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    La Russie pour la concurrence loyale sur la scène internationale

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    Ces jours-ci, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OSCE se sont réunis à Sofia. Beaucoup étaient ceux qui croyaient que cette rencontre se déroulerait dans un climat de tensions. Mais, il est devenu clair que la réalité a dépassé, et de loin, toutes les attentes après les interventions des chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Colin Powell.

    Ces jours-ci, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OSCE se sont réunis à Sofia. Beaucoup étaient ceux qui croyaient que cette rencontre se déroulerait dans un climat de tensions. Mais, il est devenu clair que la réalité a dépassé, et de loin, toutes les attentes après les interventions des chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Colin Powell.

    En fait, nous étions témoins d'une collision entre deux positions fondamentalement opposées en ce qui concerne les priorités de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Sergueï Lavrov a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer la composante de base de cette organisation, celle de la sécurité, et a mis en cause l'efficacité du volet consistant le suivi des élections. Par contre, Colin Powell s'est félicité des activités de l'organisation dans cet axe justement et a même appelé les pays membres à présenter des ressources supplémentaires pour élargir le groupe des observateurs de l'Organisation en Ukraine.

    Mais la liste des désaccords ne s'arrête pas là. Ainsi, la Russie, à côté de l'Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan, a ratifié l'Accord sur l'adaptation du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), remplissant ainsi les engagements qu'elle avait pris au sommet d'Istanbul en 1999. Prenant la parole au Conseil des ministres des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a appelé les partenaires européens à suivre l'exemple de la Russie.

    De nouveau, "nous proposons de réfléchir sur l'adaptation aux nouvelles conditions du document de Vienne de 1999 sur les mesures de confiance", a-t-il dit. De l'avis du chef de la diplomatie russe, cela servira "la cause du renforcement de la stabilité et de la sécurité dans l'espace euratlantique et de l'amélioration de la confiance entre les Etats-membres".

    Mais les Etats-Unis, par la bouche de leur secrétaire d'Etat, insistent toujours sur le lien qui existerait entre le retrait des unités et de bases militaires russes de Moldavie et de Géorgie et la ratification de cet accord.

    Rappelons que les accords d'Istanbul sur le retrait des unités et des bases russes de Moldavie et de Géorgie sont des engagements bilatéraux et bénévoles de la Russie. Devant les pays tiers, la Russie n'assume pas la responsabilité pour leur exécution. Mais Moscou n'y renonce pas. Alors que la déclaration sur un lien direct qui existerait entre l'exécution de ces accords et la ratification, par certains pays, de l'Accord sur l'adaptation du FCE est perçue, à Moscou, comme un chantage politique.

    Certes, aucune différence d'avis en ce qui concerne les priorités d'une organisation régionale - celle qui perd, à une vitesse vertigineuse, son prestige - ne saura expliquer la polarité des positions de la Russie et des Etats-Unis à Sofia. Mais les commentateurs ne se rappellent pas de telles tensions depuis la fin de la "guerre froide".

    En fait, le problème réside dans l'entrecroisement des intérêts stratégiques de la Russie et des Etats-Unis dans l'espace post-soviétique. Circonstance qui met des deux côtés d'une barrière les pays qui ont toujours recherché une coopération et un rapprochement depuis la fin de l'URSS. Ou bien cette aspiration était unilatérale ? Car, faisant une concession après l'autre à ses partenaires - unification de l'Allemagne, adhésion de pays membres du traité de Varsovie à l'OTAN, entrée des pays baltes dans l'Union européenne, déploiement de bases américaines et de l'OTAN le long de ses frontières - la Russie, tout compte fait, n'a rien obtenu en échange, si ce n'est un écrasant fardeau de la dette.

    Mais l'époque de "l'idéalisme irresponsable" de la période gorbatchevienne est révolue depuis longtemps dans l'histoire russe et la fin de la crise économique a permis à Moscou de défendre encore plus énergiquement ses intérêts vitaux sur la scène internationale. Notamment, dans l'espace post-soviétique.

    Ce comportement de la Russie - beaucoup sont ceux qui étaient prêts à l'"enterrer" déjà - n'a pas fait le jeu de tout le monde. Regardez avec quelle véhémence la presse occidentale a critiqué la Russie qui voulait une victoire du candidat pro-russe aux élections présidentielles ukrainiennes.

    Certes, une Russie forte et sûre d'elle, surtout dans le contexte de la lutte concurrentielle acharnée pour les ressources énergétiques, ne sera pas du goût de tout le monde. Cela fait comprendre cette position intransigeante des pays d'Occident sur plusieurs sujets relatifs aux intérêts nationaux de la Russie.

    Et Moscou accepte cela comme une chose qui va de soi. Telles sont, aujourd'hui, les règles du jeu dans la politique mondiale. Cependant, la Russie préconise une concurrence honnête. Et à l'opposé de certains pays, elle ne recourt pas à ce qu'on appelle, dans la terminologie d'affaires, "engloutissement hostile". Celui-ci a déjà entraîné la déstabilisation d'une région aussi fragile que le Proche-Orient.

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