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    Revue de la presse russe du 10 décembre

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Nezavissimaïa gazeta

    La situation économique en Ukraine peut décider de l'issue du troisième tour de la présidentielle

    Aujourd'hui l'unique obstacle sérieux capable d'empêcher le leader de l'opposition Viktor Iouchtchenko de remporter le nouveau second tour de la présidentielle peut être l'aggravation rapide de la situation économique dans le pays. Le président en exercice Léonide Koutchma et le candidat du pouvoir Viktor Ianoukovitch l'expliquent par les actions de protestation organisées par l'opposition. Iouhctchenko affirme que la crise a été provoquée par les actions populistes irréfléchies du gouvernement deux mois avant l'élection.

    Depuis ces jours derniers, écrit le quotidien "Nezavissimaïa gazeta" les prix des produits de la première nécessité et des marchandises manufacturées ont augmenté sensiblement en Ukraine. La population se hâte de faire des provisions de produits alimentaires et de se débarrasser de son épargne en monnaie nationale (hrivna) devenue instable, ce qui déstabilise davantage le marché des changes.

    Le Comité d'Etat aux Statistiques a constaté une réduction de la production industrielle de 4,4% en novembre par rapport au mois précédent. Nombre de grandes entreprises dont dépend l'alimentation du budget national ont annoncé ces jours derniers la suspension de la réalisation de leurs contrats d'exportation en raison de la situation politique dans le pays.

    On ne saurait écarter l'hypothèse que le jour du scrutin l'Ukraine serait prise de panique à cause de la dégradation subite du niveau de vie. C'est d'autant plus probable que la dégringolade attendue depuis longtemps de la hrivna peut survenir le 20 décembre, si la Banque nationale cesse de maintenir artificiellement son cours (pour cette raison les réserves de change du pays ont diminué en novembre de 7,8%, soit de 831,1 millions de dollars, pour s'arrêter à 9888,4 millions de dollars le 30 novembre). Bien que les partisans de Iouchtchenko assurent la population qu'une fois au pouvoir, ils ne tarderont pas à normaliser la situation, leurs assurances risquent de rester sans effet.

    A supposer que le taux de participation le 26 décembre soit très bas et que Ianoukivitch accède au vœu du président et se désiste à quelques jours du scrutin, Iouchtchenko, qui serait l'unique candidat, ne pourrait pas recueillir les 50% des voix nécessaires pour être élu.

    Rossiiskaïa gazeta

    Moscou et Athènes décident de construire un pipeline

    La décision de mettre en chantier dans les délais les plus brefs le pipeline Burgas-Alexandropolis peut être considérée comme le bilan majeur des pourparlers qui se sont achevés jeudi soir au Kremlin entre le président russe, Vladimir Poutine, et le premier ministre grec, Constantinos Karamanlis.

    La "Rossiiskaïa gazéta" relève que cette nouvelle suscite un intérêt d'autant plus grand que trois jours auparavant, au cours de la visite du chef de l'Etat russe en Turquie, Moscou et Ankara n'étaient pas parvenus à trouver un langage commun au sujet de l'introduction par les Turcs de restrictions frappant le transport du pétrole russe par les détroits du Bosphore et des Dardanelles. Maintenant le Kremlin dispose d'un atout supplémentaire dans ses négociations ultérieures avec les autorités turques.

    Le projet concernant la construction d'un oléoduc partant du port bulgare de Burgas pour rejoindre la ville grecque d'Alexandropolis existe sur le papier depuis une dizaine d'années. Long de près de 300 kilomètres, son débit pourrait être de 35 millions de tonnes de brut par an.

    En principe, la Russie est la plus intéressée à la pose de cette conduite. En premier lieu parce que le nouveau pipeline permettra d'acheminer du pétrole russe jusqu'au littoral méditerranéen en contournant les détroits turcs. Il n'y a pas si longtemps la Turquie a décidé d'y réduire le trafic en invoquant des considérations écologiques. En réalité Ankara cherche à contraindre Moscou à transporter son pétrole en quantités toujours plus grandes non pas via Novorossiisk, mais par le pipeline Bakou-Ceyhan encore en construction.

    Le projet de pipeline Burgas-Alexandropolis serait peut-être resté plusieurs années encore dans des tiroirs sans ces restrictions introduites par la Turquie. Maintenant il est réellement possible d'envisager la mise en chantier de l'oléoduc entre la Bulgarie et la Grèce.

    Jeudi Vladimir Poutine a également confirmé que la partie russe était disposée à augmenter les livraisons de gaz naturel à la Grèce et, par la même occasion, à participer au développement de son infrastructure énergétique.

    Vedomosti

    "Gazprom" a persuadé la Chine de renoncer à "Youganskneftegaz"

    La Corporation nationale chinoise pour le pétrole et le gaz naturel (CNPC) ne participera pas à la vente aux enchères de "Youganskneftegaz", principale filiale d'extraction de YOUKOS, qui aura lieu le 19 décembre. Les représentants de CNPC ont pris cette décision après les pourparlers avec "Gazprom", lit-on dans le quotidien "Vedomosti".

    Une délégation de CNPC qui est arrivée à Moscou en vue de déposer la demande de participation à la vente aux enchères a changé ses plans, "en préférant une coopération plus étroite avec "Gazprom" sur d'autres projets". Selon Serguei Sanakoiev, chef du Centre russo-chinois de coopération commerciale et économique, "Gazprom" a assuré CNPC de sa volonté de fournir du pétrole et du gaz à la Chine.

    Un des managers du monopole du gaz a confirmé les paroles de Serguei Sanakoiev. "Notre politique consiste à ne pas partager notre sous-sol avec les compagnies étrangères, a-t-il dit. Il serait d'autant plus erroné de partager le pétrole avec les Chinois, car leur participation au capital de "Youganskneftegaz" compliquera les pourparlers ultérieurs sur le prix du pétrole acheté par CNPC".

    Pour l'instant, les représentants de CNPC n'ont pas commenté l'information sur le refus de la compagnie chinoise de participer à la vente aux enchères.

    Cependant, Igor Artemiev, chef du Service antimonopole fédéral, a annoncé jeudi qu'il y avait plusieurs demandes de participation à la vente aux enchères, notamment, celle de "Gazprom". Igor Artemiev n'a pas cité les autres prétendants à "Youganskneftegaz".

    Comme cela a déjà été annoncé, en plus de CNPC, la compagnie nationale indienne Oil & Natural Gas Corporation (ONGC: sa participation à la vente a été approuvée par le président Vladimir Poutine) prévoit de participer à la vente aux enchères. Selon les analystes, "Sourgoutneftegaz", dont les gisements sont voisins de ceux de "Youganskneftegaz", est un autre prétendant possible. D'ailleurs, certains observateurs estiment qu'il s'agit plutôt des doubles demandes, pour créer une apparence de concurrence.

    Kommersant

    Les griefs fiscaux avancés à "Vympelkom" peuvent atteindre 1 milliard de dollars

    Comme cela a été annoncé mercredi, le fisc a avancé à la compagnie "Vympelkom" (deuxième opérateur du Réseau cellulaire téléphonique en Russie, dans la CEI et en Europe de l'Est; le bénéfice net gagné en premiers 9 mois de cette année a constitué 269,3 millions de dollars) des griefs fiscaux de 157 millions de dollars pour 2001. De l'avis du fisc, "Vympelkom" n'a pas payé les impôts sur les sommes virées à sa filiale "Impouls" dans le cadre des rapports d'agents, rappelle le quotidien "Kommersant".

    Selon les analystes financiers, si "Vympelkom" consentit à payer ses dettes pour 2001, le fisc lui présentera les factures à régler pour les trois années suivantes. Pour l'instant, la direction de la compagnie a déclaré qu'elle n'avait pas reçu de réclamations du fisc pour 2002 et 2003.

    Si les griefs pour la période de 2001 à 2004 sont avancés à Vympelkom, leur somme peut constituer, selon les estimations de divers analystes, 600 millions de dollars à 1 milliard de dollars. Dans ce cas, la compagnie sera contrainte de réduire les investissements et, si les cadences d'accroissement du marché du réseau cellulaire téléphonique se ralentissent en 2005, comme le prévoient les analystes, la compagnie peut céder ses posions aux concurrents "Megafone" et MTS sur le marché russe et de renoncer aux plans de large expansion dans les pays de la CEI.

    "Vympelkom" a adressé jeudi au fisc ses objections contre la conclusion de l'inspection. Selon le Code fiscal de la Fédération de Russie, le fisc doit examiner les objections de "Vympelkom" en l'espace de deux semaines, après quoi la compagnie recevra la réponse définitive du fisc. Si le Service fiscal fédéral ne satisfait pas les explications de "Vympelkom", l'opérateur recevra l'ordre de verser les arriérés d'impôts au budget.

    Alexandre Izossimov, directeur général de "Vympelkom", a fait savoir jeudi que, si le fisc ne cesse de lui avancer des griefs, la compagnie a l'intention de les contester au tribunal. Alexandre Izossimov a exprimé la certitude que, même si la compagnie perd les procès, elle sera en mesure de verser 157 millions de dollars exigés sans que cela détériore ses indices financiers.

    Novye izvestia

    En Russie, des gens aisés vont au mont-de-piété

    En Russie, le mont-de-piété était traditionnellement le lieu où les pauvres mettaient leurs derniers objets. Les temps ont changé: à présent, des citoyens aisés vont aux monts-de-piété", écrivent les "Novye izvestia".

    Ces sept dernières années, le nombre de monts-de-piété s'est accru en Russie en passant de 700 à 2000. Leur chiffre d'affaires est de 150 millions de dollars, leur rendement est de 50 % par an. Le mont-de-piété moyen de la capitale coûte environ 50 000 dollars et rapporte environ 12 000 "billets verts" par mois. 90 % des bénéfices proviennent de l'or.

    Environ les deux tiers des clients des monts-de-piété sont actuellement des gens de 20 à 40 ans. Les hommes ne constituent qu'un tiers du nombre total des clients. Les revenus de ces gens sont très différents, mais il n'y a pas,parmi eux, de personnes tout à fait démunies: les misérables n'ont pas d'objets précieux. On peut juger implicitement des revenus des clients des monts-de-piété de Moscou par l'assortiment de la vente des biens non rachetés: par exemple, une "Mercedes" ou les montres en or Tissot et Rado.

    Comme cela ressort des sondages d'opinion, 5 à 35 % des objets ne sont pas rachetés.

    Les monts-de-piété acceptent n'importe quels biens mobiliers, mais la plupart d'entre eux préfèrent les articles suivants: les objets en or, l'électroménager, les fourrures et les automobiles. D'ailleurs, il n'est pas avantageux d'y porter des bagues aux pierres précieuses, car seuls les diamants y sont appréciés, mais d'après le cours désavantageux.

    Il y a des monts-de-piété spécialisés, par exemple, un des établissements qui se trouve au centre de Moscou accepte de chères voitures étrangères et octroie des crédits allant jusqu'à 70 % du coût des automobiles au taux d'intérêt de 4 à 5 % par an. Le taux d'intérêt du crédit hypothécaire le plus répandu de 30 jours accordé pour les "joyaux" varie entre 8 et 20 %, en fonction de la somme du gage. L'or du titre 585 coûte 160 à 230 roubles un gramme (1 dollar équivaut à 28 roubles).

    Vremia novostei

    Une innovation utilisée dans la construction de la centrale électrique d'Ivanovo

    La compagnie Tekhnopromexport (TPE) a mis en chantier la centrale électrique d'Ivanovo dans la partie européenne de la Russie. Cet événement est remarquable en ceci que le site sera équipé d'une innovation russe, en l'occurrence une turbine à gaz GTE-110, conçue par le groupement science-production "Satourn" et qui n'a pas d'équivalent dans le monde, annonce "Vremia novosteï".

    La turbine GTE-110 assure une réduction de 30 pour cent de la consommation de gaz par rapport aux installations déjà en service tout en portant le rendement à 51 pour cent. RAO "EES Rossii" (Electricité de Russie) entend installer des GTE-110 dans toutes les centrales électriques équipées de turbines à vapeur.

    Ce projet sera rentabilisé en six-sept ans.

    Les besoins en électricité dans la région d'Ivanovo ne sont pas très élevés. D'autre part on trouve dans le voisinage les centrales de Kostroma et de Riazan. Cependant, on pronostique pour les années à venir une hausse de la consommation de courant. D'autre part, un tronçon de gazoduc rejoint déjà le site sur lequel la centrale sera érigée.

    Pour "Satourn" ce chantier revêt une très grande importance. En cas de réussite, la technologie connaîtra une extension. Les Emirats Arabes Unis, Koweït, la Chine et la Communauté des Etats indépendants (CEI) se sont déclarés intéressés. Bien sûr, les turbines en questions présentent certains inconvénients, surtout en ce qui concerne les rejets (ils dépassent de plusieurs fois les normes européennes). Pour de nombreux pays étrangers cet aspect est déterminant dans le choix de l'entreprise-pilote chargée du chantier. Quoi qu'il en soit "Satourn" a promis de revoir la technologie et d'éliminer les nuisances dès le stade de la construction de la centrale électrique d'Ivanovo.

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