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Joe Biden souhaite-t-il un nouvel accord nucléaire avec l’Iran? Alors que les négociations reprennent cette semaine, François Costantini, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient et auteur de «Les relations internationales en fiches» (Éditions Ellipses), nous emmène dans les coulisses en abordant les divers enjeux pour le Désordre mondial.

Cette semaine à Vienne, l’Iran est revenu à la table des négociations sur le nucléaire.

Certes, dans un premier temps, Téhéran ne parle à Washington que par diplomates européens interposés, mais il s’agit d’un premier pas vers la normalisation des relations entre les puissances occidentales et l’Iran.

François Costantini, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient et auteur de Les relations internationales en fiches (Éditions Ellipses), livre ses premières impressions sur ce début de négociations:

«Cela me fait penser à la formule de Kissinger: la diplomatie des petits pas, on renoue les fils. Pour l’instant, on dresse davantage un état des lieux que l’on ne se remet à la table des négociations.»

Il n’en a pourtant pas fallu plus pour que les néoconservateurs de Washington ne montent sur leurs grands chevaux. Un certain Fred Fleitz, ancien responsable de la sécurité nationale de Trump et acolyte du faucon John Bolton, a expliqué dans un éditorial paru sur le site de Fox News que «l’Iran allait dicter à Joe Biden sa capitulation sur son programme d’armes nucléaires lors de la réunion de Vienne». De quoi s’inquiètent-ils exactement? Et pourquoi ne les a-t-on pas entendus se plaindre lorsque Trump a normalisé les relations des États-Unis avec tous les autres pays du Moyen-Orient?

«Ce que les néoconservateurs veulent avant tout, c’est une stratégie d’endiguement et d’isolement de l’Iran. Parce qu’ils considèrent que l’Iran est un adversaire absolu des États-Unis depuis la république islamique. Quoi qu’il arrive, ils ont l’Iran dans le viseur», explique l'expert.

Alors quel est l’intérêt de Biden? Pourquoi ne pas seulement faire de l’Iran un partenaire commercial sans reprendre les négociations de l’accord? François Costantini explique que l’enjeu n’est pas que le nucléaire iranien:

«Aujourd’hui, le danger c’est l’État islamique*, c’est Daech*. Après le 11 septembre 2001, l’Iran aurait pu être un partenaire dans la lutte contre l’islamisme sunnite radical. Il ne l’a pas été alors qu’il était dans le viseur. Je pense que cela a été une erreur. Les négociations, cela ne veut pas dire desserrer l’étreinte sur l’Iran, c’est partir d’un certain nombre de réalités. L’Iran est un moindre danger par rapport à l’islamisme sunnite et les néoconservateurs n’en tiennent pas compte.»

Après les discussions initiales de cette semaine, dans quelle direction les négociations de Vienne semblent-elles aller? S’agit-il d’un retour à la politique iranienne de Barack Obama tout simplement?

«L’Administration Biden, ce n’est même pas l’Administration Obama, c’est l’Administration Clinton. Il y a une volonté de s’immiscer, y compris dans les questions européennes... Avec Biden on est en plein dans le messianisme américain avec les risques que cela comprend. Trump était haï des médias, mais c’était quand même le seul Président américain, à part George Bush père, qui n’a pas déclenché de conflit», constate François Costantini.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Tags:
négociations, islamisme, États-Unis, nucléaire, Iran
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