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Deux navires militaires iraniens repérés dans l’océan Atlantique font couler de l’encre aux États-Unis, qui accusent Téhéran de vente et transport d’armes au Venezuela. Baki Maneche, spécialiste de la diplomatie des affaires de divers secteurs industriels, se penche sur l’affaire pour Le Désordre mondial.

Des navires de guerre iraniens transportent-ils des armes vers le Venezuela?

Dans un rapport exclusif, Politico, média basé à Washington, cite de hauts responsables anonymes de l’Administration Biden et du renseignement américain qui affirment qu’un accord de fourniture d’armes au Venezuela a été conclu l’année dernière entre Caracas et Téhéran.

Ces autorités évoquent notamment des «vedettes d’attaque» qui, d’après elles, auraient été repérées sur des images satellites fournies par Maxar Technologies, un sous-traitant américain de la Défense et du renseignement, en train d’être chargées sur l’un des navires, dont le Makran. L’article mentionne également que La Havane ferait l’objet de pressions diplomatiques pour qu’il n’autorise pas les navires iraniens à accoster à Cuba. «Nous nous réservons le droit de prendre des mesures appropriées en coordination avec nos partenaires pour dissuader le transit ou la livraison de telles armes», a déclaré un responsable américain, citant une menace pour les «partenaires américains dans l’hémisphère occidental». 

Baki Maneche, avocat, spécialiste de la diplomatie des affaires de divers secteurs industriels, basé en France et en Iran, livre son explication:

«Je pense que l’Iran est en situation de démonstration, il veut montrer encore une fois que les intimidations israéliennes, voire d’autres pays, ne lui font pas peur et que, aussi bien les navires iraniens que les autres navires ont le droit de circuler dans les eaux internationales.»

L’Iran lui-même a publié ce mois-ci une vidéo montrant pour la première fois deux de ses navires, le Makran et le Sahand, dans l’océan Atlantique.

«Malgré les sanctions américaines, l’Iran continue à entretenir des relations diplomatiques et économiques avec certains pays, dont Cuba et le Venezuela. Ces pays continuent de commercer entre eux, une chaîne iranienne de supermarchés a même ouvert au Venezuela», commente l’avocat.

Beaucoup de spéculations tournent autour de ce que contiennent ces navires. Quid des accusations de vente d’armes ou autres produits sous sanctions?

«Pourquoi pas pour Cuba. Cependant, l’Iran peut aussi transporter des produits parapétroliers dont le Venezuela ne dispose pas. On peut facilement imaginer que les dernières vagues de sanctions envers le Venezuela ont été telles que malgré la richesse en sous-sol vénézuélien, le pays a besoin de produits raffinés. On ne connaît donc pas exactement la cargaison et la destination des navires mais l’Iran veut montrer que l’isolement souhaité par Trump ne fonctionne pas et qu’il est libre de naviguer comme les autres pays», analyse Baki Maneche.

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Tags:
sanctions, Cuba, Venezuela, transports, pétrole, navires, Iran
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