Ecoutez Radio Sputnik
    Opinion

    La hote line de Gosnarkokontrol

    Opinion
    URL courte
    0 0 0
    MOSCOU. /par le général de police Alexandre Mikhaïlov, directeur adjoint de Gosnarkokontrol - RIA Novosti/. Des groupes criminels organisés, nationaux et internationaux, ont mis en place en Russie une industrie de la drogue qui a accumulé dans ses circuits jusqu'à 15 milliards de dollars. D'après les informations disponibles, il existe actuellement dans notre pays plus de 950 groupes criminels qui contrôlent ce marché. Face à cette menace dangereuse, le président russe Vladimir Poutine a signé un décret sur la création en mars 2003 d'un organisme spécial de répression de la narco-agression : le Service fédéral pour le contrôle du commerce des substances narcotiques et des produits psychotropes (Gosnarkokontrol). Il nous a été fixé pour objectif de détruire le mécanisme du trafic de drogue et d'en supprimer la composante économique.

    Au cours de la première année d'existence de notre Service son personnel a saisi plus de 44 tonnes de stupéfiants, démantelé huit dizaines de laboratoires chimiques clandestins et 1 300 autres ateliers de fabrication illégale de drogue. Pendant la même période, 29 000 crimes commis sous l'effet de la drogue ont été enregistrés, dont les délits graves et très graves représentaient plus de 70%. Presque 8 000 affaires pénales ont été mises en mouvement. Plus de 3 600 personnes ont été condamnées pour des crimes liés au trafic de drogue. Ce n'est que le début.

    Nous avons à remplir cinq fonctions principales. Premièrement, nous devons élucider les intentions criminelles et prévenir les crimes, de préférence au stade de projet. D'autre part, comme nous sommes un sujet du droit pénal, nous exerçons des activités procédurales et pouvons mener nos propres enquêtes pour préparer les dossiers et les communiquer à la justice. La troisième fonction, non moins importante, est la coopération avec d'autres organisations et la coordination de l'activité de tous les organismes antidrogue de l'Etat. Nous avons mis en place une coopération internationale dans la lutte contre la drogue et nous ne cessons de la renforcer. L'éclatement de l'Union Soviétique a rendu certains tronçons de la frontière nationale transparents au point qu'ils n'existent que sous forme d'une ligne tracée sur les cartes géographiques et qu'il est impossible de sécuriser en agissant seul. Pour cette raison nous sommes en train de créer un mécanisme efficace de répression du trafic de drogue à l'échelle internationale et dans le cadre des anciennes républiques soviétiques.

    Nous avons encore une mission extrêmement importante : la lutte contre la propagation du virus VIH car l'épidémie du SIDA est directement liée à la consommation grandissante de stupéfiants. Nous avons pour devoir de mettre en évidence et de limiter au maximum la propagation de stupéfiants par voie intraveineuse et de mener parallèlement une campagne d'explication et de prévention afin de prémunir contre la passion pour la drogue les gens qui ne sont pas encore dans la zone du risque.

    L'activité de Gosnarkokontrol s'imbrique dans la lutte contre la criminalité organisée dont le trafic illégal de stupéfiants est une variété particulière. Puisqu'il est des gens qui fabriquent de la matière première et d'autres qui la traitent, d'autres encore qui empaquètent le produit et d'autres encore qui le transportent. Mais il en est encore qui créent les filières par lesquelles la drogue est canalisée jusqu'au plus petit réseau de revendeurs. L'un des objectifs de Gosnarkokontrol consiste donc à démanteler toute cette chaîne du bas jusqu'en haut. Certains organismes de notre Service, en coopérant avec la sécurité nationale, ont mené avec succès des opérations de démantèlement des filières par lesquelles le produit de la vente de stupéfiants finançait les groupes terroristes agissant au Caucase du Nord. Ainsi, la Direction de Gosnarkokontrol pour la région d'Astrakhan a mis un terme à l'activité criminelle d'un groupe qui diffusait des stupéfiants et des armes sur le territoire de cette région. Dans le district autonome des Khanty-Mansi, deux Tchétchènes ont été arrêtés qui avaient sur eux un paquet d'héroïne, deux mitraillettes Kalachnikov, un pistolet Makarov et 14 grenades.

    Il n'y a pas longtemps les responsables de notre organisation ont tenu une réunion à laquelle le Parquet général, le ministère de l'Intérieur, le Service fédéral de sécurité, le ministère des Transports et le Comité aux Douanes étaient représentés et qui avait à l'ordre du jour le problème de la coopération des organes de l'ordre dans la lutte contre la drogue sur les transports. Lors de la discussion, il a été souligné que du fait de sa situation géopolitique avantageuse, de l'existence d'un réseau de transport ramifié, de la grande longueur de sa frontière nationale et des difficultés qui en découlent pour l'organisation et la réalisation du contrôle à la frontière, la Fédération de Russie devient particulièrement attrayante pour la criminalité organisée internationale. L'expérience montre que les groupes bien implantés et ayant des liens transnationaux utilisent la contrebande comme le principal moyen d'acheminer les stupéfiants sur le marché russe.

    Ces méthodes ne cessent d'être perfectionnées. Pour réaliser leurs objectifs, les criminels mettent à profit le trafic grandissant de passagers et de marchandises traversant la frontière de la Russie. Les informations dont nous disposons confirment que la majeure partie des stupéfiants est transportée par route et seulement 20% par rail. Mais les passeurs ne négligent pas le transport par eau et par air.

    Les opérations réalisées en commun par Gosnarkokontrol et le Service de sécurité contre différents groupes criminels internationaux ont permis de couper court à des tentatives de faire entrer des quantités importantes d'héroïne en Russie. Nous coopérons en permanence avec les services de l'ordre de différents pays étrangers. Nous avons signé des mémorandums de coopération dans le contrôle des substances narcotiques et des produits psychotropes avec les organes compétents de l'Iran et du Vietnam. Des contacts de travail s'établissent avec les services concernés d'Argentine, de Chine, du Pakistan, de Pologne, des Etats-Unis, de Thaïlande, d'Azerbaïdjan, de Biélorussie, du Kazakhstan, d'Ouzbékistan et d'Ukraine.

    L'opération internationale "Kanal-2003" ("Filière 2003") menée en novembre dernier est un exemple de coopération fructueuse dans le démantèlement de groupes criminels internationaux. Avec Gosnarkokontrol et d'autres organes judiciaires, les services spéciaux, la police de la frontière et les douanes des pays membre de l'Organisation du Traité de sécurité collective (Russie, Kazakhstan, Kirghizie, Tadjikistan, Biélorussie, Arménie) y ont pris part. Voici quelques-uns des résultats : 1 403 crimes liés au trafic de drogue et plus de 2 300 autres délits de droit commun ont été élucidés et 250 armes à feu ont été saisies.

    Nous avons créé une "hote line" de Gosnarkokontrol dans toutes les grandes villes. Maintenant tout citoyen peut nous téléphoner pour nous communiquer l'information qu'il a. A propos, nous informons par la suite la société des mesures prises sur les signaux alarmants. Dans la capitale et dans les régions, des forces saines, décidées à mener une guerre sans merci contre la narco-agression s'organisent autour des brigades des stupéfiants. Des courses automobiles Moscou-Vladivostok se sont déroulées au mois d'août sous la devise "Pour une Russie sans drogue". Elles ont été organisées par les brigades des stupéfiants de Moscou et le Centre tutélaire orthodoxe avec la bénédiction du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II. Le convoi automobile a franchi plus de neuf mille kilomètres et fait escale dans toutes les grandes villes du pays. Pendant les escales, les participants, de concert avec les dirigeants et le clergé locaux, ont rencontré les représentants de l'opinion publique, mené des actions caritatives au profit des orphelinats et des centres de réinsertion des personnes sujettes à la toxicomanie. Cette action avait pour but d'étudier et de synthétiser l'expérience des organisations sociales régionales de lutte contre la prolifération de la toxicomanie, de mettre en évidence les programmes préventifs efficaces, les formes et les méthodes de leur réalisation dans l'ensemble du pays.

    Lire aussi:

    Lutte anti-drogue: le monde n'a aucune leçon à recevoir des USA selon Morales
    La Syrie submergée par les drogues
    Président kirghiz: l’opération US en Afghanistan encourage le trafic de drogue
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik