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Accusés de violation de l’embargo des Nations unies sur les ventes d’armes en Libye, des mercenaires occidentaux pourraient bien échapper à toute sanction. Alexandre Vautravers, chercheur associé au Geneva Centre for Security Policy (GCSP) et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse (RMS), explique pourquoi au micro de Rachel Marsden.

Les États membres du Conseil de sécurité de l’Onu devront décider de possibles sanctions contre des Occidentaux accusés d’avoir été des mercenaires dans le conflit en Libye.

Un rapport de 121 pages compilé par une équipe d’enquêteurs travaillant pour les Nations unies accuse un groupe d’individus provenant de divers pays occidentaux d’avoir violé l’embargo de l’Onu sur la fourniture d’armes en Libye via une structure mise en place aux Émirats arabes unis. Certains des accusés, qui pourraient théoriquement faire face à des interdictions de voyager et des saisies de comptes bancaires, ont déjà rejeté publiquement les conclusions de l’enquête, dont les détails ont été divulgués dans le New York Times et le Washington Post

L’un de ces démentis a été émis par Erik Prince, fondateur de l’entreprise américaine de sécurité privée Blackwater. Celui-ci a également généreusement contribué à la campagne électorale de 2016 de Donald Trump et sa sœur a été secrétaire au département de l’Éducation nationale sous l’ancienne Administration.

Mais que vaut exactement le rapport de l’Onu? Quelles sont les chances que la moindre sanction soit prononcée? Et en quoi est-ce représentatif de l’évolution de la manière de mener la guerre?

Alexandre Vautravers, chercheur associé au Geneva Centre for Security Policy (GCSP) et rédacteur en chef de la Revue militaire suisse (RMS), explique pourquoi sanctionner les accusés serait compliqué:

«Vous êtes en face d’un domino construit par des personnes qui ont fait en sorte que des espaces suffisants soient aménagés entre les différentes parties. Il va être juridiquement très compliqué de poursuivre pénalement ces individus, de démontrer qu’il existe des liens entre eux et des gouvernements. Cela va être très complexe.»

Qui a décidé de cibler ces personnes en particulier, alors que des mercenaires et des combattants de tous horizons se sont déployés en Libye? Alexandre Vautravers explique que ce rapport ne fait pas la lumière sur l’ensemble de l’ingérence étrangère:

«Il s’agit d’examiner certains acteurs particuliers, parce que des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont souhaité cela. Peut-être n’ont-ils pas réussi à s’entendre sur les activités d’autres groupes ou entreprises de sécurité privée en provenance d’autres pays.»

Le chercheur et journaliste commente l’évolution du rôle des mercenaires dans la conduite de la guerre et la prise en compte de ce phénomène:

«Nous avons laissé de côté la question des mercenaires depuis trop longtemps. Lors des opérations militaires américaines en Afghanistan et en Irak, il y avait eu énormément de discussions sur l’engagement mercenaire par les États, mais ces dernières années, on a pratiquement oublié d’évoquer la question du mercenariat. Aujourd’hui, on se rend compte que ce problème resurgit et que l’on ne peut pas complètement passer sous silence cette réalité.»

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Tags:
Khalifa Haftar, Erik Prince, mercenaires, Blackwater, Conseil de sécurité de l'Onu, ONU
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