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    Russie-Kazakhstan: une coopération confiante

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    Par Vassili Zoubkov, commentateur de RIA Novosti

    S'il s'avère vrai qu'un bon début annonce une année réussie, alors on peut considérer comme heureux le choix du pays dans lequel Vladimir Poutine a effectué sa première visite officielle en 2004. Effectivement, sur le plan stratégique le Kazakhstan est dans l'espace postsoviétique le partenaire stratégique le plus prévisible de la Russie.

    Disposant de puissants potentiels économiques, les deux Etats se sont fixé des objectifs très ambitieux pour l'avenir. Dans une certaine mesure Vladimir Poutine et Noursoultan Nazarbaïev ne les associent pas exclusivement au développement dynamique de la coopération bilatérale. Astana et Moscou visent plus loin: la reconstitution et la consolidation de l'espace économique eurasiatique commun.

    Quelle est donc la réaction du Kremlin aux démarches entreprises en direction de l'Occident par le Kazakhstan dans les secteurs énergétique et même militaire? La "dérive" pro-occidentale d'Astana présente-t-elle un danger pour Moscou? Ce dernier évalue avec réalisme la situation, estimant que:

    * premièrement, le Kazakhstan et ses immenses ressources naturelles (en 6-e position dans le monde) focalisent bien des intérêts économiques;

    * deuxièmement, la bonne mise en valeur des richesses kazakhes réclame des investissements étrangers colossaux;

    * troisièmement, grand Etat centrasiatique, le Kazakhstan est privé d'accès à la mer et sur ce plan il dépend beaucoup de ses voisins que sont la Russie et la Chine.

    Compte tenu de ces facteurs et d'autres, Astana est obligé de diversifier sa politique extérieure, de faire le grand écart entre la Russie et l'Occident. Bien sûr, dans cette politique certaines choses n'ont pas l'heur de plaire à la Russie, cependant cette dernière se montre compréhensive et sereine, réagit avec pragmatisme. De l'avis du politologue russe Sergueï Karaganov, président du Conseil pour la politique défensive extérieure, les tracasseries concernant l'autonomie des autres pays sont une survivance de la politique du "grand frère".

    D'autant plus qu'en dépit du diktat rigoureux de l'Occident, le Kazakhstan est manifestement enclin à un rapprochement avec son voisin septentrional. Dans une certaine mesure la visite de Vladimir Poutine est qualifiée de réussie. Les dix documents qui avaient été préparés à cette occasion ont été signés. Ils concernent le bail du cosmodrome de Baïkonour, l'acheminement du pétrole (32 millions de tonnes en 2003) et du gaz via la Russie, la transformation du condensat de gaz du gisement de Karatchaganak, au Kazakhstan, dans des usines russes, la coopération dans les questions frontalières et bien d'autres choses. Précédemment on avait appris que la Russie pourrait prendre part à la construction au Kazakhstan d'une centrale nucléaire ainsi qu'à la création du premier satellite de télécommunications kazakh.

    La coopération dans le secteur énergétique est des plus actives. Il faut signaler en tout premier lieu l'accord en vertu duquel la compagnie pétrolière Lukoïl participe à hauteur de 50 pour cent dans la mise en valeur du gisement de Tioub-Karagan, dans la Caspienne, et prend part sur la base de la parité à la prospection géologique dans le secteur maritime d'Atachski.

    Selon des estimations préliminaires, les réserves qui y ont été prospectées dépassent les 100 millions de tonnes de combustible moyen. Le gisement de Tioub-Karagan couvre une superficie de plus de 1.000 kilomètres carrés et est situé à une quarantaine de kilomètres du port de Baoutino. Le secteur d'Atachski, lui, il s'étend sur plus de 8.000 kilomètres carrés et se trouve à 80 kilomètres de Baoutino. Des recherches complémentaires effectuées dans sa partie orientale pourraient révéler l'existence d'autres structures très prometteuses. La réalisation de ces projets pourrait entraîner des dépenses supérieures à 3 milliards de dollars. La durée du projet concernant Tioub-Karagan est de quarante ans.

    De l'avis du président de Lukoïl, Vakhit Alekpérov, la réalisation de ces projets constitue une étape importante de la stratégie de la compagnie au Kazakhstan qui est une région prioritaire dans l'activité internationale de Lukoïl.

    Un autre projet russo-kazakh concernant les gisements de Kourmangazy, de Khvalynskoé et de Tsentralnoé sera lancé cette année. La participation russe est assurée par la compagnie pétrolière Rosneft.

    La coopération des électriciens des deux pays elle aussi a le vent en poupe. Depuis 2000, les réseaux énergétiques russe et kazakh fonctionnent en régime parallèle. Les échanges et le transit de courant augmentent. Toutes les mesures relatives à la création d'une entreprise russo-kazakhe conjointe sur la base de la centrale hydro-électrique d'Etat Ekibastouz-2 ont été réalisées.

    En Russie tout comme au Kazakhstan le secteur énergétique est depuis longtemps la principale source de croissance assez rapide de l'économie nationale. La coopération bilatérale réciproquement avantageuse dans ce domaine constitue une assise solide pour l'ensemble des rapports de la Russie et du Kazakhstan. Et aussi un exemple à suivre pour les autres membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI).

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