Ecoutez Radio Sputnik
    Opinion

    Youkos : les problèmes demeurent, les investissements augmentent

    Opinion
    URL courte
    0 2 0 0
    MOSCOU. Commentatrice économique de RIA-Novosti Nina Koulikova.

    Le Service fédéral des impôts a autorisé Youkos à procéder à des versements au budget, dans le but de rembourser ses arriérés d'impôt. On prétend que la compagnie pétrolière sera ainsi en mesure de rembourser prochainement ses arriérés pour 2000, estimés à hauteur de 3,4 milliards de dollars. Pour les deux années 2000 et 2001, le total des réclamations fiscales s'élèverait à 7,4 milliards de dollars.

    Mais Youkos a toutes les chances de se voir adresser de nouvelles réclamations. Cette fois-ci, pour 2002 et se montant à plusieurs milliards de dollars. Leur total sera comparable aux dettes accumulées par la société pétrolière vis-à-vis du budget au cours des années précédentes. Résultat, les arriérés d'impôt de Youkos, déduction faite des sommes déjà remboursées, approcheront la barre des 7 milliards de dollars, ce qui correspond approximativement à la capitalisation du groupe.

    Mais le débat entre l'Etat et les actionnaires minoritaires de Youkos se poursuit. La semaine dernière, le Département d'Etat américain a émis des critiques à ce sujet. Des voix mécontentes retentissent de Suède : l'ex-ambassadeur de Stockholm, Sven Hirdman, a fait parvenir, au nom d'investisseurs scandinaves, une lettre au ministère russe du Développement économique et du Commerce. Leurs placements de portefeuille en Russie sont de 3 milliards de dollars environ et, dans leur majorité, ce sont des investissements dans Youkos. Il est dit dans la lettre de l'ex-ambassadeur suédois que les investisseurs se rendent compte de la volonté de l'Etat russe de faire les compagnies - qui ne remplissent pas leurs engagements financiers - payer leurs impôts. Mais ils mettent en doute l'efficacité des mesures prises par les autorités de la Fédération, accusant la justice russe de poursuivre des objectifs autres que la collecte d'impôts. Et, pour les investisseurs suédois, l'unique possibilité de se faire restituer leur argent est de saisir la justice internationale.

    Mais Moscou, malgré les pressions étrangères, s'en tient à sa ligne. Ces derniers temps, beaucoup d'officiels russes ont fait des déclarations au sujet de Youkos. Le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, estime que la situation qui s'est créée autour de la compagnie pétrolière, même si elle ne profite pas à la Russie, est nécessaire pour une "remise en ordre" dans l'économie nationale. "Certes, vaut mieux éviter pareilles situations, mais il faut aussi que tous paient correctement leurs impôts et n'ont pas de démêlés avec la justice", a indiqué le ministre. Guerman Gref a aussi déclaré que toutes les procédures ultérieures liées à Youkos doivent être transparentes et fondées sur les règles du marché. "Autant que je sache, il ne s'agit pas d'une faillite de Youkos", a souligné le ministre.

    Igor Chouvalov, conseiller du président russe, estime qu'en cas de vente forcée des actifs de la société pétrolière, les procédures seront ouvertes et publiques. A son avis, l'Etat est tenu de faire tout pour que le procès dans le cadre de la filiale de Youkos, Iouganskneftegaz, soit "transparent". Le conseiller présidentiel rappelle aussi que la "position de l'Etat envers Youkos reste inchangée".

    Et pourtant, la Russie reste un marché attrayant et offrant de vastes possibilités pour les investisseurs étrangers. Viktor Khristenko, ministre de l'Industrie et de l'Energie, estime que le "cas Youkos" reste sans effet sur l'intérêt que portent les entreprises occidentales pour l'économie russe. En été dernier, le gouvernement fédéral a eu un nombre considérable de contacts avec de grosses sociétés occidentales. D'autre part, à en croire Thomas Donahue, président de la Chambre de commerce de Etats-Unis, le "problème" de Youkos ne gêne en rien les négociations russo-américaines sur l'adhésion de Moscou à l'Organisation mondiale du commerce. "On aurait tort d'estimer que la question d'une seule compagnie puisse constituer un obstacle sérieux à ces négociations", a-t-il déclaré.

    Lire aussi:

    La moitié du monde veut payer moins d’impôts
    Soros et Rockefeller seraient contre la baisse de l’impôt sur la fortune aux États-Unis
    Londres: aucun dumping fiscal après le Brexit?
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik