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    Revue de la presse russe du 15 novembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Kommersant

    La Russie propose au Japon de régler les problèmes territoriaux

    Le ministre russe des Affaires étrangères Serguéi Lavrov a proposé en fait au Japon d'accepter deux îles Kouriles du Sud et de mettre ainsi un point au litige territorial qui dure depuis un demi-siècle environ, écrit le quotidien "Kommersant".

    Il a déclaré hier que Moscou reconnaissait la déclaration soviéto-japonaise de 1956 (qui prévoit la transmission des îles Chikotan et Habomai) et était prêt à s'y conformer à condition de conclure un traité de paix. "En tant qu'Etat successeur nous reconnaissons cette déclaration mais sa réalisation demande qu'il y ait un dialogue", a dit le ministre.

    Il est significatif que la Russie ait sensiblement intensifié depuis ces derniers temps ses efforts pour résoudre les problèmes territoriaux avec ses voisins géographiques. Le dernier exemple a été fourni par le règlement avec la Chine du litige autour des îles des rivières fontralières (les îles Bolchoï et Tarabarov (désertes) et la partie inhabitée de la Grande Ile d'Oussouri, appartenant jusqu'ici à la Russie, ont été rattachées à la Chine). Tout porte à croire que dans le dialogue avec le Japon la Russie propose de procéder selon les mêmes méthodes qui ont été utilisées pour démarquer la frontière avec la Chine : les deux parties renoncent aux positions extrêmes et partagent les terres litigieuses sur la base d'un compromis.

    Certes, Tokyo n'acceptera pas de conclure un traité de paix selon la formule de 1956 mais l'entente intervenue entre Moscou et Pékin a impressionné fortement les dirigeants japonais. Les experts de Tokyo parlent maintenant eux aussi de l'hypothèse d'un compromis. Leur logique est à peu près suivante : la Russie est prête à céder Chikotan et Habomai après la signature d'un traité de Paix ; le Japon veut aussi Itouroup et Kounachir ; donc, un compromis ne serait possible que selon la formule : "Chikotan, Habomaï, plus ...".

    Il est douteux que les propos de Serguéi Lavrov puissent faire aboutir les négociations. Mais, en les analysant plus attentivement, on peut arriver à cette conclusion : le ministre n'a pas dit que Moscou avait l'intention d'insister avec fermeté sur les conditions de 1956. Cela veut dire qu'il envoie la balle dans le camp du partenaire pour voir s'il peut faire un pas de réciprocité en direction d'un compromis.

    Nezavissimaïa gazeta

    La dernière visite du président russe en Ukraine vue par des experts

    Le voyage de Vladimir Poutine en Ukraine la fin de la semaine dernière a été l'une de ses visites les plus étranges de ces temps derniers, souligne le quotidien "Nezavissimaïa gazeta".

    Les actions publiques - la rencontre des chefs des deux Etats dans le port Kavkaz, la traversée du détroit de Kertch dans un car-ferry et la visite du camp de jeunes pionniers Artek - se sont déroulées sans le premier ministre en exercice et candidat à la présidence soutenu par Moscou, Viktor Ianoukovitch, qui a cependant assisté à la cérémonie de signature de l'accord sur la remise en service du ferry-boat.

    Commentant la visite du président russe en Ukraine les experts russes s'accordent pour dire que Moscou mise toujours sur la victoire de Ianoukovitch.

    Gleb Pavlovski, conseiller du chef de l'administration du Kremlin et l'un des principaux idéologues de l'équipe électorale du premier ministre ukrainien, souligne que la position de la Russie à l'égard de Ianoukovitch reste inchangée : "Pour autant que je la comprenne, elle est même devenue plus concrète".

    Le directeur de l'Institut des études politiques, Serguéi Markov, qui apporte son assistance au même candidat, reconnaît, lui, que la tactique de Moscou a un peu changé. "L'électeur ukrainien est rassasié du soutien de la Russie", a-t-il déclaré pour expliquer l'absence pratique de démarche publicitaire au cours du dernier voyage du président en Ukraine. De l'avis de Markov, Poutine"avait à examiner avec Koutchma tous les scénarios possibles de développement des événements : la victoire de Ianoukovitch avec un faible écart, les manifestations massives qui pourraient suivre, le chaos et, enfin, la victoire de Iouchtchenko". Le Kremlin semble être préparé aussi à cette dernière éventualité, à juger par les déclarations des politologues. Si c'est Iouchtchenko qui remporte les élections, il faudra "entrer en négociations et s'entendre pour que les russophobes invétérés n'obtiennent pas de postes d'importance. Il doit finalement y avoir d'honnêtes gens dans son équipe".

    Les commentaires d'autres experts ne diffèrent pas beaucoup. "La position de la Russie à l'égard de Ianoukovitch est sans équivoque mais les résultats du scrutin ne le sont pas", fait remarquer le directeur de la fondation Politika, Viatcheslav Nikonov.

    Novye izvestia

    Le nombre de scissionnistes au sein du parti "Russie unie" s'accroît

    Le président du Tatarstan Mintimer Chaïmiev, coprésident du parti "Russie unie", a critiqué samedi la Douma (chambre basse du parlement russe) et les dirigeants de ce parti pour l'adoption en première lecture de la loi sur le nouveau mode d'élection des dirigeants régionaux. "Comment la Douma où le parti "Russie unie" est majoritaire, peut-elle adopter la décision sur la dissolution du parlement républicain constitué de membres de "Russie unie", a-t-il déclaré ayant en vue la majorité des membres de ce parti au parlement du Tatarstan.

    Mentimer Chaïmiev n'est pas l'unique membre haut placé du parti "Russie unie" à s'opposer au Kremlin, écrivent les "Novye izvestia". Dans le fief du président du Bachkortostan Mourtaza Rakhimov, membre du Conseil supérieur du parti "Russie unie", les députés se sont également prononcés contre certaines dispositions du projet de loi adopté par la Douma.

    Les députés à la Douma de Moscou n'ont pas soutenu toutes les dispositions de l'initiative du président. De même que leurs collègues du Tatarstan, il s'agit notamment de la disposition sur la dissolution du parlement régional s'il n'approuve pas la candidature proposée par le président. On sait que le maire de la capitale Youri Loujkov, coprésident du Conseil supérieur du parti "Russie unie", a fait des remarques analogues.

    Il est à remarquer que les trois hommes avaient dirigé, à un moment donné, le mouvement "Toute la Russie est notre Patrie" qui était le concurrent principal du parti "Edinstvo" ("Unité"), parti du Kremlin. Après avoir échoué aux élections, "Patrie" a fusionné avec un nouveau parti du pouvoir, mais, probablement, pas assez étroitement.

    Le politologue Alexandre Douguine, membre du Mouvement euro-asiatique international, a rappelé que les membres du parti "Russie unie" n'avaient qu'un point commun: l'appartenance à la nomenclature, alors que les intérêts des représentants concrets de la nomenclature sont parfois très différents. Selon lui, l'idée de nommer les dirigeants des entités de la Fédération soutenue par "Russie unie" met, en fait, une croix sur la souveraineté des entités comme le Tatarstan ou le Bachkortostan. Cette perspective n'arrange pas la nomenclature régionale qui appartient au parti "Russie unie".

    Nezavissimaia gazeta

    L'intervention militaire de la Russie en Abkhazie, est-elle possible?

    Le 13 novembre, un représentant du ministère de la Sécurité d'Etat de Géorgie a déclaré que le contingent russe se retire du district de Gali pour s'installer à Soukhoumi (capitale de l'Abkhazie, république autoproclamée sur le territoire de la Géorgie). Les blindés du contingent de paix se sont dirigés vers Soukhoumi non pas en colonne, mais l'un après l'autre, probablement, pour ne pas soulever un tapage superflu. Les responsables du contingent de paix russe l'ont expliqué par la nécessité d'assurer la sécurité d'une maison de cure à Soukhoumi où se trouvent des militaires russes. C'est notamment la raison pour laquelle y ont été envoyés deux véhicules blindés.

    Comme l'a déclaré au quotidien "Nezavissimaia gazeta" l'expert militaire Irakli Aladachvili, les soldats de la

    paix ont bloqué les entrées à Soukhoumi. "La situation s'aggrave par le fait que la population de la république autonome détient un grand nombre d'armes.Elle peut devenir incontrôlable à tout instant".

    Le colonel Anatoli Tsyganok, chef du centre de prévisions militaires de l'Institut d'analyse politique et militaire, estime que "l'information sur le mouvement des troupes russes vers les frontières de la Géorgie est apparue pour prévenir l'évolution négative de l'opposition entre les deux candidats à la présidence".

    Mais l'expert militaire n'exclut pas que des unités militaires russes puissent être effectivement envoyées en Abkhazie. A son avis, si cette décision est prise, elles peuvent avancer le long du littoral de la mer Noire. Anatoli Tsyganok estime qu'il s'agit probablement d'une des quatre divisions des troupes de l'Intérieur stationnées aujourd'hui sur le territoire de la Région militaire du Caucase du Nord.

    Cependant, la république non reconnue est au bord d'une guerre civile. Après l'occupation de l'ensemble des bâtiments gouvernementaux par les partisans du candidat à la présidence Serguei Bagapcha, les autorités ont qualifié vendredi leurs actions de tentative de coup d'Etat et ont ordonné de mettre les troupes en état d'alerte.

    Vedomosti

    Les compagnies pétrolières réduisent la prospection

    Les compagnies pétrolières russes s'intéressent moins aux gisements non prospectés et ne prospectent pas de nouveaux puits. Au cours des neuf premiers mois de l'année, elles ont réduit le forage d'exploration de 4,7 % par rapport à la même période de l'année dernière. La réduction totale de l'exploitation a constitué 3,4 %, indique le journal "Vedomosti".

    YOUKOS a réduit le forage de 32 %. Alexandre Chadrine, chef du service de presse de la compagnie l'explique par le fait que les comptes des filiales sont bloqués et l'argent manque pour payer les sous-traitants.

    LOUKOIL ne connaît pas de problèmes de ce genre, mais a réduit considérablement le forage: de 8% le forage d'exploitation et 27 %, celui d'exploration. Même "Sourgoutneftegaz", championne de la prospection (la part de cette compagnie dans les travaux de prospection est de 30 % à 40 %) a réduit le forage d'exploration de 9%. Seule la compagnie TNK-BP a accru le forage d'exploitation de 28% pour tripler le forage d'exploration, fait savoir le quotidien "Vedomosti".

    "Forer beaucoup ne veut pas dire bien forer", estime Guennadi Krassovski, représentant de LOUKOIL. Selon lui, auparavant, lorsqu'il y avait des prélèvements pour le rétablissement de la base des ressources minérales, la compagnie devait les dépenser là où il y a des exploitations pétrolières, c'est-à-dire en Sibérie occidentale. A présent, a dit l'expert, l'entreprise a le droit d'investir dans la prospection géologique n'importe où et accorde la préférence aux régions où un mètre de prospection assure 6000 à 7000 tonnes d'accroissement des ressources, contre 200 à 400 tonnes en Sibérie.

    Les hauts prix mondiaux du pétrole sont l'une des raisons pour lesquelles les compagnies pétrolières perdent l'intérêt pour la prospection, estime le ministère de l'Energie. Les compagnies concentrent leurs efforts sur l'extraction et l'exportation au lieu d'augmenter leurs ressources. L'imperfection de la législation sur l'imposition et l'utilisation des ressources naturelles est une autre raison.

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