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    Revue de la presse russe du 19 novembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Vrémia novostéi

    Poutine veut faire revenir les gouverneurs au Conseil de la Fédération

    Dans l'interview accordée hier à plusieurs chaînes de télévision russes Vladimir Poutine s'est prononcé en faveur d'une nouvelle réforme parlementaire qui implique le retour des gouverneurs et des chefs des parlements régionaux au Conseil de la Fédération, chambre haute du parlement russe. Le président propose de les faire revenir pour qu'ils s'occupent des "tâches d'importance nationale" et organisent le travail quotidien de cet organe législatif "sur une base permanente et professionnelle". On ignore à ce jour si en Conseil de la Fédération on verra maintenant siéger alternativement les gouverneurs régionaux et leurs mandataires, comme cela se fait aujourd'hui.

    Le président de la Fondation "Expertiza", Mark Ournov, a avoué dans une interview au quotidien "Vrémia novostéi" qu'il n'a pas tout à fait compris la nouvelle initiative. "D'une part, le chef de l'Etat dit qu'il est nécessaire de faire revenir les gouverneurs au Conseil de la Fédération, mais d'autre part, il affirme que le travail dans la chambre haute doit être mené sur une base permanente et professionnelle, c'est-à-dire que les représentants mandatés des gouverneurs doivent rester au Conseil. Je ne vois pas bien à quoi cela rime", a-t-il déclaré.

    Mark Ournov a attiré l'attention sur le fait que, conformément à la réforme proposée du pouvoir d'Etat, les gouverneurs régionaux pourront revenir au Conseil de la Fédération. Mais ce seront en fait les gouverneurs nommés par le président. "On peut argumenter cela de juré mais de facto ce sera une infraction au principe de la division du pouvoir et une violation du système des contrepoids. Comme le pouvoir exécutif contrôle d'une façon ou d'une autre le processus de nomination des gouverneurs et comme les gouverneurs se retrouvent cooptés dans l'organe législatif supérieur, le rapport des forces s'établit, premièrement, à l'avantage de l'exécutif et, deuxièmement, au profit du pouvoir fédéral. Les forces continuent à se concentrer entre les mains du Kremlin", a-t-il expliqué.

    Le président de l'Institut des évaluations stratégiques, Alexandre Konovalov, a fait remarquer au sujet de l'initiative présidentielle que la présence des gouverneurs et des présidents des parlements régionaux au Conseil de la Fédération est un fait positif. "C'est beaucoup mieux qu'en cas des gens qui n'ont jamais vu la région qu'ils représentent au Conseil de la Fédération". Cependant, "ce serait une absurdité si des hommes nommés par le chef de l'Etat représentaient la majeure partie du Conseil de la Fédération", a ajouté l'expert.

    Nezavissimaïa gazeta

    Quels sont les nouveaux missiles nucléaires russes ?

    Lors de la réunion des cadres dirigeants des forces armées russes du 17 novembre le président Vladimir Poutine a annoncé des essais de nouveaux systèmes d'armes nucléaires qui s'étaient déroulés avec succès. Ces systèmes "seront livrés prochainement à l'armée... Ce sont des systèmes qui n'existent pas et n'existeront pas à courte échéance chez les autres puissances nucléaires". Le quotidien "Nezavissimaïa gazeta" a entrepris de faire la clarté sur ce qu'a dit le président.

    Il est fort possible qu'il s'agisse du missile à lancement maritime Boulava, projet 995, estiment les experts. Cette arme balistique est équipée de dix ogives indépendantes et a une portée à 8 000 km. Ces données figurent dans le cahier des charges. Mais les travaux sur cet engin sont en cours depuis 1986 (projet Bark rebaptisé Boulava en 1998) sans qu'on en voie les résultats. Il y a eu en 2004 un essai qui consistait à tirer une maquette de taille réduite depuis un sous-marin. Et ce n'était pas une maquette de fusée mais celle de charge destinée à propulser le missile de son silo sous-marin. Il n'existe encore aucun échantillon expérimental de missile, ni de système de commande.

    Parmi les systèmesterrestres, poursuit le journal, il n'y a qu'un engin nouveau, Iskander-M, livré depuis récemment à l'armée. Il possède des qualités inédites : il est pratiquement invisible au radar, manœuvrier, très précis et file à trois Mach, ce qui lui permet de franchir n'importe quelle défense antimissile contemporaine. Mais Iskander-M est une arme de théâtre et ne porte qu'à 280 km seulement. Il ne présente donc aucun menace pour les "autres puissances nucléaires".

    D'autre part, il est impossible de créer une nouvelle arme nucléaire sans l'essayer. Notre pays n'en a pas fait depuis 1990. "Il est impossible de connaître le mécanisme d'une explosion nucléaire sans monter de nombreuses expériences. L'affirmation très répandue qu'avec les méthodes de calcul les plus modernes il est possible de construire une ogive nucléaire parfaite est absolument fausse. Plus une installation physique est sophistiquée et plus les expériences doivent être nombreuses", a expliqué au journal l'académicien Boris Livtinov, constructeur en chef d'armes nucléaires et thermonucléaires à l'Institut de la physique technique.

    Vedomosti/Kommersant

    Fitch tient la Russie pour un emprunteur fiable

    Hier, un an après Moody's, l'agence de notation internationale Fitch a rehaussé d'un cran la note souveraine de la Russie en la portant à la note d'investissement BBB-.

    L'agence a notamment modifié son attitude envers l'"affaire Ioukos". Elle estime que c'est un cas isolé, comme l'a promis le président Poutine, et non pas un signal d'attaque contre le secteur privé.

    Cette décision ouvre la porte aux investissements à long terme plutôt qu'à l'argent spéculatif, comme cela a été jusqu'à présent le cas, a dit au quotidien "Vedomosti" le président du groupe d'investissement Troïka Dialogue, Rouben Vardanian. "Cela ne m'étonnerait pas de voir des titres russes passer dans le portefeuille d'un fonds de retraites des enseignants de l'Etat d'Ohio. La Russie doit s'attendre à une affluence sérieuse de capitaux, de plusieurs dizaines de milliards de dollars, capable d'augmenter de plusieurs fois la capitalisation des sociétés russes", a-t-il estimé.

    Des investissements nouveaux qui seront décidés en raison de la nouvelle note que Fitch a accordée à la Russie viendront dans le pays avant le Jour de l'An, soutient le directeur du service analytique de Renaissance Capital, Alexéi Moïsseïev. "De nombreux investisseurs clôturent leur exercice le 1er décembre et revoient la structure de leurs investissements en portefeuille à peu près à la même époque", a-t-il fit remarquer.

    Fitch n'a pas ouvert la porte de la Russie qu'aux investissements en portefeuille. La demande d'actifs russes est en hausse. L'élévation de la note permettra aussi aux sociétés russes d'attirer des ressources à long terme et à meilleur marché pour réaliser leurs projets d'investissement, affirment les experts.

    L'afflux d'investissements ne manque pas de renforcer le rouble, préviennent-ils. Il est donc fort peu probable que le gouvernement pourra maintenir son cours au niveau déclaré : 28,6 à 29 roubles pour 1 dollar US.

    Ainsi que l'a expliqué au quotidien "Kommersant" la directrice de Fitch Ratings à Moscou, Natasha Page, parmi les principaux changements survenus depuis ces six derniers mois, elle a mis en relief la hausse des cours du pétrole qui a dépassé toutes les attentes. Il en a résulté une croissance rapide des réserves de change et des fonds de réserve. Cependant, "la note d'investissement ne signifie pas que le climat est devenu plus favorable aux affaires en Russie", a-t-elle déclaré. Au fond, la note attribuée par Fitch ne constate qu'un fait : la capacité de la Russie à régler ponctuellement ses dettes.

    Finansovye izvestia

    L'Italie confirme l'intérêt manifesté par Eni pour les actifs de YOUKOS

    Le ministère italien de l'Industrie a confirmé jeudi l'intérêt manifesté par la compagnie Eni pour l'achat des actifs de YOUKOS.

    Comme l'a fait savoir Sergio Garriba, directeur chargé de l'Energie au ministère de l'Industrie, le gouvernement russe a déjà inscrit sur la liste des acheteurs potentiels les corporations industrielles italiennes, y compris la compagnie pétrolière Eni, lit-on dans les "Finansovye izvestia".

    Les dirigeants russes examinent diverses variantes du sort de YOUKOS qui prévoient, entre autres, la division de ses actifs, a déclaré Sergio Garriba après sa rencontre avec les représentants du ministère du Développement économique de la Fédération de Russie. Selon lui, ces derniers "préfèrent diversifier les partenaires et ont déterminé les pays amis". Les compagnies italiennes y figurent.

    Les sources au ministère du Développement économique ont démenti l'affirmation, selon laquelle des pourparlers auraient eu lieu avec la délégation italienne. Le ministre Guerman Gref n'a pas été disponible pour recevoir les Italiens mais la proposition d'examiner toutes les questions avec son adjoint, Andrei Charonov, a été déclinée par la délégation italienne.

    D'ailleurs, les experts n'excluent pas que des pourparlers soient menés avec des groupes étrangers. Les analystes sont perplexes, car les sources d'informations étrangères font des déclarations contradictoires, alors que les autorités officielles ne soufflent mot à propos de YOUKOS. Selon Youri Pavlov, directeur des investissements en portefeuille de la compagnie d'investissement "Welles-Capital", à présent, la question est de savoir quelles garanties seront données par les autorités russes aux acheteurs occidentaux d'actifs de YOUKOS.

    Vedomosti

    Le passeport biométrique de Larry Ellison sera produit par deux étudiants de l'Université technique russe

    MOSCOU, 19 novembre - RIA Novosti. Larry Ellison, PDG d'Oracle (avec la fortune de 18,7 milliards de dollars, il est classé 12e sur la liste des gens les plus riches du monde publiée par le magazine Forbes) est devenu copropriétaire de la société A4Vision fondée par deux étudiants russes. Cet homme d'affaires a déjà investi 4,8 millions de dollars dans le capital de la compagnie en puisant dans les fonds-intermédiaires.

    En 2000, les étudiants de l'Université technique Baouman de Moscou, Artiom Youkhine et Andrei Klimov, ont créé un scanner qui permet d'obtenir une copie numérique de n'importe quelle surface tridimensionnelle, y compris le visage d'un homme. Cette technologie convient pour identifier la personnalité. A la différence de la dactyloscopie ou de l'enregistrement de l'iris, la "scanographie" du visage peut être effectuée à l'insu de l'homme, ce qui est surtout nécessaire à la police et aux services de sécurité.

    La majeure partie de l'argent sera investi dans la production de passeports biométriques. A partir de la fin de 2005, les Etats-Unis et l'Union européenne émettent les passeports biométriques. A partir de 2006, ces passeports seront délivrés en Russie à ceux qui se rendent à l'étranger. "Ce marché connaîtra un boom", fait remarquer Vladimir Berstein, directeur chargé des investissements à la fondation de capital risque "Technologies russes".

    Il se peut que l'argent investi par Larry Ellison permette à A4Vision de devenir l'un des principaux intervenants sur le marché des technologies biométriques. La présence dans le capital de la société d'un actionnaire minoritaire comme Larry Ellison pourrait accroître son coût de mille fois, disent les participants au marché des technologies de l'information.

    La participation de Larry Ellison dans le capital de A4Vision témoigne du changement du monde, a fait remarquer Leonid Bogouslavski, président du conseil des directeurs de ru-Net Holdings. A l'époque soviétique, il avait dit que les technologies d'Oracle ne seraient importées en Russie que sur les têtes de missiles balistiques".

    En 2003, le chiffre d'affaires de A4Vision qui vend ses programmes "biométriques" et scanners s'est approché d'un million de dollars.

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