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    Soirées russes de Roland Petit

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    Une légende de la chorégraphie française, le Parisien Roland Petit, âgé de 80 ans, est monté sur la scène du théâtre Bolchoï de Moscou, les 30 et 31 octobre, pour raconter sa vie, professionnelle et privée. Il a intitulé son récit "Secrets de ballet".

    Une légende de la chorégraphie française, le Parisien Roland Petit, âgé de 80 ans, est monté sur la scène du théâtre Bolchoï de Moscou, les 30 et 31 octobre, pour raconter sa vie, professionnelle et privée. Il a intitulé son récit "Secrets de ballet".

    Sa narration vive était illustrée de fragments de spectacles qu'il avait mis en scène. Les idées du chorégraphe ont été interprétées par Lucia Lacarra, Luigi Bonino, Cyril Pierre, ainsi que par Nikolaï Tsiskaridze et Ilze Liepa.

    Ces deux dernières étoiles sont des danseurs du Bolchoï. Ayant tenu en 2002 leurs rôles dans le ballet de Petit "La Dame de pique", plein d'énergie et de sensualité, sur une musique de Piotr Tchaïkovski, ils ont permis au maître de se voir décerner le prix d'Etat, le plus prestigieux en Russie. Il a été le premier étranger à remporter ce prix. En effet, aucun autre chorégraphe étranger du XXe siècle n'a fait autant pour la danse russe. "Les trois meilleurs théâtres du monde sont l'Opéra de Paris, le théâtre Bolchoï et le Mariinski", estime-t-il. En 1998, Roland Petit a porté sur la scène du Mariinski ses ballets "Le Jeune homme et la Mort" et "Carmen". En 2001, il a mis en scène au Bolchoï un programme de deux ballets, "Passacaille" sur une musique de Anton von Webern et "La Dame de pique", et une année plus tard, le principal théâtre de ballet moscovite l'a vu monter "Notre-Dame de Paris" (la musique était signée Maurice Jarre).

    Roland Petit a également connu les danseurs étoiles soviétiques. Déjà en 1973, il a mis en scène pour Maïa Plissetskaïa, vedette de tempérament fougueux, le ballet "La Rose malade", dont un fragment a été porté sur la scène de Bolchoï sous le nom de "La Mort de la Rose". "C'était admirable : la force, la puissance et bien sûr la technique !", se rappelle le chorégraphe. D'ailleurs, ses expériences sur la scène russe auraient pu commencer bien avant, dans les années 1960, s'il avait réussià montrer à Moscou son baller français "Maïakovski" d'après les vers du grand poète russe. Mais Ekaterina Fourtseva, alors ministre de la Culture, s'opposait catégoriquement à cette expérience.

    L'histoire de la vie de Roland Petit relate celle de la danse mondiale du XXe siècle. Auteur de spectacles incontestablement classiques en France et en Italie, il a aussi mis en scène des comédies musicales à Hollywood, dans la première moitié des années 1950. Sa biographie "russe" s'est avérée une des plus remarquables. Du point de vue du ballet, la Russie est un pays particulier, souligne le chorégraphe : ici, la danse est une sorte de religion.

    Parmi les pédagogues de Roland Petit, on trouve d'anciens danseurs du théâtre Mariinski. Dans son spectacle, le maître a voulu se rappeler tous les Russes avec qui il a travaillé : Mikhaïl Barychnikov, Rudolf Noureev, Ekaterina Maksimova, Vladimir Vassiliev, Maïa Plissetskaïa, Ilze Liepa, Nikolaï Tsiskaridze, Iouri Grigorovitch et d'autres. Roland Petit est un gardien des traditions de la danse classique qui demeure de nos jours un des "labels" de l'art russe. Le chorégraphe qualifie le ballet russe de "légende universelle".

    Le ballet classique n'a qu'un seul problème aujourd'hui : l'absence de chorégraphes, estime le maître. Selon lui, les jeunes se disent : "Oh ! Il est si facile de travailler pour le ballet contemporain ! Il vaut mieux que je m'occupe des danses modernes". Or, il n'y a jamais eu beaucoup de chorégraphes classiques dans l'histoire du ballet : Marius Petipa, George Balanchine, Mikhaïl Fokine ... Des maîtres, il ne reste que Iouri Grigorovitch. "Mais il a déjà le même âge que moi. Où sont les jeunes ?", s'interroge Roland Petit.

    Le secret d'un bon spectacle est la qualité supérieure de toutes ses composantes sans exception : musique, chorégraphie, décors, exécution. Roland Petit a confié ce secret professionnel au public moscovite. Il est aussi important que l'art soit toujours frais, qu'il donne l'impression de nouveauté, précise-t-il tout en se souvenant de l'époque des Ballets russes en Europe, des spectacles d'opéra et de ballet organisés au début du XXe siècle par le mécène russe Serge de Diaghilev. Quels talents travaillaient avec lui : Sergueï Prokofiev, Igor Stravinski ! s'exclame le chorégraphe.

    "Ma vie n'a pas été facile, mais elle a toujours été intéressante, riche en événements et en rencontres avec des gens magnifiques", dit Roland Petit. Après les Russes, il confiera ses secrets professionnels aux Italiens et aux Britanniques.

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