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Tandis que Joe Biden a exprimé le soutien des États-Unis à Israël, quels sont les États qui soutiennent le Hamas et le peuple palestinien? La réponse risque de surprendre. Analyse de David Elkaïm, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), au micro de Rachel Marsden.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a tiré son chapeau à Joe Biden pour la manière dont il a géré la récente résurgence de violence entre Israël et les Palestiniens de Gaza.

Quelle est la position du Président américain sur le conflit? Elle semble sans ambiguïté: «Mon parti soutient toujours Israël. Mettons les choses au clair: tant que la région n'aura pas reconnu sans équivoque le droit d'Israël à exister en tant qu'Etat juif indépendant, il n'y aura pas de paix.»

Malgré ces propos, 500 militants de la campagne nationale de Joe Biden et des employés du parti démocrate lui ont adressé une lettre ouverte l’appelant à «condamner sans équivoque» Israël et à ce que l’État hébreu «rende des comptes pour ses actions».

C’est donc un sujet qui divise le parti démocrate autant que les jeunes sur TikTok.

Après deux semaines de conflit, le Hamas et l’armée israélienne sont parvenus à un accord de cessez-le-feu. Mais quelles sont les chances qu’il tienne? En quoi la situation est-elle maintenant différente? Pour David Elkaïm, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et auteur de L’histoire des guerres d’Israël (Éd. Tallandier), on a aujourd’hui «deux peuples en deuil et tout continue comme avant»:

«On parlait de moins en moins de la question palestinienne mais elle est là, elle ne peut pas se régler toute seule. On ne peut pas faire croire –comme le faisait Netanyahu– qu’en ne faisant rien et qu’en continuant à grignoter des centimètres et des mètres carrés en Cisjordanie, que la question palestinienne disparaîtrait, la réalité est qu’elle ne disparaît pas.»

Qui sont les soutiens derrière le Hamas ? L’expert évoque l’appui plus ou moins discret d’États-nations contre Israël:

«Le principal soutien historique du Hamas, c’est le Qatar. L’autre État qui soutient mais d’une façon plus militaire c’est l’Iran. À partir du moment où les deux pays ont identifié Israël comme leur ennemi, ils ont commencé à se rapprocher. Paradoxalement, Israël ne cherche pas à détruire le Hamas.»

En effet, à Gaza, Israël et le Hamas ont un rapport complexe:

«Le Hamas est ce qui permet à la bande de Gaza d’être juste au-dessus du seuil d’effondrement complet, ce que ni Israël ni l’Égypte ne veulent. Ce qui fait que, quand il y a des périodes d’accalmie, Israël laisse transiter des ressources financières qui arrivent du Qatar pour aller à Gaza, donc entre les mains du Hamas, ne serait-ce que pour payer les fonctionnaires à Gaza. Les ennemis du Hamas sont donc obligés de composer avec lui», explique David Elkaïm.

Quelles conclusions pourrait-on tirer de ce dernier chapitre du conflit israélo-palestinien? D’après le chercheur, même si stratégiquement, la domination de l’armée israélienne est sans partage, elle ne crie pas victoire pour autant:

«Le Hamas, d’opération en opération, tous les deux-trois ans, se renforce. Ils ont de plus en plus de missiles, ils comprennent de mieux en mieux comment marche le système Dôme de Fer et c’est donc une victoire stratégique. Le Hamas a par ailleurs développé un système de galeries souterraines dans la bande de Gaza, que l’armée israélienne appelle le "métro" où le Hamas a réussi a enterrer toute son infrastructure, où les combattants se réfugient.»

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Tags:
Israël, Joe Biden, Palestine, Hamas, conflit israélo-palestinien
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