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    Revue de la presse russe du 20 décembre

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Novye izvestia

    Le projet de loi "De la lutte contre le terrorisme" entre en contradiction avec la Constitution

    La Douma (chambre basse du parlement russe) a adopté vendredi dernier en première lecture le projet de loi élaboré par le parti "Russie unie" "De la lutte contre le terrorisme" (qui prévoit l'introduction de deux régimes spéciaux: celui de danger terroriste et celui d'opération antiterroriste, dont chacun suppose la restriction des droits et des libertés des citoyens).

    Cependant, lit-on dans les "Novye izvestia", pour l'instant, on ne sait pas comment se présentera la loi qui sera adoptée en fin de compte. Le département de l'Etat et du droit de l'administration présidentielle et le gouvernement estiment que le projet de loi tel qu'il se présente actuellement est contraire à la Constitution du pays, au Code de procédure pénale, au Code civil et à celui de procédure, ainsi qu'à de nombreuses lois, y compris celle sur les médias.

    Ainsi la Constitution n'autorise la restriction des droits et des libertés des citoyens qu'en cas d'introduction de l'état d'urgence, mais elle ne mentionne nullement les régimes dont il est question dans la loi. Les modalités de la procédure judiciaire sont établies en Russie uniquement par le Code de procédure pénale qui ne parle pas non plus de modalités particulières d'examen par les tribunaux des affaires ayant trait au terrorisme. Les pouvoirs de la Commission antiterroriste fédérale mentionnée dans la loi coïncident avec ceux du gouvernement, de plus, il n'est pas clair de qui relève cette commission. Quant au mode d'information sur les actes terroristes établi par la loi, il est contraire à la loi sur les médias et à l'ensemble de la législation civile.

    Cependant, selon les experts, critiquant la loi, le Kremlin et le gouvernement veulent avoir l'air des libéraux dans le contexte des critiques émises pour l'abandon de la voie démocratique. "Les divergences (publiques) entre le Kremlin et le parti "Russie unie" poursuivent des buts précis, dit Andrei Riabov, représentant du Centre Carnegie de Moscou. Le parti aspire à accroître sa cote de popularité dans l'atmosphère des humeurs antiterroristes. Le gouvernement et l'administration, au contraire, veulent se présenter comme des libéraux qui se prononcent pour les valeurs démocratiques".

    Nezavissimaïa gazeta

    Les démocrates ne sont toujours pas prêts à s'allier

    La coprésidente du "Comité 2008 : choix libre", Irina Khakamada, a déclaré vendredi la volonté de l'opposition démocratique de créer un parti unique vers l'automne prochain. Mais peu après on a compris que ses prévisions étaient prématurées.

    Hier, le leader de Iabloko, Grigori Iavlinski, a de nouveau souligné que ses compagnons d'idées n'avaient pas envie de s'allier avec l'Union des forces de droite (SPS). "Ils sont nos adversaires", a-t-il déclaré. Le même jour, le secrétaire du conseil politique du SPS, Léonide Gozman, a annoncé que les deux parties ne menaient pas de négociations officielles.

    Ainsi que l'a expliqué au quotidien "Nezavissimaïa gazeta" le vice-président de Iabloko, Serguéi Mitrokhine, la fusion des forces d'opposition pourrait être opérée de la façon suivante, d'après le scénario proposé par son parti. D'abord, tous ceux qui veulent s'allier, y compris les membres des sections régionales des partis existants, adhèrent à Iabloko. Ensuite, un congrès est convoqué pour changer la dénomination du parti, réorganiser sa structure et élire les nouveaux leaders de la nouvelle organisation. La plate-forme idéologique du nouveau parti doit rester celui de Iabloko. Ainsi, dès 2005 les électeurs auraient une opposition démocratique unifiée.

    Le SPS imagine autrement l'évolution des événements. Le président de son conseil créatif, Léonid Gozman, a expliqué : "Nous sommes favorables à la création d'une organisation démocratique unique". Il a cependant mis en doute l'idée de bâtir le futur parti démocratique sur la base des sections provinciales de Iabloko. "Notre réseau régional est plus fort que tout autre. A preuve les résultats des élections qui ont eu lieu cet automne dans huit régions du pays : nous avons réussi dans sept régions et Iabloko dans une seule", a-t-il dit.

    Léonid Gozman trouve plus réaliste un autre principe de construction d'un parti : en 2005 une vingtaine de régions devront élire leur assemblée législative et "nous pourrions nous allier en vue de cette campagne, constituer des blocs et des structures uniques pour opérer ensuite notre réunification sur cette base".

    Vedomosti

    Qui est donc l'acquéreur véritable de Iouganskneftegaz ?

    La principale unité de production de Ioukos a été vendue à Baïkalfinansgroup qui a offert 9,35 milliards de dollars pour les 77% des actions de Iouganskneftegaz. Par les documents communiqués au Fonds de gestion des biens fédéraux, on a appris que cette société est enregistrée à Tver.

    Le quotidien "Vedomosti" n'a pas pourtant trouvé la moindre trace de Baïkalfinansgroup à l'adresse indiquée.

    "La première chose qui vient à l'esprit est que l'acquéreur représente Gazprom qui passait pour favori dès le début", estime un expert d'une importante société d'investissement. Le directeur du Haut Collège d'Economie, Evgueni Iassine, rappelle que lorsque Mikhaïl Khodorkovski avait acheté Ioukos, l'acquéreur était également une société inconnue, "Lagouna", créée trois jours avant la vente et enregistrée à Taldom, une ville de la région de Moscou.

    Les représentants de Gazprom ont nié hier être concernés par l'achat de Iouganskneftegaz.

    Les experts d'Alfa-Bank ont supposé que la filiale du groupe pétrolière ait pu être achetée par des structures du principal propriétaire de Sibneft, Roman Abramovitch, tandis qu'un banquier a estimé que Baïkalfinansgroup représentait Interros. Sibneft et Millhouse ont démenti formellement ces hypothèses.

    Un des managers de Gazprom a supposé que Baïkalfinansgroup ait agi dans l'intérêt de Sourgoutneftegaz. "C'est l'unique société à posséder l'argent nécessaire pour verser des arrhes aussi importantes", explique-t-il. Ce point de vue est partagé par un fonctionnaire du Kremlin.

    Selon une source proche d'un membre du conseil des directeurs de Gazprom, le schéma d'utilisation de Baïkalfinansgroup permettra à l'acquéreur véritable d'éviter des problèmes qui pourraient résulter de la décision du tribunal américain. "Le moyen le plus simple est maintenant de racheter Iouganskneftegaz à la société mystérieuse pour devenir un acquéreur loyal", soutient l'interlocuteur de RIA Novosti. Il pense que l'acheteur le plus probable est Gazprom, bien que le géant gazier ne le confirme pas.

    Vremia novosteï

    Des Volkswagen seront quand même assemblées près de Moscou

    Un accord sur l'assemblage de véhicules Volkswagen dans la ville de Stoupino, dans les environs de Moscou, sera signé au mois de janvier prochain. Cette nouvelle a été annoncée vendredi par le ministre adjoint russe du Développement économique et du Commerce, Andreï Charonov, écrit le quotidien "Vremia novosteï".

    Au mois de juin 2001, Vladimir Poutine avait donné des instructions afin que les meilleures conditions soient réunies pour la réalisation du projet de la compagnie Volkswagen concernant la construction d'une usine en Russie.

    Au mois d'octobre de la même année le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, avait déclaré dans une interview que la réalisation du nouveau projet devait démarrer au début du printemps 2002.

    Au printemps 2002, aucune déclaration n'avait été faite à ce sujet et au mois d'août le chef de la représentation russe de Volkswagen, Torsten Bradler, avait démenti les promesses de Guerman Gref, au motif que le pouvoir d'achat des Russes ne justifiait pas l'assemblage de véhicules en Russie.

    Cependant, certains progrès dans les négociations s'étaient fait jour en février 2003. Au cours d'une conférence tenue en septembre aux Etats-Unis, le président du Directoire de Volkswagen, Bernd Pischetsrieder, avait annoncé que sa compagnie envisageait d'implanter une usine d'assemblage en Russie et de la mettre en service dans les dix-huit mois. En précisant toutefois qu'il n'y avait aucun sens à fabriquer en Russie un modèle bon marché coûtant quelque 5.000 euros et que pour cette raison il était prévu de sortir la Volkswagen compacte Touran dont le prix oscille de 20 à 25.000 euros. Ce point de vue était en contradiction totale avec celui émis précédemment par Torsten Bradler.

    Les réticences et la lenteur des Allemands ont probablement pour origine l'absence en Russie d'une politique stable et prévisible pour les investisseurs. Les experts sont convaincus que si Volkswagen a hésité tout ce temps, c'est à cause de l'incertitude planant sur les exportations des éléments destinés à être assemblés en Russie. Vendredi Andreï Charonov a confirmé l'intention du gouvernement de réduire au maximum la taxe sur les éléments entrant en Russie (de 10-15 à 0,3 pour cent du coût de la douane) et de maintenir à son niveau maximum la taxe frappant les véhicules étrangers importés.

    Kommersant

    Le monopole aéronautique apparaîtra en Russie

    Comme on l'a appris vendredi, le président du gouvernement Mikhail Fradkov a approuvé la conception de la création en Russie d'une compagnie aéronautique nationale unique (CANU), dont feront partie les compagnies "Sukhoï", MiG, "Iliouchine", "Irkut", Iakovlev" et "Toupolev". Ce monopoliste aéronautique fabriquera des avions aussi bien civils que militaires.

    La création de la CANU aura deux étapes, fait savoir le quotidien "Kommersant". A la première étape, il est prévu de procéder à la restructuration des entreprises aéronautiques, de créer un consortium mixte (privé et étatique) et sa société de gestion, dans laquelle la part de l'Etat constituera 25,5 à 51 %. Une structure sous forme d'un holding réunissant les actions de toutes les compagnies réunies sera créée à la deuxième étape.

    Pratiquement tous les dirigeants des entreprises aéronautiques estiment unanimement que la création d'une compagnie unique peut prendre plus d'une année. "Comme le montre l'expérience, rien que l'évaluation des biens des compagnies peut prendre plus d'une année, a déclaré une source de la compagnie "Soukhoï". De plus, il sera très difficile d'évaluer la propriété intellectuelle. Cela concerne surtout les compagnies semi-étatiques où il faudra déterminer la part de la propriété de l'Etat dans la composante intellectuelle".

    Les participants au marché prévoient au moins deux conséquences négatives du groupement en voie de préparation. Premièrement, puisqu'il est prévu de créer en perspective un bureau d'études unique, ceux qui ont pris l'initiative de fonder la CANU devront renoncer aux noms universellement célèbres des compagnies qui se réuniront: ils resteront probablement jusqu'à l'achèvement des projets déjà en voie de réalisation.

    Deuxièmement, la création de la structure du monopole contrôlée par l'Etat aura l'effet suivant: le choix des projets ne sera pas effectué sur le marché, par contre, la concurrence entre les projets à l'intérieur de la CANU sera trop forte, ce qui ne contribuera pas au fonctionnement stable de la compagnie.

    Finansovye izvestia

    Les Chinois construiront un "chinatown" à Saint-Pétersbourg

    Un projet grandiose d'un montant de 1,25 milliard de dollars devrait être réalisé à Saint-Pétersbourg par les ressortissants chinois. La construction du "quartier chinois" d'une superficie de 205 hectares dans l'arrondissement Krasnoselski de Saint-Pétersbourg, à quatre kilomètres du palais de Constantin (résidence pétersbourgeoise de Vladimir Poutine), sera assurée par une société industrielle et d'investissement de Shanghai. Il s'agit du premier projet d'investissement de grande envergure à l'étranger. Le projet architectural du mégacomplexe a été présenté à l'administration de la ville, annonce le quotidien "Finansovye izvestia".

    "Ce sera un mégacomplexe moderne et sophistiqué du niveau européen", a indiqué au quotidien "Izvestia" l'architecte en chef russe du projet, Sergueï Nikitine. Les auteurs du projet ont conçu des gratte-ciel de verre et de béton, des pelouses vertes et des cottages confortables, des constructions gigantesques en métal à motifs "spatiaux" et des hôtels de luxe sur le littoral du golfe de Finlande.

    Le complexe inclut un quartier résidentiel pour 35 000 personnes, une zone de commerce avec des hypermarchés, des boutiques et des restaurants, un centre hôtelier et d'affaires, un parc commercial, dont 50 pour cent seront occupés par une zone de verdure et les autres 50 pour cent, par des établissements de distraction : salles d'exposition, clubs, terrains sportifs, parc aquatique et scènes ouvertes.

    Le mégacomplexe chinois est en fait une "ville dans la ville" : il comprendra quatre écoles, cinq jardins d'enfants, six bibliothèques, une maison de création enfantine, deux policliniques et même une station d'ambulances. Les Chinois appellent leur création Baltic City ou Baltic Pearl. Ils se disent prêts à entamer la première étape de construction en été prochain, afin d'achever le complexe dans cinq ans.

    Sur ces entrefaites, les habitants locaux sont pris par la panique, ainsi que l'a indiqué un fonctionnaire de haut rang de l'administration de l'arrondissement Krasnoselski. Les députés pétersbourgeois n'ont pas encore analysé les conséquences économiques, démographiques et commerciales du projet.

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