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    Le prix des concessions des Philippines aux terroristes pourrait être élevé

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    MOSCOU, 14 juillet (par Marianna Belenkaia, commentatrice politique de RIA-Novosti). Les dirigeants des Philippines ont commencé le retrait de leur contingent militaire d'Irak pour sauver la vie d'Angelo de la Cruz, chauffeur de camion enlevé par les terroristes. D'abord, il était prévu que 51 militaires philippins quitteraient l'Irak le 20 août. Par conséquent, un mois de plus ou de moins de leur présence n'a pas d'importance fondamentale pour la sécurité de l'Irak. D'autant plus que cinquante Philippins ne sont qu'une poignéepar rapport aux 140 000 hommes de la Force multinationale cantonnés en Irak.

    Mais il y a d'autres questions: le pays a accédé à la souveraineté, mais il s'est transformé en foyer terroriste. Que pourraient faire en Irak ou pour l'Irak les pays qui y sont présents, ensemble ou séparément? Pas de réponse nette. Et c'est le pire.

    Pour la famille d'Angelo de la Cruz, n'importe quel prix payé pour sa libération ne serait pas démesuré, de même que pour des millions de Philippins: ils sont unanimes à ce sujet. Mais la présidente des Philippines Gloria Macapagal Arroyo est devenue la première, parmi les dirigeants des pays, à avoir cédé au chantage des terroristes en cas de prise d'otages en Irak. Il est vrai, les terroristes ont également remporté une victoire en Espagne.

    Les actes terroristes commis à Madrid en mars 2004, à la veille des élections en Espagne, ont probablement influé sur le résultat du vote et, en fin de compte, le contingent militaire espagnol a quitté l'Irak. L'exemple de l'Espagne a été suivi par le Honduras et la République Dominicaine. Rappelons que le président russe Vladimir Poutine a qualifié de "mauvais précédent" le fait que le terrorisme s'attribue le changement de pouvoir en Espagne. Il est à noter qu'à partir de ce moment, s'inspirant de la victoire, les terroristes se sont mis tout de suite à prendre en otages en avril des étrangers en Irak afin d'influer sur la politique de leurs gouvernements.

    D'ailleurs, les terroristes n'ont pas fait la distinction entre les citoyens des pays qui ont envoyé leurs militaires en Irak et ceux qui ont contribué au rétablissement économique de ce pays. Les Russes ont également été pris en otages. Après deux prises en otages des employés de la compagnie "Interenergoservice", tous les hommes d'affaires et les spécialistes russes qui avaient travaillé en Irak en vue de reconstruire des ouvrages industriels ont quitté temporairement ce pays.

    Le départ des civils qui craignent pour leur vie est une chose, mais le retrait d'un contingent militaire du pays au moment où il a surtout besoin de sécurité intérieure est une autre chose. Si tout le monde part, qui assurera cette sécurité et comment? Pas de réponse.

    Que faire dans cette situation? Il va sans dire que chaque gouvernement en décide lui-même. Il y a des pays, notamment la Russie, qui refusent de faire des concessions aux terroristes. La dernière fois, des concessions ont été faites au cours de la prise d'otages en juin 1995 à Boudennovsk. Croyant en leur impunité, les terroristes n'ont fait que multiplier leurs victimes, y compris parmi les civils. En octobre 2002, les autorités russes ont décidé de prendre d'assaut le Centre théâtral de la Doubrovka pour libérer les otages. Après les actes terroristes perpétrés en juillet 2003 à Touchino, le président russe Vladimir Poutine a déclaré: "Aucun Etat du monde n'est mené à la bride par le terrorisme. La Russie ne le permettra pas non plus, parce que le premier pas fait dans cette direction signifiera le début de la désintégration de l'Etat, alors, les victimes se chiffreront par dizaines, par centaines, voire milliers".

    Mais cela concerne la lutte contre les terroristes sur le territoire national. En ce qui concerne la situation en Irak, l'Italie, la Corée du Sud et les Etats-Unis ont refusé d'en retirer leurs troupes. Les résultats sont là: le gardien italien Fabrizio Quattrocchi a été tué le 14 avril 2004. (Ses trois collègues ont été relâchés). Le 11 mai, un autre otage a été tué: Nicholas Berg, homme d'affaires américain. Le 22 juin, les terroristes ont tué Kim Son Ir, interprète sud-coréen. Le 13 juillet, les terroristes ont exécuté un citoyen de la Bulgarie pris en otage, car leur exigence avancée aux troupes américaines - libérer tous les détenus irakiens - n'a pas été accomplie. Le Japon a également refusé de faire des concessions aux terroristes. Heureusement, les ressortissants de ce pays capturés en avril ont été libérés et ce, grâce à la médiation d'éminents théologiens irakiens.

    Mais les Philippines ont décidé d'agir autrement, ce qui nous incite à penser que cet événement pourrait avoir une suite.

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