, terrorisme d'État, terrorisme, normalisation, Israël, Soudan
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