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Les tensions dans les villes israéliennes ne s’apaisent pas et les attaques sur fond de nationalisme se multiplient. À Jaffa, deux mineurs ont été brûlés, dont l’un très grièvement, lorsqu’une bouteille incendiaire a été jetée dans leur appartement. Leur père donne à Sputnik des détails sur le drame.

Jaffa, la vieille ville de Tel Aviv à population mixte israélo-arabe, a toujours été un exemple de coexistence pacifique entre membres de différentes cultures et ethnies. Jusqu’au jour où des affrontements sur fond de nationalisme ont commencé à déferler sur des dizaines de villes israéliennes.

«C'est un véritable cauchemar. Nous n'avons jamais eu de problèmes avec nos voisins. Ici, tout le monde –Juifs et Arabes– sont Israéliens. Le tout Jaffa n'a aucun problème, nous vivons toujours en paix. Que nous arrive-t-il? Au lieu de s'unir et d'être ensemble, voilà où nous en sommes», a raconté à Sputnik un membre de la communauté arabe, Sabri Guiltazi, père d’un garçon et d’une fille qui ont été victimes d’un jet de bouteille incendiaire.

Les troubles et affrontements sur fond de nationalisme se sont poursuivis dans la nuit de vendredi à samedi dans différentes villes israéliennes. Une bouteille incendiaire a été jetée par la fenêtre de la maison de Sabri Guiltazi, à Jaffa, blessant sa fille de 12 ans et son fils qui, gravement brûlé, a été hospitalisé.

«Nous étions réunis tous ici en famille. Mon fils aîné se tenait près de la fenêtre, ma fille et moi étions assis sur le canapé, tandis que ma femme et mon cadet se trouvaient ici. Et puis tout à coup "boum!". Les flammes ont brûlé la moitié du visage de ma fille, pas très fort heureusement. Mais mon fils est dans un état grave et il respire mal», a-t-il poursuivi.

Selon des voisins, les assaillants étaient deux, leurs visages étaient dissimulés sous des capuchons et ils avaient sur eux plusieurs bouteilles incendiaires.

«Probablement une attaque de Juifs»

Ils ont jeté l'une d’elles par la fenêtre du rez-de-chaussée, dans l’appartement de Guiltazi, et une autre dans la maison d’en face, celle d’un jeune couple juif. Selon la propriétaire de l'appartement, le cocktail Molotov est tombé près de la porte d’entrée, à côté de deux bouteilles de gaz. Ce n’est que par un heureux hasard que celles-ci n’ont pas explosé.

«Nous habitons ce quartier juif-arabe. C’est à un Arabe que nous louons cet appartement. À ce que je comprends, c’était probablement une attaque de Juifs. Ils pensaient probablement que cet appartement-là était également occupé par des Arabes», a expliqué une habitante de Jaffa.

Des émeutes ont éclaté dès mardi dans une quarantaine de villes israéliennes.

Affrontements

Les troubles sont particulièrement violents à Lod, à forte proportion de population arabe, située non loin de Tel Aviv. En outre, un Juif a été violemment bastonné à Saint-Jean-d’Acre, tandis qu’un Arabe a été battu à Bat Yam, où des dizaines de radicaux juifs se sont attaqués aux commerces et cafés appartenant à des Arabes. Même les mesures sévères prises par la police n’ont pas pu calmer les esprits.

Quelque 900 personnes ont été arrêtées depuis le début des émeutes et jusqu’à samedi, 265 policiers ont été blessés. À l’heure actuelle, 15.000 policiers et autres agents de la police aux frontières ont été déployés en Israël.

Dans la nuit du 8 mai, de violents affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens ont éclaté à Jérusalem-Est, près de l’Esplanade des mosquées et dans le quartier de Cheikh Jarrah, à majorité palestinienne, où, sur décision de la justice israélienne, des familles arabes doivent être expulsées. Ce qui a provoqué des manifestations qui ont dégénéré en émeutes.

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Tags:
témoignage, violences, Israël
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