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    Aérospatiale russe: une restructuration s'impose

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    MOSCOU, 7 décembre (par Andreï Kisliakov, commentateur politique de RIA Novosti). L'agrandissement des entreprises aérospatiales est au centre de la réforme du secteur prévue par le programme spatial russe pour 2006-2015. Le gouvernement russe se penchera sur le programme à la fin de l'année.

    L'industrie spatiale russe compte 112 entreprises dont 31 usines, 66 centres de recherche et bureaux d'études et 15 autres organisations, selon le directeur de l'Agence fédérale spatiale russe (Roskosmos) Anatoli Perminov.

    Mais ce nombre assez limité d'entreprises doit aussi être optimisé, à son avis. Le Conseil scientifique et technique a noté au cours d'une réunion tenue à l'automne dernier que les consortiums et les holdings étaient mieux gérés que les entreprises isolées. Dans le même temps, les membres du Conseil ont estimé que les structures hautement indépendantes seront également plus efficaces sur le plan économique: "Les entreprises géreront mieux leurs fonds et ne les gaspilleront pas", a relevé M.Perminov. La création des holdings "augmentera la compétitivité de l'industrie spatiale russe sur le marché mondial et permettra d'attirer des investissements russes et étrangers".

    Le Centre de production et de recherche spatiale Khrounitchev est un bon exemple d'agrandissement qui a rendu le fonctionnement des entreprises plus efficace.

    En 1994, le bureau d'études "Saliout" a fusionné avec l'usine des fusées Khrounitchev pour former un centre unique de même nom qui s'occupe de la conception et de la production des engins spatiaux. Le Centre a ensuite avalé l'Institut des systèmes spatiaux de Ioubileïny et le bureau d'études "Armatoura" de Kovrov.

    A présent, le Centre assure le fonctionnement de l'ensemble du système des lancements, notamment la conception, la production et l'exploitation des lanceurs, des satellites et de l'infrastructure terrestre. L'indépendance économique lui permet d'effectuer tous les travaux requis par le contrat russo-indien qui prévoit le développement, la production et la livraison d'un moteur cryogénique pour le troisième étage du nouveau lanceur indien GSLV.

    Cette coopération revêt une importance particulière en prévision de la production et de la mise en orbite des satellites de navigation russes GLONASS par les fusées-porteuses russes et indiennes. Une entente appropriée est intervenue au cours de la visite officielle du président russe Vladimir Poutine en Inde qui a commencé le 3 décembre dernier. La production des moteurs spatiaux, l'un des meilleurs secteurs de l'industrie spatiale nationale, sera également confiée à une seule structure.

    Le groupe de recherche et de production "Energomach", qui fabrique les moteurs RD-180 pour les premiers étages des lanceurs américains "Atlas", servira de base pour un nouveau holding puissant qui fera son apparition dans six mois. "Roskosmos" compte y réunir plusieurs entreprises fédérales dont l'Usine mécanique de Voronej, le bureau d'études des automates chimiques de Voronej, le bureau d'études "Fakel" de Kaliningrad, l'entreprise "Ekho" de Moscou, etc.

    Mais à la différence du ministère soviétique des Constructions mécaniques, "Roskosmos" n'est pas un dictateur dans l'industrie spatiale. L'Agence joue le rôle de garant d'État dans la réalisation des grands projets commerciaux, par exemple du projet "Sea Launch". Elle assure également les exportations et les importations des produits faisant l'objet d'un contrôle spécial, notamment des moteurs RD-180. L'Agence s'occupe des formalités douanières. Certains éléments de la sonde européenne "Mars Express" lancée depuis le cosmodrome de Baïkonour, ont traversé les frontières une dizaine de fois. Il faut savoir gérer de telles livraisons.

    Il est probable que la restructuration du secteur spatial russe sera le domaine principal de l'intégration des entreprises spatiales dans le cadre de l'espace économique unique Russie-Ukraine-Kazakhstan-Biélorussie. Pour le moment, ce n'est qu'une idée, mais les dirigeants des quatre pays l'ont appuyée au cours d'une rencontre à Astana à la mi-septembre. La réalisation d'une telle idée entraînera la création d'un groupe spatial avec un programme unique et les parties pourront de nouveau profiter pleinement des possibilités du secteur jadis monolithique.

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