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    Revue de la presse russe du 3 décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Gazeta

    Des experts commentent l'objectif de la rencontre Koutchma-Poutine

    Hier le président ukrainien sortant, Leonid Koutchma, est venu rencontrer en toute urgence à Moscou Vladimir Poutine. Des hommes politiques et des experts interrogés par le quotidien "Gazeta" dissertent sur le sens de cette visite.

    Alexéi Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou : Koutchma est venu pour demander conseil, pour décider s'il doit aller jusqu'au bout, c'est-à-dire modifier la Constitution et insister sur une nouvelle élection ou bien accepter un "troisième tour" du scrutin qui s'achèvera par une victoire de Iouchtchenko. Peut-être se demande-t-il s'il ne doit pas s'éclipser pour ne pas être un facteur irritant supplémentaire.

    Alexéi Makarkine, directeur adjoint du Centre des technologies politiques : "Il est douteux que Koutchma soit venu pour s'entendre sur le remplacement de Viktor Ianoukovitch par Serguéi Tiguipko (ancien chef de la banque nationale d'Ukraine ; l'hypothèse de sa candidature à la présidence a vu le jour lorsqu'il a démissionné de son poste de chef de l'équipe électorale de Ianoukovitch). Je pense que l'accord a déjà été obtenu par téléphone. Le problème est ailleurs. L'Occident insiste sur un nouveau vote au seconde tour. Cela veut dire que la victoire de Iouchtchenko est fort probable mais Koutchma ne veut pas qu'il accède au pouvoir. Koutchma mène un fin jeu et propose une nouvelle élection au lieu d'un nouveau vote. Une telle évolution lui serait beaucoup plus profitable. En cas d'une nouvelle élection, il serait possible d'écarter Iouchtchenko et Ianoukovitch et de préparer Tiguipko qui a démissionné de tous ses postes et s'est distancié de Ianoukovitch. Cela permettrait à Koutchma de mener le jeu politique. Aujourd'hui, il n'y a que la Russie qui peut soutenir ses propositions.

    Konstantin Kossatchev, président du comité des affaires internationales de la Douma : La visite de Koutchma est absolument naturelle. L'Ukraine est présente dans tous les projets d'intégration qui ont vu le jour dans l'espace post-soviétique et il est étrange de voir que le rôle principal dans les consultations est tenu par les leaders des organisations européennes dont l'Ukraine n'est pas membre.

    Mark Ournov, président de la fondation Expertiza : Koutchma est venu à Moscou parce qu'il a senti la précarité de sa position. Son projet de maintien du pouvoir s'effondre. Il est venu demander des garanties de sa vie politique future.

    Vrémia novostéi

    Vladimir Poutine entame une visite de trois jours en Inde

    Aujourd'hui les relations russo-indiennes deviennent plus solides, en premier lieu dans le domaine militaro-technique, soulignent les observateurs des deux pays.

    35% des exportations d'armements russes sont destinés à l'Inde. Les contrats passés entre les deux pays se montent à 5 milliards de dollars. Le principe traditionnel "je vends, tu achètes" tend de plus en plus à être remplacé par l'élaboration d'armements en commun. Le premier résultat en est l'entreprise mixte BraMos qui élabore et produit des missiles anti-navires supersoniques, rappelle le quotidien "Vrémia novostéi".

    Bien que le ministre russe de la Défense, Serguéi Ivanov, ait qualifié ce projet de "mort-né" (les missiles ne sont pas exportés comme on se le proposait au début) les deux parties lui ont prêté assez d'attention pour l'empêcher d'échouer. A preuve l'accord de Poutine pour visiter l'entreprise BraMos au cours de son voyage en Inde.

    L'accord en préparation sur la participation de l'Inde à la modernisation du système global de navigation par satellite GLONASS, l'unique concurrent du système américain GPS, promet d'inaugurer une nouvelle époque. La Russie et l'Inde se proposent de créer et de lancer en commun des satellites : il y en aurait 18 vers 2007. GLONASS est nécessaire à l'économie civile pour assurer l'orientation en terrain. La Russie n'exclut pas non plus la possibilité de son utilisation par l'Inde à des fins militaires.

    Aujourd'hui Moscou attend que New Delhi reconnaisse que la Russie est un pays à économie de marché et lui donne son aval pour adhérer à l'Organisation mondiale du commerce. Force est de reconnaître qu'au-delà du domaine militaire les relations économiques bilatérales se développent très lentement. D'après les données des Douanes russes, en 2003 le chiffre d'affaires des échanges commerciaux bilatéraux s'est élevé à 3,3 milliards de dollars seulement alors que celui des échanges entre l'Inde et la Chine a déjà dépassé 10 milliards de dollars. La coopération russo-indienne est principalement illustrée par deux projets énergétiques importants dont on a fait une large publicité : l'Inde a investi 1,7 milliard de dollars dans la production de pétrole à Sakhaline et une centrale nucléaire dont le coût est estimé à 2,6 milliards de dollars est construite au sud de l'Inde avec le concours de la Russie.

    Vedomosti

    Le secteur pétrolier russe a un nouveau leader

    Fin novembre, comte tenu que la moitié de Slavneft lui appartient, TNK-BP s'est adjugé la palme du plus gros producteur de pétrole en Russie. Jusqu'à ces derniers temps la société venait en troisième position, après Lukoil et Ioukos.

    Le 29 novembre (d'après les dernières informations accessibles) sa production journalière s'est avérée la plus élevée dans l'ensemble du secteur. Ce jour-là, la société a extrait 231 900 tonnes de brut et laissé derrière elle Lukoil et Ioukos (avec 231 700 chacun).

    Dans une interview au quotidien "Vedomosti", un porte-parole de TNK-BP a expliqué le succès de sa société par l'emploi de technologies nouvelles et par des investissements importants (1,3 à 1,4 milliard de dollars cette année).

    "Tout porte à croire que TNK-BP est le nouveau leader de la branche", estime un expert de la société d'investissement Aton, Dmitri Loukachov. Lukoil pourrait lui disputer le leadership mais il "se développe plus lentement" : il se propose d'augmenter sa production de 7% cette année alors que TNK-BP projette une croissance de 12% mais en réalité, d'après l'expert, "elle ne sera pas inférieure à 15%". Ioukos ne tardera pas à céder sa place de leader.

    Il n'y a que Gazpromneft qui peut surpasser TNK-BP, après avoir acheté Iouganskneftegaz. Mais même dans ce cas, il ne pourra pas prétendre au rôle de leader pendant les deux ou trois prochaines années, estime un analyste de Troïka-Dialogue, Valeri Nesterov. "La dynamique de croissance de Gazpromneft ne sera pas impressionnante et je doute qu'elle puisse atteindre les 7% (plan adopté par TNK-BP jusqu'en 2007)", a-t-il affirmé. Le changement de propriétaire de Iouganskneftegaz promet des à-coups de fonctionnement : Iouganskneftegaz dépend de Ioukos qui commercialise lui-même sa production en livrant à ses propres raffineries, prévient l'expert.

    TNK-BP a été créé en septembre 2003 en parité par le groupe britannique BP et le consortium Alfa-Group et Access/Renova. La société possède 96% des actions de TNK, 50% des actions de Slavneft, 99% des actions d'ONACO, 82% des actions de SIDANCO, des entreprises gazières Rospan (100%) et "RUSIA Petroleum" (62%) ainsi qu'un réseau de pompes d'essence.

    Nezavissimaia gazeta

    Les conséquences de l'ingérence active de l'Occident dans les affaires intérieures d'autres Etats

    Le désir d'accélérer le développement de la démocratie dans certains pays par une pression extérieure conduit inévitablement à l'abandon de ses principes sur la scène internationale. Un groupe de grands pays s'ingère dans les affaires intérieures des Etats "inférieurs" dans le noble but d'y instaurer les mêmes normes socio-politiques que dans les pays-leaders, écrit Constantin Kossatchev, président du Comité des affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe), dans un article publié dans le quotidien "Nezavissimaia gazeta".

    Cette activité des pays occidentaux découle de l'euphorie suscitée par l'achèvement heureux de l'époque de confrontation Est-Ouest et de la conscience de leur "cause juste". Mais le "vertige du succès" engendre souvent des "exagérations". Par exemple, l'expérience irakienne d'exportation militaire de la démocratie était - selon les analogues soviétiques - une sorte de "trotskisme libéral" dans le processus global de démocratisation. C'est pourquoi, prévoyant les problèmes évidents du règlement irakien et des rapports avec le monde arabe, les pays européens ont jugé raisonnable de sacrifier partiellement les bons rapports avec leur partenaire principal, pour ne pas reconnaître ces actions comme un précédent normatif.

    En ce qui concerne la présidentielle ukrainienne, la question de l'adhésion prochaine du pays aux structures euro-atlantiques ne se pose pas: Romano Prodi, président de la Commission européenne, a récemment laissé entendre clairement qu'il ne voyait pas de perspectives dans l'UE pour l'Ukraine. Cependant, Benita Ferro-Waldner, nouvelle Commissaire de l'Union européenne chargée des relations extérieures, a fait une remarque très significative, en promettant "d'empêcher les pays comme l'Ukraine de revenir dans la sphère d'influence de Moscou". La situation a été rendue pré-révolutionnaire dans ce pays non pas au nom de l'Ukraine, mais contre la Russie. Cette approche sacrifie la démocratie à l'"objectif numéro 1".

    Au lieu du rôle de participante à ce processus en raison de sa situation géographique, on impose à la Russie une mission d'épouvantail, ses intérêts stratégiques dans la région sont sciemment présentés comme des ambitions impériales.

    En fait, l'alternative "la Russie ou l'Occident" joue un rôle très négatif pour les Etats postsoviétiques, car, faisant les jeux géopolitiques d'autrui, elle place leurs sociétés au bord de la scission et les contraint à renoncer aux avantages de la coopération dans les deux sens.

    Novye izvestia

    L'imitation des soldes en Russie avant les fêtes

    Si, en Europe et aux Etats-Unis, les produits sont vendus avant Noël deux ou trois fois moins cher, en Russie, les ventes avant le Nouvel An sont une sorte de tactique publicitaire ayant pour but d'attirer les clients et, en fait, une tromperie pure et simple, lit-on dans les "Novye izvestia".

    En règle générale, les ventes avant le Nouvel An commencent non pas avant, mais après la fête de Noël. La plupart des chaînes de magasins annoncent les rabais de 90 % pour leurs produits, mais, en réalité, ils proposent une petite quantité d'invendus: des produits et des services dont personne n'a besoin.

    Si l'on vend une nouvelle collection, le rabais ne dépasse pas 15 à 20 % et constitue rarement 30 %. Les propriétaires de petits magasins privés préfèrent ignorer les soldes.

    Seuls les grandes chaînes de magasins se permettent de véritables soldes. Alors, ces actions acquièrent vraiment un caractère massif, "populaire". Certaines compagnies - en règle générale, importantes - encouragent leurs clients par des rabais saisonniers dits "sommaires": plus la somme des produits achetés est grande, plus le rabais est élevé. Certaines chaînes de magasins proposent à leurs clients un petit rabais permanent.

    Il y a aussi l'imitation des ventes en solde avant les fêtes. La plupart des magasins d'appareils électroniques se spécialisent dans les actions de ce genre basées sur la réduction du prix des produits sous des formes différentes: un rabais, un prix spécial, un cadeau, un coupon stimulant de nouveaux achats.

    Il y a aussi des rabais avec prépaiement: des comptes "de capitalisation".

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