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Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se trouve devant un casse-tête d’alliances dans le but de former une coalition. David Elkaïm, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et auteur de «L’histoire des guerres d’Israël» (Éd. Tallandier), examine les différentes options au micro de Rachel Marsden.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pas réussi à obtenir de majorité lors des élections législatives du 23 mars dernier. Reste à voir s’il sera en mesure de conclure un accord avec d’autres partis pour former un gouvernement de coalition qui lui permettra de conserver son poste.

David Elkaïm, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et auteur de L’histoire des guerres d’Israël (Éd. Tallandier), passe en revue les options qui se présentent au Premier ministre, jusqu’aux plus improbables mais pas si étonnantes. Selon lui, même un parti islamiste pourrait tenir d’importantes cartes pour le Premier ministre de l’Etat hébreu dans sa quête de se voir maintenu au pouvoir via une coalition:

«Il est tout à fait possible que le parti islamiste soutienne Netanyahou. Les partis religieux israélites, qui sont très conservateurs en matière de mœurs, ont un point commun avec les Islamistes. Mais si les Islamistes entrent dans la coalition pro-Netanyahu, les sionistes religieux, qui sont ouvertement anti-arabes, peuvent difficilement y rester.»

Les accords d’Abraham –les soi-disant accords de paix au Moyen-Orient vantés par Netanyahou et son allié d’alors Donald Trump– prévoyaient de normaliser les relations diplomatiques avec les pays arabes. Mais ils n’ont pas suffi à lui apporter le soutien des Arabes israéliens et des progressistes qui veulent calmer le jeu entre Israël et ses voisins. Comment expliquer leur absence d’impact électoral? Pour David Elkaïm, les Israéliens ne sont pas dupes:

«Ces accords, il n’y a pas de raison de ne pas s’en féliciter. Mais ce ne sont quand même pas des accords de paix entre pays des pays qui avaient de grands conflits. Par ailleurs, ce n’est pas le Premier ministre seul qui y est parvenu, même s’il a tout fait pour s’en attribuer le bénéfice, c’est le gouvernement dans son ensemble. Et les Émirats arabes unis ont obtenu une bonne contre-partie.»

Pourquoi la ligne dure, l’agressivité et l’intransigeance de Netanyahou contre l’Iran ne se sont-elles pas traduites par un soutien plus massif de la droite israélienne à Bibi? La baraka politique de Netanyahou a-t-elle pris fin? Pour le chercheur, la campagne s’est faite «pour ou contre» Benyamin Netanyahou.

«Si Netanayahou n’était plus le chef du Likoud, un autre que lui n’aurait pas de problème à former un gouvernement, il aurait même le choix. Donc il y a un vrai rejet de la personne de Netanyahou.»

Mais comment Netanyahou et sa tentative de réélection sont-ils vus par les leaders des pays arabes voisins? La politique étrangère n’était pas le cœur de la campagne électorale, explique David Elkaïm:

«Le candidat de l’Arabie saoudite et des Émirats en Israël, c’était Netanyahou. La signature des accords d’Abraham et l’annonce d’un investissement pharaonique en Israël sont pas arrivés juste avant la campagne électorale israélienne par hasard, c’était pour essayer de doper la cote du Premier ministre.»

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Tags:
élections, Émirats Arabes Unis, islamistes, Benjamin Netanyahou, Israël
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