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    Revue de la presse russe du 8 décembre

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    MOSCOU, RIA Novosti

    Vrémia novostéi

    Le premier ministre ukrainien prend congé pendant sa campagne électorale

    Le parlement ukrainien n'a pas adopté hier les amendements au code électoral (devant garantir un nouveau second tour équitable à la présidentielle du 26 décembre) et la réforme constitutionnelle (consistant à transférer certaines compétences présidentielles au parlement et au premier ministre élu par le parlement). Motif : le refus du président Léonide Koutchma de signer le décret sur la démission du premier ministre Viktor Ianoukovitch (candidat du pouvoir) sur laquelle insistait l'opposition. Le président n'a accepté que d'envoyer Ianoukovitch en vacances pendant toute la durée de la campagne électorale", écrit le quotidien "Vrémia novostéi".

    Viktor Ianoukovicth a ainsi commenté la décision de Koutchma : "Ce qui se passe aujourd'hui restera, sans conteste, sur sa conscience (celle de Koutchma). Maintenant il est nécessaire de livrer bataille aux vestiges de l'ancien pouvoir que représente l'opposition et contre leurs alliés dans les structures du pouvoir actuel".

    La possibilité d'un compromis entre les principaux acteurs sur la scène ukrainienne est évaluée différemment. Certains observateurs estiment que le pouvoir et l'opposition s'entendront d'ici deux ou trois jours lorsque "Léonide Koutchma et Vladimir Litvine (président du parlement) signeront une série de documents stabilisateurs".

    Le chef de l'Institut ukrainien des stratégies globales, Vadim Karassev, se dit persuadé que cela est impossible dans les jours qui viennent. "Le jeu s'est trop compliqué, il se poursuit maintenant entre Koutchma, Ianoukovitch, Iouchtchenko et Litvine. Ce dernier a rassemblé autour de lui l'élite inquiète de son avenir indépendamment du candidat qui l'emportera".

    Koutchma a tout à gagner à faire durer la crise, estime le politologue. Même si le scrutin du 26 décembre n'a pas l'air légitime et que les résultats sont douteux du fait de l'absence de garantie législative donnée par la Rada, le président n'y perdra rien. On pourra alors organiser un nouveau scrutin en 2005 sans Ianoukovitch et sans Iouchtchenko. En même temps, les deux candidats ont des possibilités limitées. Iouchtchenko n'a pas de majorité au parlement pour faire voter la rotation des gouverneurs régionaux et la démission de Ianoukovitch. L'élite de Donetsk et son candidat Ianoukovitch jouent leur va-tout, conscients que le pouvoir en place n'est pas un partenaire sûr. Koutchma continuera à manœuvrer et les deux candidats à s'affairer dans les couloirs du pouvoir pour faire adopter les décisions dont ils ont besoin.

    Nezavissimaïa gazeta

    La Douma a reporté l'examen des résultats des privatisations à l'année prochaine

    Le président de la Cour des comptes, Serguéi Stepachine, devait présenter aujourd'hui à la Douma son rapport sur les résultats des vérifications des privatisations en Russie. Le document a fait l'objet d'une large publicité et a été annoncé comme le prologue d'un règlement de comptes massif à l'égard des oligarques. Cependant, les responsables de la Douma ont reporté à plus tard le discours de Stepachine pour raison "techniques" : il est nécessaire d'examiner d'urgence le budget 2005 en quatrième lecture. Tout porte à penser que le chef de la Cour des comptes ne sera pas entendu avant janvier où il devra présenter son rapport d'activité annuel. A la demande du quotidien "Nezavissimaïa gazeta", plusieurs politologues ont exposé leur point de vue sur ce qu'on pourrait attendre de l'examen des résultats des privatisations.

    Stanislav Belkovski, directeur de l'Institut de la stratégie nationale, estime qu'aujourd'hui, tout comme dans les années 1990, le processus de partage de la propriété continue en Russie. Il pense que Sibneft aura prochainement un nouveau propriétaire. "L'affaire sera présentée comme si Sibneft est repris à ses propriétaires actuels mais en fait la société sera vendue àdes structures proches de Gazprom à un prix de marché de l'ordre de 5 à 6 milliards de dollars", affirme l'expert.

    "Il n'était question dès le début d'aucun règlement de comptes aux oligarques. C'est tout simplement un moyen de faire pression pour les obliger à laisser le contrôle des flux financiers à des hommes "corrects", estime Mikhaïl Deliaguine, directeur du comité des programmes du parti Rodina. "L'objectif est d'assurer le contrôle des flux financiers", a-t-il déclaré.

    Serguéi Markov, directeur du Centre d'études politiques, pense lui aussi qu'aucun règlement de comptes n'a jamais été préparé. "Car les oligarques sont en même temps les plus importantes sociétés dont dépend sans aucun doute l'avenir de la Russie", estime l'expert. A son avis, "le Kremlin ne s'apprête pas à sévir contre les oligarques mais à les éduquer". Le rapport de Stepachine est une "information dans une certaine mesure superflue", a-t-il ajouté.

    "Chez nous, dans l'entreprenariat, le droit est si loin de la pratique qu'il est possible en principe de sévir contre n'importe quel homme d'affaire en arguant des violations qui existent actuellement", a-t-il ajouté.

    Gazeta

    Les gouverneurs récemment élus seront "redésignés" en premier lieu ?

    Aujourd'hui le Conseil de la Fédération, chambre haute du parlement russe, doit approuver la loi qui supprime l'élection directe des gouverneurs régionaux. Selon ce document adopté par la Douma la semaine dernière, le président proposera ses candidats aux assemblées législatives régionales qui les investiront des pouvoirs locaux.

    A la deuxième lecture le texte a été complété d'une innovation qui suspendait les gouverneurs en exercice. L'amendement proposé par les députés de Russie Unie stipule que "la plus haute autorité régionale peut demander au président de lui confirmer sa confiance ou d'accepter sa démission". Il n'est pas précisé sous quelle forme la question de la confiance peut être posée mais, par contre,il est annoncé que le président doit prendre sa décision dans un délai d'une semaine et, si elle est positive, soumettre la candidature concernée à l'assemblée législative régionale.

    Pendant la deuxième lecture, des députés d'autres partis ont mis en garde contre une avalanche de demandes de renomination, estimant que les gouverneurs iraient assaillir le Kremlin "de plein gré et contraints et forcés".

    Les politologues interrogés par le journal soutiennent que les premiers à venir au Kremlin seront les gouverneurs qui viennent d'être nommés. "On pourrait leur suggérer "d'en haut" de démarrer le processus et démontrer que cela ne leur a fait aucun mal", a dit un expert de l'Institut des systèmes sociaux de l'Université de Moscou, Dmitri Badovski.

    De l'avis du politologue, il importe au Kremlin de renommer tous les chefs régionaux vers 2006 pour avoir un système de pouvoir transparent et contrôlé pour les élections législatives en 2007 et puis la présidentielle.

    "Les approches seront naturellement individuelles. Les poids lourds, notamment Mintimer Chaïmiev (président du Tatarstan) ou Aman Touleïev (gouverneur de la région de Kemerovo) auront le droit à un entretien individuel avec le président. Les chefs d'un rang moins élevé seront reçus par des représentants de l'administration présidentielle", estime Dmitri Badovski.

    Kommersant

    L'Occident parle à la Russie sans déclarations superflues

    Hier, à la réunion du Conseil des ministres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Sofia, la discussion sur la situation autour de la présidentielle ukrainienne a mué en polémique acerbe entre le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov et le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell.

    La situation en Ukraine, plus précisément la façon dont l'OSCE aborde les élections dans l'espace postsoviétique, a été la pierre d'achoppement, lit-on dans le quotidien "Kommersant". Serguei Lavrov a proposé d'élaborer un "système de critères objectifs s'étendant à tout l'espace de l'OSCE", pour prévenir des pratiques à géométrie variable dans l'évaluation des élections. Sinon, le contrôle des processus électoraux devient un instrument de manipulations politiques, un facteur de déstabilisation.

    Serguei Lavrov a exposé, en fait, les thèses principales répétées ces derniers temps par Vladimir Poutine.

    Le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell a catégoriquement réfuté la critique, en déclarant que les Etats-Unis ne luttent pas pour ces territoires et n'obligent pas les Ukrainiens à choisir entre l'Est et l'Ouest. Il a également rappelé que certains événements qui se produisent en Russie, pour l'essentiel, ceux qui ont trait à la liberté de la presse et à la suprématie de la loi, préoccupaient l'Occident.

    La réunion s'est terminée par un échec total: ses participants se sont séparés sans adopter de déclaration finale traditionnelle. Mais cela ne témoigne pas du début d'une nouvelle confrontation entre la Russie et l'Occident. Il est symptomatique que la riposte cinglante au Kremlin émanait de Colin Powell qui démissionnera en janvier du poste de Secrétaire d'Etat. Cela laisse à Washington un espace pour manoeuvrer: pour l'instant, les hommes politiques qui restent dans l'équipe de George Bush ne se sont pas exprimés d'une manière aussi acerbe. Il est vrai, cela ne signifie pas que, si Moscou continue à se lancer dans des diatribes, Condoleezza Rice, Donald Rumsfield ou George Bush ne feront pas des déclarations semblables.

    Il semble que l'attente ne sera pas longue. Aussitôt après la clôture de la réunion du Conseil des ministres de l'OSCE, le ministère russe des Affaires étrangères a fait une déclaration affirmant que la Russie "ne se considère pas liée" par les "déductions et les recommandations (à l'adresse de la Russie) qui ont retenti à la réunion et qu'elle ne juge pas possible d'en tenir compte dans l'activité de l'OSCE et de ses structures".

    Vedomosti

    Pour acquérir "Youganskneftegaz", "Gazprom" empruntera 10 milliards de dollars

    Pour acquérir la principale filiale d'extraction de YOUKOS, "Gazprom" prévoit d'emprunter aux banques étrangères plus de 10 milliards de dollars. Selon les observateurs, ce sera le plus grand emprunt dans l'histoire bancaire russe.

    Comme l'a fait savoir au quotidien "Vedomosti" un top-manager d'une banque étrangère qui participe à la transaction, "Gazprom" mène des pourparlers au sujet du crédit en pool de 10 milliards de dollars. Selon lui, six banques assureront la gestion de la transaction: ABN AMRO, BNP Paribas, Calyon, Deutsche Bank, Dresdner Kleinwort Wasserstein et J.P. Morgan. La Deutsche Bank organise l'emprunt, elle est en train d'examiner les conditions du crédit avec la direction de "Gazprom".

    On suppose que ce sera un crédit non garanti à court terme (pour un an). Ensuite, il sera réparti entre les banques à part égales de 1,67 milliard de dollars. Selon l'information de l'agence Reuters, le taux du crédit sera au niveau d'EURIBOR +1,3 % par an (environ 3,55 % par an).

    Un porte-parole de "Gazprom" a confirmé que la compagnie recourait à l'emprunt pour acheter "Youganskneftegaz". Selon lui, ce crédit sera un crédit-relais, c'est-à-dire qu'il sera converti en 2005 en obligations à long terme ou sera restructuré à de nouvelles conditions. Le montant de l'emprunt et son taux d'intérêt n'ont pas été commentés par "Gazprom". Les représentants des créditeurs bancaires ont également refusé de donner des commentaires.

    Les analystes estiment qu'il s'agit d'un pool bancaire de brève durée qui sera remplacé graduellement, pendant un an, par d'autres crédits et emprunts. Selon les estimations de Dmitri Loukachev (compagnie d'investissement "Aton"), après l'absorption de "Rosneft" et l'achat de "Youganskneftegaz", la dette totale de "Gazprom" peut atteindre 35 à 37 milliards de dollars. Mais l'analyste considère cette dette comme tolérable pour une compagnie avec une capitalisation de 65,5 milliards de dollars.

    Pour l'instant, "Gazprom" se hâte de s'assurer le soutien des banques occidentales. Les membres de son Conseil des directeurs ont déjà approuvé la transaction d'achat de "Youganskneftegaz" (dont les griefs fiscaux ont atteint 5,1 milliards de dollars).

    Novye izvestia

    Dans la région d'Oriol, le mariage sera autorisé à partir de 14 ans

    Le parlement de la région d'Oriol a approuvé ces jours-ci un projet de loi, selon lequel les personnes âgées de 14 ans peuvent se marier. A présent, ce document doit être signé par le gouverneur, après quoi le projet de loi entrera en vigueur, indiquent les "Novye izvestia".

    Conformément à la législation actuellement en vigueur en Russie, l'âge du mariage commence à 18 ans. Mais, dans certaines circonstances, le mariage d'un jeune couple peut être enregistré à 16 ans, à condition d'obtenir le consentement des parents ou des organes de tutelle locale. Cependant, si l'une des personnes désireuses de se marier a moins de 16 ans, le mariage ne sera pas enregistré.

    D'ailleurs, le Code de la famille permet aux organes législatifs locaux de déterminer eux-mêmes l'âge du mariage. Par exemple, dans la région d'Oriol, les adolescents auront prochainement le droit de se marier à partir de 14 ans. Il est vrai, cela n'est possible que si la jeune fille est enceinte. De plus, il faudra le consentement des parents des jeunes gens et des organes de tutelle. Sinon, leur mariage sera interdit.

    "Nous proposons de légitimer le mariage à partir de 14 ans, lorsque les gens ont déjà reçu leur carte d'identité, ce qui veut dire que l'Etat les considère comme des citoyens à part entière", c'est ainsi que Serguei Siline, chef du service des questions de politique sociale du Conseil régional, a commenté ce projet.

    Alexei Youdilevitch, directeur du centre régional d'assistance socio-psychologique et pédagogique aux enfants, aux parents et aux pédagogues, dit qu'il ne comprend pas "à qui cela peut être avantageux et pourquoi on le fait". A son avis, l'adoption de cette loi ne peut que provoquer l'accroissement des cas de grossesse parmi les adolescentes de la région.

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