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Blocage du canal de Suez (17)
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Alors que le canal de Suez s’est retrouvé au centre de toutes les attentions après que le porte-conteneurs Ever Given s’y est retrouvé coincé, l’autorité gérant les ports d’Arabie saoudite a proposé que Djeddah, sur la mer Rouge, accueille une partie des navires qui accostent d’habitude en Égypte. Cette initiative est-elle réaliste?

La logistique de navigation mondiale peut-elle être révisée à court terme pour que l’initiative avancée depuis l’Arabie saoudite et visant à faire du port de Djeddah un centre de transbordement de navires et de déchargement de conteneurs et donc désengorger une partie du flux assumé à présent par le canal de Suez?

Deuxième ville du royaume saoudien, Djeddah abrite en effet l’un des plus grands ports du littoral de la mer Rouge, capable d’accueillir aussi bien les navires touristiques que ceux de transport de marchandises. Il est principalement spécialisé dans le transport de cargaisons telles que le pétrole, les produits alimentaires et la laine, et son flux de marchandises est évalué à 23,1 millions de tonnes par an. Ces données permettent de conclure qu’il s’agit d’un nœud logistique et de transport important non seulement aux yeux du royaume, mais de l’Arabie dans son ensemble.

Toutefois, vu son emplacement géographique, il est peu probable qu’il puisse devenir un second Suez : la côte orientale de la mer Rouge n’est pas ouverte sur la Méditerranée. Cependant, il a des chances de devenir un port de déroutement où peuvent accoster les navires incapables de rejoindre pour une quelconque raison le canal de Suez.

Les ports saoudiens font peau neuve

Turki Fadaq, membre de l’association économique saoudienne, explique qu’au cours de ces deux dernières années les ports de son pays ont été élargis et ce pour se conformer au plan stratégique Vision 2030, ayant pour but de transformer l’économie du pays.

«Vu la modernisation, le port bénéficie d’une capacité de trafic très élevée. Ont été construites de nouvelles jetées spacieuses capables d’accueillir davantage de navires», constate-t-il. En outre, selon lui, une règle de douane allégée s’applique aux pays de la région, ce qui peut réduire la durée du stockage des marchandises dans le port.

Une solution anticrise

Mohammad bin Daleem al-Qahtany, expert économique saoudien, voit dans l’initiative en question une mesure anticrise.

«Le port saoudien de Djeddah et le canal de Suez ont offert aux deux pays une base stratégique solide dans la région. C’est ce qui a incité Riyad à proposer l’aide de son port. C’est une sorte d’airbag en mer Rouge qui permet d’éviter les effondrements logistiques et les crises que ces derniers peuvent entraîner.»

Et d’expliquer que les crises, guerres et pandémies font que le transport des frets de première nécessite doit se dérouler sans délais. «La logistique de navigation en mer Rouge doit être si ce n’est unifiée, bien coordonnée».

Al-Qahtany estime en outre que si cette initiative voit le jour, cela offrira d’excellentes perspectives pour l’économie saoudienne.

Blocage du canal deSuez

Long de 400 mètres, le porte-conteneurs Ever Given s’est échoué le 23 mars en travers du canal de Suez, bloquant ainsi le trafic maritime. Ce n’est que lundi 29 mars qu’il a été remis à flot, après six jours de travail continu. Selon la revue spécialisée britannique Lloyd's List, le blocage a créé un embouteillage de 425 navires.

Dossier:
Blocage du canal de Suez (17)

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