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    Le consortium militaire Vega a 60 ans

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    Par Viktor Litovkine, commentateur militaire de RIA Novosti.

    Le consortium Vega, l'une des principales entreprises militaires russes, célèbre son soixantième anniversaire au mois d'octobre. Le premier radar de bombardement, le premier armement radio-électronique du bombardier à long rayon d'action Tu-4, les autorépondeurs "ami ou ennemi", les stations d'interception, les mesureurs de la vitesse et de la dérive de l'avion, autant de produits conçus dans cette entreprise appartenant au commissariat du peuple (ministère) à l'Industrie aéronautique et baptisé TsKB-17 en 1944. Elle avait été créée par ces figures légendaires qu'étaient l'académicien Aksel Berg et le commissaire du peuple (ministre) à l'Industrie aéronautique Alexeï Chakhourine.

    Depuis 2003, cette entreprise, plusieurs fois rebaptisée dans le passé, s'appelle "Consortium d'équipements radio Vega" à capital 100 pour cent public.

    Viktor Tikhomirov et Alexandre Pistolkors, membres correspondants de l'Académie des sciences de l'URSS, des radiotechniciens universellement connus, ont contribué à la renommée de l'entreprise, créant leurs propres écoles scientifiques. Leurs traditions sont prolongées de nos jours par l'académicien Andreï Mikaelian, les membres correspondants de l'Académie des sciences de Russie Alexandre Reoutov, Lev Bakhrakh et Wolf Schteinchleiger ainsi que d'autres chercheurs et constructeurs en vue. Le légendaire pilote Valentin Grizodoubov, Héros de l'Union soviétique, a dirigé le centre des vols d'essais de l'institut.

    Sous la direction de ces hommes le Bureau d'études et le Centre de recherche ont conçu et livré au pays et à son armée des radars panoramiques pour observation de la Terre depuis l'espace ainsi que le premier radioaltimètre pour alunissage. Et aussi le premier radar aérien d'observation et d'indicateur de cible pour chasseurs sur la base de l'avion Tu-4. Ce système est plus connu dans le monde d'après les avions américains du type AWACS. Cependant il avait vu le jour dans notre pays dès 1952. C'est vrai qu'à l'époque ses antennes étaient situées dans des demi-sphères placées à l'avant, à l'arrière, en-dessous et au-dessus du fuselage. Elles permettaient de repérer des cibles aériennes à une distance de 100 kilomètres. Par la suite, en 1964, le système a été placé dans un carénage en forme de champignon - le premier au monde lui-aussi - et fixé sur l'avion Tu-126. Aujourd'hui il est visible sur le Il-76.

    Cet avion piquet radar, baptisé A-50, permet de repérer et de poursuivre sur fonds terrestre, maritime et glaciaire soixante cibles simultanément à une distance maximum de 400 kilomètres et de diriger sur elles l'aviation de chasse et de bombardement. Au mois de février dernier, pour répondre aux vols d'AWACS E-3 Centry américains le long de la frontière de notre pays, un A-50 accompagné d'un appareil de reconnaissance Su-24MR-1, lui aussi doté d'un équipement conçu à Vega, a effectué une dizaine de vols le long du littoral occidental de la Russie, au-dessus des eaux internationales de la Baltique et cela a mis un terme aux jeux provocateurs au-dessus de cette mer. Les spécialistes du consortium mettent au point également des radars performants pour les satellites russes. Ces appareils seraient à même de détecter une aiguille dans une botte de foin, dit-on à Vega. Ils peuvent également déterminer les coordonnées géographiques de navires de surface, réaliser des "radioportraits" extrêmement détaillés des surfaces terrestre et maritime. C'est précisément grâce à ces appareils qu'au cours du rigoureux hiver de 1991 les marins russes ont réussi à libérer de la banquise le navire scientifique "Mikhaïl Somov" qui avait à son bord la relève de l'expédition polaire de la station "Molodiojnaïa". A l'époque, à la demande du Comité d'Etat à l'hydrométéorologie, le satellite militaire Almaz-1 avait photographié la région antarctique. L'examen des clichés avait permis de sortir le "Mikhaïl Somov" de sa fâcheuse posture.

    Les avions Tu-154M-LK-1 réalisant le programme international "Ciel ouvert" et effectuant des vols de monitorage au-dessus des territoires des Etats signataires de plusieurs accords sur la limitation et le contrôle des armements sont eux aussi dotés d'un appareillage élaboré par le consortium Vega. Plus de 35 pays d'Europe et d'Amérique du Nord, dont les membres de l'Alliance de l'Atlantique Nord, sont impliqués dans ce programme.

    Présentement les spécialistes du consortium créent des équipements pour petits satellites, ils modernisent l'équipement radio-électronique de l'avion de reconnaissance Su-24MR, que l'on dote aussi d'un radar perfectionné à ouverture relative, de l'avion piquet radar A-50 (qui par ailleurs est livré à l'armée de l'air indienne). Ils travaillent aussi sur un radar multifréquentiel pour le monitorage de la Terre, ainsi que sur un système radiotechnique pour l'observation des régions du pays et, entre autres, pour la régulation de la circulation dans les grandes mégalopoles.

    Le directeur général du consortium Vega, Vladimir Verba, a déclaré à RIA Novosti que l'objectif numéro un de l'entreprise était actuellement de créer des systèmes de surveillance et d'information qualitativement nouveaux basés en l'air et dans l'espace. Aussi bien pour les piquets radar A-50 que pour les drones, les aérostats et les dirigeables stratosphériques qui doivent être équipés d'appareillages performants pour neutraliser les terroristes et accroître la précision des moyens de reconnaissance et de frappe.

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