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    La Russie et l'Inde créeront un chasseur de 5e génération

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    Chasseur russe de 5e génération T-50 (152)
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    La visite en Russie que le ministre indien de la Défense, George Fernandes, a achevée lundi a été marquée par une surprise. En effet, le patron du département militaire indien a annoncé qu'il avait mené à Moscou des pourparlers au sujet de la préparation d'un contrat technico-militaire prévoyant la participation de New Delhi à la conception et aux essais d'un chasseur russe de nouvelle génération.

    La visite en Russie que le ministre indien de la Défense, George Fernandes, a achevée lundi a été marquée par une surprise. En effet, le patron du département militaire indien a annoncé qu'il avait mené à Moscou des pourparlers au sujet de la préparation d'un contrat technico-militaire prévoyant la participation de New Delhi à la conception et aux essais d'un chasseur russe de nouvelle génération.

    C'est la première fois que l'Inde annonce officiellement qu'elle est disposée à se joindre à un projet militaire aussi ambitieux. L'événement est d'autant plus important que c'est la première fois que la Russie ouvre les portes d'un secteur militaire de pointe à un investisseur et partenaire étranger. C'est là une chose que même les Etats-Unis ne font pas. Certes, les corporations militaires américaines sont multinationales depuis longtemps, cependant Washington a tenu à concevoir seul les chasseurs de cinquième génération JSF (F-35) et F-22.

    Pour quelle raison la Russie a-t-elle entrepris cette démarche?

    New-Delhi est un partenaire stratégique à part entière de la Russie en ce qui concerne la plupart des volets de la politique étrangère. Cela a été confirmé par la visite que le président russe, Vladimir Poutine, a effectuée en Inde au mois de décembre dernier. La coopération technico-militaire entre les deux pays, dont le chiffre d'affaires annuel se monte à deux milliards de dollars, n'est pas soumise aux fluctuations conjoncturelles, elle n'est dirigée contre aucun pays tiers et son objectif est de défendre les intérêts nationaux tant de l'Inde que de la Russie.

    De nos jours nous assistons à un fait sans précédent: près de 80 pour cent des matériels dont l'armée indienne est dotée sont de fabrication russe. Ce sont des chars, des frégates et des sous-marins ultramodernes, des familles entières de chasseurs et d'avions d'assaut "Su". Il n'y a pas longtemps cette panoplie a été complétée par un lot important de chasseurs polyvalents Su-30MKI dont la plupart seront construits dans des entreprises de la corporation "HAL".

    Un détail significatif. L'armée russe ne possède pas encore de chasseur aussi puissant et moderne que le Su-30MKI, pourtant Moscou a accédé à la demande de l'Inde, acceptant d'équiper la cabine de cet avion avec une avionique indienne et autre choisie par le client. Il a doté l'appareil des missiles dont l'Inde a besoin pour assurer la défense de son territoire. Aujourd'hui l'armée de l'air indienne possède des chasseurs sensiblement plus performants que les avions de combat de tous les autres Etats d'Asie.

    Pour les performances intégrales le Su-30MKI se situe entre les meilleurs appareils de la génération "4+" (F)A-18F, F-15E, "Rafale", "Typhon" et le chasseur américain de cinquième génération F-22A, qui n'est pas encore en dotation dans les troupes. Seulement pour ce qui est de la maîtrise de l'air, les spécialistes estiment que le "MKI" surpasse les chasseurs susmentionnés. Ici il ne s'agit pas uniquement de la supermanoeuvrabilité assurée dans le combat aérien rapproché grâce à un moteur à vecteur de poussée commandé, un élément qui a toujours été un point fort des motoristes russes. Le Su-30MKI est supérieur aussi dans l'interception lointaine grâce au radar H011M "Bars" avec réseau d'antenne phasé et à un armement exceptionnel composé de missiles "air-air" et "air-surface".

    Force est de prêter attention à ce détail qui saute aux yeux des spécialistes. En travaillant à la conception du SU-30MKI, l'Inde a cessé d'être simplement un acquéreur traditionnel d'avions de combat russes pour devenir un partenaire de plein droit de Moscou dans la création d'un nouveau matériel de guerre. Pour la première fois les deux pays ont effectué des travaux de recherche-développement conjoints en vue de perfectionner au maximum la version du Su-30K. New-Delhi a obtenu une licence pour la fabrication de ce chasseur. Décision a été prise aussi d'organiser la maintenance conjointe des avions "Su", d'ouvrir un centre de services et, enfin, de mettre à profit les positions conquises pour faire une percée sur les marchés aériens des autres pays asiatiques.

    On peut dire avec certitude que le contrat russo-indien concernant la création du Su-30MKI a donné le jour à un business aéromilitaire de type nouveau, se distinguant par une certaine "agressivité", maîtrisant les instruments financiers modernes, n'hésitant pas à prendre des risques, capable de drainer des investissements et d'établir des liens de coopération transfrontière tant avec l'Est qu'avec l'Ouest. C'est là un fait très significatif des rapports économiques bilatéraux.

    Toutefois, aussi hautes soient les performances du Su-30MKI et aussi poussée soit la coopération technico-militaire russo-indienne, on ne saurait oublier qu'elle ne concerne que le présent. Il importe maintenant de ne pas rester sur les acquis et de penser à l'avenir.

    La Russie, son groupement de production "Sukhoi" travaillent actuellement sur la conception d'un chasseur polyvalent de cinquième génération. Le gouvernement a pris une décision à ce sujet et le président Vladimir Poutine a signé un décret ad hoc. Un prototype et même une maquette électronique sont prêts. Bien que sa structure et ses performances soient classées top secret, on sait déjà que cet appareil de cinquième génération devra détruire des cibles tant aériennes que terrestres (de surface), posséder une supermanoeuvrabilité (réaliser des vols pilotés à vitesses réduites et à de grands angles d'attaque), décoller et se poser sur des pistes courtes et aussi être peu sensibles aux ondes optiques, infrarouges et radar.

    Selon le directeur général du groupement de production "Sukhoï", Mikhaïl Pogossian, le nouveau chasseur sera supérieur aux analogues américains JSF (F-35) et F-22 tant pour les innovations techniques et conceptuelles que pour les performances. Il le sera aussi en ce qui concerne le rapport qualité/prix. Cet appareil fera partie du système d'armements (il sera associé à la constellation spatiale de satellites, aux avions dotés d'un système de contrôle et d'alerte aéroporté du type AWACS, aux aéronefs sans pilote, au complexe de centres terrestres de surveillance, de désignation des cibles, de calcul et de navigation) suffisant pour parer à toutes sortes de périls émanant de l'espace, du ciel, du sol et de l'eau. Dans le même temps il sera relativement bon marché et accessible aux acquéreurs tant russes qu'étrangers.

    Le coût du programme concernant ce chasseur de cinquième génération est estimé en Russie à 5-6 milliards de dollars. Aux Etats-Unis un tel appareil reviendrait au bas mot à 35-50 milliards. Pour la première fois Moscou ouvre les portes d'un secteur sensible à des investisseurs étrangers auxquels il voue une confiance absolue. C'est la raison pour laquelle l'Inde se trouve ici en première position.

    Est-il avantageux à New-Delhi d'accepter la proposition de Moscou? Pour les spécialistes russes la réponse est incontestablement oui. La coopération avec la société "Sukhoï" permettra à l'Inde de disposer dans les dix ans à venir d'un chasseur polyvalent foncièrement nouveau qui n'existera pas en Asie et que ne posséderont pas la plupart des Etats européens hautement développés. En outre, les spécialistes indiens s'initieront aux hautes technologies les plus pointues. Cette coopération permettra aussi à l'Inde d'accroître ses potentialités industrielles et de moderniser son parc aérien.

    Par conséquent, avec l'aide de Moscou, l'Inde pourrait très prochainement rejoindre les grandes nations aéronautiques que sont la Russie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Suède. Il serait dommage de laisser échapper cette chance.

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    Chasseur russe de 5e génération T-50 (152)

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