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    Revue de la presse russe du 22 novembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    Poutine n'a pas entendu les préoccupations de Bush

    Le sommet de l'APEC a achevé hier ses travaux à Santiago où Vladimir Poutine s'est entretenu pendant une quarantaine de minutes au niveau bilatéral avec son homologue américain Bush.

    Après l'entretien, Poutine a appris que Bush "lui a fait savoir ses préoccupations au sujet d'une centralisation excessive du pouvoir" en Russie, écrit le quotidien "Nezavissimaïa gazeta". De toute façon, c'est en ces termes qu'un membre haut placé de la délégation américaine réclamant l'anonymat a présenté aux journalistes la teneur de la rencontre.

    "Le président des Etats-Unis a fait remarquer que nous trouvons préoccupant le problème de l'équilibre entre les différentes branches du pouvoir et la centralisation du pouvoir en Russie et a demandé à Poutine d'expliquer ce qui se passe et pourquoi de telles mesures sont prises en Russie. Poutine a déclaré en réponse qu'il tentait de créer un régime démocratique compte tenu de l'histoire russe et des problèmes spécifiques auxquels est confrontée la Russie, pays multinational couvrant un territoire immense", a-t-il dit.

    Il est significatif que ces propos divergent avec l'impression laissée par l'entretien côté russe. "Aucune préoccupation ne s'est fait entendre. Les présidents ont échangé des informations sur la situation dans nos pays respectifs", a déclaré lors d'une conférence de presse donnée à Santiago le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov.

    Une troisième version des événements semble plus probable : Bush aurait fait savoir à Poutine sa "préoccupation" dans un emballage si doux qu'il a permis à son interlocuteur de ne pas "entendre" ce qu'il a dit. Le tact du leader des Etats-Unis lors du "tête-à-tête" et la dureté de l'interprétation publique de ses propos ont un sens caché : d'une part Bush s'est assuré contre la critique des partisans d'une politique rigide à l'égard de la Russie, mais d'autre part, il a tâché de ne pas nuire à la confiance si importante dans le dialogue avec son collègue russe.

    D'après le représentant de la délégation américaine, des bases ont été jetées pour débattre de cette question ultérieurement. En d'autres termes, il sera possible à l'avenir de varier au besoin la tonalité du dialogue sur les réformes en Russie.

    Novyé izvestia

    Les républiques du Caucase du Nord pourront se réunir

    Le président du parlement de la Tchétchénie, Taous Djabraïlov, a déclaré vendredi qu'il trouvait très utile de réunir les actuelles républiques du Caucase du Nord pour créer un territoire unique avec Vladikavkaz (Ossétie du Nord) pour capitale, annonce le quotidien "Novyé izvestia".

    L'idée n'est pas neuve, elle a déjà été évoquée plus d'une fois, mais après la tragédie de Beslan la déclaration du président du parlement tchétchène a été une surprise. On a du mal à imaginer un tel regroupement aujourd'hui puisque c'est par miracle qu'on a pu éviter la reprise du conflit entre Ossètes et Ingouches.

    De l'avis d'un expert du Centre Carnegie, Alexéi Malachenko, tous les propos en faveur de la réunification des républiques nord-caucasiennes sont suggérés par l'administration du Kremlin.

    Les hommes politiques caucasiens, dont Djabraïlov, se sont fait expliquer par le Kremlin qu'aujourd'hui c'est la meilleure idée et qu'elle sera de toute façon réalisée parce que la politique de l'Etat est orientée vers la mise en place d'un pouvoir vertical et la suppression des petites régions pour en créer de plus vastes, explique l'expert.

    "Mais le public capable d'influer réellement sur la situation dans les régions est contre la création d'une telle entité fédérale agrandie, même s'il ne le dit pas ouvertement", ajoute Alexéi Malachenko.

    A son avis, une pareille mesure n'est pas de nature à résoudre le problème des relations interethniques et les conflits au Caucase du Nord. "L'idée de créer un territoire nord-caucasien avec Vladikavkaz pour capitale n'est pas, à mon avis, productive, ne serait-ce que pour cette simple raison que Vladikavkaz est la capitale de l'unique république nord-caucasienne dont la population est chrétienne dans sa majorité". Si l'idée de l'agrandissement est quand même mise à exécution, cela provoquera le mécontentement des musulmans locaux, déclare avec conviction l'expert.

    Nezavissimaïa gazeta

    Des parlementaires commentent l'idée de faire revenir les gouverneurs régionaux au Conseil de la Fédération

    A la fin de la semaine dernière Vladimir Poutine a déclaré qu'il était possible que les chefs des régions et les présidents des parlements régionaux puissent revenir au Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). Le quotidien "Nezavissimaïa gazeta" a demandé à plusieurs parlementaires russes de commenter cette déclaration.

    Oleg Morozov, vice-président de la Douma ("Russie Unie") : Le président achève sa conception des réformes. Cette réforme comporte quatre éléments : un nouveau mode d'élection des gouverneurs, l'adoption de la représentation proportionnelle, la création d'une chambre sociale et le nouveau principe de formation du Conseil de la Fédération. Les deux premiers éléments ont pour but de renforcer l'influence du centre fédéral sur les processus en cours dans le pays et les deux autres, de consolider la société civile. Le président se rend bien compte que ce ne sera pas le même Conseil de la Fédération qu'il y a quatre ans parce que la moitié des effectifs de cette chambre sera composée de gens qu'il proposera lui-même d'élire et l'autre moitié sera constituée des gens qui les auront élus.

    Dmitri Rogozine, leader du groupe de députés de "Rodina" : Si les gouverneurs sont nommés, il serait plus logique que le Conseil de la Fédération soit élu. C'est le parlement et non pas une représentation des régions. Il faut qu'il soit élu au suffrage direct par les représentants des membres de la Fédération.

    Vladimir Ryjkov, député indépendant : Aujourd'hui, le Conseil de la Fédération n'a pas de contacts avec les régions. Il n'a pas d'autorité politique non plus. Il n'expertise pas les textes législatifs et approuve tout ce que la Douma adopte. Le retour des gouverneurs et des présidents des parlements locaux augmentera l'autorité du Conseil de la Fédération et consolidera l'Etat. Mais cela ne suffit pas. Lorsque le chef de l'Etat commencera à nommer les gouverneurs au Conseil de la Fédération, les membres de la chambre haute seront moins des représentants des régions que ceux du Kremlin, ce qui entre en contradiction avec la Constitution et affaiblit le Conseil de la Fédération.

    Oleg Koulikov, député de la Douma, secrétaire du Comité central du KPRF : Il y a quatre ans le président a renvoyé du Conseil de la Fédération les gouverneurs et les présidents des assemblées législatives indépendants qui pouvaient jouer le rôle de contrepoids et défendre les intérêts des régions. Et voilà que maintenant il y fait revenir des hommes absolument dépendants et accommodants.

    Kommersant

    L'Etat fournit des garanties à l'éventuel acquéreur de la filiale de Ioukos

    L'éventuel acquéreur de Iouganskneftegaz, principale entreprise de production de Ioukos, a déjà obtenu les premières garanties publiques de la reconnaissance par l'Etat du droit de propriété acquise.

    Hier le ministre des Ressources naturelles, Iouri Troutnev, a annoncé, pour sa part, que son ministère insiste toujours sur la suppression des violations des accords de licences commises par cette société mais déclare sa volonté de "s'entendre sur les délais" avec son nouveau propriétaire.

    Ce ministère, rappelle le quotidien "Kommersant", menace de révoquer la licence de Iougansneftegaz dès janvier prochain du fait que la société pétrolière n'a pas acquitté l'impôt sur l'extraction de ressources minérales. "Nous demandons que soit mis fin à ces infractions mais cela ne veut pas dire que le droit de produire des ressources minérales sera immédiatement retiré au nouveau propriétaire. Evidemment, nous devons contacter son représentant pour nous entendre sur le délai pendant lequel il donnera suite à nos remarques", a déclaré M. Troutnev.

    Le nouveau propriétaire de Iouganskneftegaz sera connu à l'issue des enchères prévues pour le 19 décembre (la mise à prix des actions à droit de vote de l'entreprise est fixée à 8,65 milliards de dollars).

    Commentant la décision de vendre Iouganskneftegaz, le conseiller économique du président de la Fédération de Russie, Andréi Illarionov, a dit que c'est un "pillage en plein jour". A son avis, "la société a déclaré qu'elle veut payer ses dettes et elle les paie, c'est pourquoi il n'est pas nécessaire de vendre ses actifs pour couvrir les impayés".

    Le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, a déclaré samedi que les sociétés russes auraient du mal à réunir l'argent nécessaire pour prendre part aux enchères. D'ailleurs, de l'avis des intervenants sur le marché, les acquéreurs les plus probables de Iouganskneftegaz sont Sourgoutneftegaz ou bien Gazprom. Ce dernier devra prendre pour associé le groupe allemand E.ON ou la société italienne ENI.

    Vrémia novostéi

    La Cour suprême accède aux desiderata des médias

    L'année prochaine la presse russe s'armera d'un nouvel outil dans sa lutte contre les fonctionnaires et les hommes d'affaires cherchant à faire payer par les médias le préjudice que ces derniers auraient causé à leur réputation, écrit le quotidien "Vrémia novostéi".

    La Cour suprême de la Fédération de Russie s'apprête à adopter d'ici deux mois une ordonnance et des recommandations pour les juridictions inférieures relatives à la défense de l'honneur et de la dignité. De l'avis des experts qui ont pu étudier les documents, les tribunaux russes, en étudiant les actions en défense de l'honneur et de la dignité respecteront désormais davantage la liberté de parole. "C'est un progrès dans l'application des mesures tendant à assurer la compatibilité de la pratique judiciaire russe avec celle du Tribunal européen des droits de l'homme. Le projet dit notamment que le tribunal ne peut obliger les médias à présenter leurs excuses quand ils publient un démenti", a déclaré le secrétaire de l'Union des journalistes de la Fédération de Russie, Mikhaïl Fedotov.

    L'avocat Konstantin Sklovski attire l'attention sur plusieurs éléments fondamentaux du projet débattu. Premièrement, c'est l'exigence d'infliger une amende à un média pour la diffusion de fait notoirement faux et portant atteinte à la l'honneur et à la dignité et non pas pour l'opinion émise par l'auteur. Deuxièmement, c'est la demande de respecter davantage les intérêts professionnels des médias. "Jusqu'à présent les tribunaux russes sont catégoriques : tout préjudice doit être réparé. Dans le projet de décision de la Cour suprême il est dit qu'il faut évaluer aussi le contexte et l'objectif de la publication, établir si les principes de la liberté de parole ne sont pas négligés. Il est nécessaire de prendre en considération l'intérêt public au nom duquel le journaliste a décidé de diffuser ses informations".

    D'ailleurs, outre des concessions faites à la presse, le projet contient aussi un avertissement adressé aux amateurs de manoeuvres malhonnêtes. Il est précisé par exemple que le droit à la défense est également accordé en cas d'impossibilité d'établir l'identité de la personne qui a diffusé des informations préjudiciables à la réputation de l'intéressé. Cela veut dire que tout média sera obligé de répondre aussi des informations anonymes.

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