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    Une nouvelle russophobie?

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    MOSCOU (par Vladimir Simonov, commentateur politique de RIA-Novosti). Les journaux occidentaux qu'on peut acheter aujourd'hui à Moscou abondent en titres critiques à l'égard de la Russie. Par exemple: "Des signes d'instabilité des années 90 reviennent à Moscou" (Christian Science Monitor, Etats-Unis), "Le marché russe reste un territoire du Far West" (le Wall Street Journal, Etats-Unis), "Tous sont égaux devant la loi" (le Tagesspiegel, Allemagne), "Les parrains de Moscou" (El Pais, Espagne), "Après l'écroulement" (le Financial Times, Grande-Bretagne). (Retraduction du russe-NDLR). La mention de Vladimir Poutine s'accompagne toujours des mots suivants: "ancien agent du KGB". Les terroristes sont considérés comme des "combattants pour la liberté" ou des "rebelles". Toute information sur le licenciement d'un journaliste russe est interprétée comme l'étouffement de la liberté de parole, etc. L'image de la Russie présentée dans les médias occidentaux est, pour l'essentiel, morne. La télévision occidentale présente toujours la Russie comme une lessiveuse pour le blanchiment d'argent, comme un repaire des prostituées et des drogués, comme un pays dont les villes manquent d'eau ou de chaleur.

    En Russie, ce flot de critiques est accueilli, pour le moins, comme injuste, même si de nombreuses chaînes russes abondent en informations sur la criminalité, la misère, les mendiants et l'enfance abandonnée. En plus des programmes d'informations, de nombreuses chaînes de télévision jugent nécessaire de présenter plusieurs fois par jour des émissions spéciales sur la criminalité. Les assassins en série, les bandits et les violeurs deviennent plus reconnaissables que les personnages des feuilletons brésiliens. Les coups de feu, le sang et les morts gisant sur l'asphalte sont considérés comme une sorte de liberté d'expression, sans parler du fait que ces épisodes élèvent la popularité d'une chaîne de télévision et y attirent les annonceurs. Par conséquent, les intérêts commerciaux fusionnent avec la nostalgie des sujets interdits à l'époque soviétique.

    Certes, les raisons de critiquer un pays qui traverse le changement historique de système socio-économique ne manquent pas. Mais la "russophobie" de l'Occident est de plus en plus la cause de cette critique. Cela suscite la protestation des dirigeants du pays. Prenant la parole à la réunion des ambassadeurs à Moscou, Vladimir Poutine a déclaré: "Les notions de la Russie qui existent dans les pays où vous travaillez sont souvent éloignées de la réalité. Les campagnes qui y sont orchestrées en vue de discréditer le pays causent un préjudice évident aussi bien à l'Etat qu'à ses hommes d'affaires".

    Cet avis de Vladimir Poutine est partagé par de nombreuses personnes. Le partenariat stratégique et les intérêts communs dans la lutte contre les nouvelles menaces ne font pas disparaître le désir de l'Occident de causer un préjudice propagandiste au concurrent sur le marché mondial de l'influence politique et économique.

    On peut citer de nombreux exemples. Si, après la période de chaos, la structure du pouvoir d'Etat se renforce en Russie et le centre fédéral rétablit la subordination des régions, cela est tout de suite interprété comme "le retour à l'autoritarisme". Si un multimilliardaire est accusé en Russie pour fraude fiscale, car il n'a pas payé 3,4 milliards de dollars d'impôts, et pour escroquerie qui laisse percer le désir de convertir les capitaux volés en pouvoir politique, on essaie de faire passer cette lutte contre la cleptocratie pour un "massacre des gros patrons". Si le ministre russe des Affaires étrangères participe à une rencontre sur le règlement proche-oriental avec ses collègues occidentaux, certaines chaînes de télévision étrangères ne montrent qu'une séquence avec le Secrétaire d'Etat américain. C'est ce qu'avait en vue le président Vladimir Poutine en parlant des "campagnes orchestrées en vue de discréditer le pays".

    Ce qui se passe après l'assassinat de Paul Khlebnikov est un exemple probant de cette campagne. Les médias occidentaux exploitent aujourd'hui cette tragédie en vue de fournir des preuves du "retour de l'instabilité en Russie", c'est-à-dire pour discréditer l'une des principales réalisations du président Vladimir Poutine qui a su rétablir un ordre relatif dans le pays. D'ailleurs, le travail de Paul Khlebnikov à Moscou a suscité la haine de nombreuses personnes, mais la majorité des Russes ont témoigné du respect pour lui pour les essais qu'il avait écrits sur notre pays. "La Russie entre dans une phase nouvelle du capitalisme, estimait-il, en s'éloignant de l'économie de l'ombre, de la mentalité du marché noir et en se dirigeant vers une forme plus civilisée, transparente et ouverte du capitalisme et du monde entier". Malheureusement, tout le monde ne comprend pas la Russie aussi bien, loin s'en faut.

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