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Pourquoi le Président américain Joe Biden est-il si «pressé» de rétablir l’accord sur le nucléaire avec l’Iran? Décryptage de Simon Serfaty, professeur de politique étrangère américaine à l’université Old Dominion, au micro de Rachel Marsden.

Quarante-sixième Président des États-Unis, Joe Biden dit vouloir restaurer l’influence diplomatique de son pays. À l’heure actuelle, quelle position les États-Unis occupent-ils sur l’échiquier mondial?

Donald Trump a sévi envers plusieurs États. Ceux-ci ont hâte de renouer des relations plus cordiales avec Washington. Pour l’instant, le Président Démocrate ne semble pas vraiment pressé de revenir sur les sanctions mises en place par son prédécesseur, même si certaines ne semblent avoir été mises en place que pour entraver son action!

Il y a cependant une exception flagrante à cet attentisme. Biden a rapidement renouvelé le traité limitant les armes nucléaires déployées par Washington et Moscou. Baptisé New Start, cet accord arrivait à échéance en février 2021. Ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton dénonce une mesure qu’il juge précipitée. Il voyait dans l’expiration de l’accord «une chance de s’attaquer aux missiles hypersoniques et de faire venir la Chine à la table des négociations». Le faucon qui avait démissionné avec perte et fracas en 2019 a estimé que cette décision «donnait à Vladimir Poutine une énorme victoire».

Alors, quelles sont les priorités de Joe Biden en matière de politique étrangère? Sa vision du monde est-elle en phase avec la réalité à laquelle il se trouve maintenant confronté en tant que Président?

Simon Serfaty enseigne la politique étrangère américaine à l’université Old Dominion de Norfolk (Virginie). Il revient sur les enjeux diplomatiques du nouveau Président:

«La priorité des priorités, c’est la relance de l’alliance avec les États européens […] C’est l’Administration la plus atlantiste que nous ayons vue dans une époque récente, un gouvernement très européaniste. C’est-à-dire que la carrière politique de Biden a coïncidé avec la présence de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Elle a commencé en 1973 et elle vient à son apogée en 2021 au moment de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.»

Le professeur de politique étrangère estime que les relations avec l’Iran sont une priorité pour Joe Biden:

«Il ne fait absolument aucun doute que le Président est pressé de réactiver le traité [sur le nucléaire iranien, ndlr] de 2015, le traité de Vienne. En fonction de cela, il va marchander en compagnie de ses alliés européens, mais aussi de la Russie et de la Chine, sur la façon de procéder.»

Simon Serfaty souligne l’importance de cet accord pour la paix mondiale:

«Le traité de 2015 était une très bonne chose. Je crois que ce traité nous a sauvés de la guerre. Le conflit était imminent entre l’Iran et certains de ses voisins, avec probablement un soutien relatif de la part des États-Unis.»

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Tags:
Antony Blinken, New START (Traité de réduction des armes nucléaires), Iran, États-Unis
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