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    Revue de la presse russe du 22 décembre

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    MOSCOU - RIA NOVOSTI

    Kommersant

    "Gazpromneft" a été vendue avant la vente aux enchères de "Youganskneftegaz"

    Comme on l'a appris mardi, un jour avant la vente aux enchères de "Youganskneftegaz" (principal actif d'extraction de la compagnie pétrolière IOUKOS), "Gazprom" a pris la décision de vendre sa filiale pétrolière "Gazpromneft" aux personnes non affiliées au monopole du gaz. Cela signifie que le schéma de fusion des actifs de "Gazprom" et de "Rosneft" au moyen de la création de "Gazpromneft" et de la jonction de "Youganskneftegaz" à celle-ci a été annulé au dernier moment.

    Selon le quotidien "Kommersant", cela a été fait, car "Gazprom" craignait les sanctions internationales: le fait est que la vente aux enchères de "Youganskneftegaz" a eu lieu en dépit de la décision prise par le tribunal de Houston qui avait introduit le moratoire de dix jours sur la vente des actifs de IOUKOS. A présent, les variantes de création d'une grande compagnie pétrolière contrôlée par l'Etat peuvent être tout à fait inattendues.

    Cependant, selon une source proche de "Gazprom", la vente de "Gazpromneft" par "Gazprom" a eu lieu le 16 décembre, bien que les documents portant sur cette transaction aient été officialisés hier. Cela veut dire que, bien que la transaction ait été officialisée post factum, "Gazpromneft" a participé à la vente aux enchères de "Youganskneftegaz" sans avoir de liens juridiques avec la compagnie mère et ayant de nouveaux actionnaires.

    "Gazpromneft" a été créée non pas pour participer à la vente aux enchères du 19 décembre, mais pour absorber "Rosneft" et échanger 10,74 % des actions de "Gazprom" contre 100 % des actions de "Rosneft". La vente de "Gazpromneft" met une croix sur la mise en oeuvre du schéma initial. Certes, après la victoire remportée aux enchères par la compagnie "BaïkalFinansGroup", la mise en oeuvre urgente de nouveaux schémas de formation d'une grande compagnie nationale pétrolière a commencé en Russie.

    Hier, "Gazprom" a annoncé la création d'une nouvelle direction de coordination des projets de "Gazprom" en Sibérie orientale et en Extrême-Orient russe pour l'extraction non seulement du gaz, mais aussi du pétrole, dont s'occupera "Gazpromneft", comme l'avait prévu "Gazprom".

    L'annulation du schéma de création de "Gazpromneft" fraiera le chemin pour les variantes les plus inattendues allant jusqu'à l'invention d'un nouveau schéma de libéralisation du marché des actions de "Gazprom", même jusqu'à la création de "Gazpromneft-2" sans "Gazprom".

    Novye izvestia

    La Russie portée sur la liste des pays non libres

    La prestigieuse organisation internationale pour la défense des droits Freedom House (siégeant à Washington) a publié un rapport sur la situation où en sont les droits politiques et les libertés civiles dans 192 pays du monde, intitulé "Liberté dans le monde 2004".

    Les auteurs du document citent la Russie, pour la première fois depuis le démembrement de l'Union Soviétique, parmi les pays "non libres", comme l'unique Etat dont la note s'est abaissée si rapidement au cours de cette année qu'il a fallu de l'inscrire dans une autre catégorie, annonce le quotidien "Novyé izvestia".

    "Le contrôle serré que le Kremlin exerce sur la télévision nationale et d'autres médias, la limitation du pouvoir des autorités locales, les élections législative et présidentielle ne sauraient être qualifiées de libres ou d'équitables", affirment les auteurs du document.

    Une critique particulière a été suscitée par le fait que le Kremlin a profité des événements tragiques de Beslan pour annuler l'élection des gouverneurs régionaux et des députés indépendants de la Douma.

    Les défenseurs des droits n'ont pas oublié non plus l'"ingérence directe" des autorités russes dans les élections en Ukraine.

    Ils évaluent les droits politiques et les libertés civiles d'après une échelle à 7 degrés où 1 signifie la liberté absolue et 7 son absence totale. Ainsi, cette année, la Russie a reçu la note 6 pour les droits politiques et 5 pour les libertés civiles.

    De l'avis du président de la Fondation russe de la politique efficace, Gleb Pavlovski, Freedom House est une organisation de "self-service politique". Elle s'occupe principalement de la préparation de différentes thèses idéologiques rattachées généralement à la conjoncture politique. "J'ai ici sur le mur de mon bureau une Carte de la Liberté de Freedom House. On y voit, parmi les pays absolument libres, la Mongolie, la Jordanie, le Mali, le Botswana. La conclusion que le niveau de liberté en Russie est bien plus bas qu'au Mali ou qu'au Mali le niveau de liberté est le même qu'en Grande-Bretagne me semble trop arbitraire", a déclaré le politologue.

    Vedomosti

    La fabrication d'éléments incorporés pour Airbus rapportera 200 millions de dollars à Irkout

    Le consortium aéronautique européen Airbus compte désormais un fournisseur russe de plus. Mardi il a conclu un contrat décennal de 200 millions de dollars avec la corporation Irkout (comprenant deux usines, ses principaux produits sont les chasseurs Su-30MK et les hydravions Be-200).

    Le contrat comporte quatre grandes commandes concernant la fabrication du logement du châssis avant, de la quille du fuselage; du volet de direction et de l'ossature de plancher du fuselage. Les livraisons devraient commencer à partir de 2006.

    La compagnie russe espère que cet accord l'aidera à faire de la fabrication d'éléments incorporés un des secteurs principaux de son activité, écrit le quotidien "Vedomosti". Selon un représentant d'Irkout, ce contrat permet d'envisager des commandes d'éléments incorporés plus sophistiqués et même de tronçons d'avions. En effet, Bombardier et Eurocopter (il fait partie de la European Aeronautic Defense and Space) entendent passer en Russie des commandes portant sur la production d'éléments incorporés. Quant au président par intérim d'Irkout, Valéri Bezverkhni, il pense que dans quelques années les éléments incorporés constitueront de 45 à 50 pour cent des carnets de commandes de sa compagnie.

    Les analystes russes relèvent que l'extension de la production d'éléments incorporés permettra à Irkout de diversifier son activité.

    Au demeurant, certains experts sont convaincus que pour le moment il n'est pas prévu de passer en Russie des commandes de produits aéronautiques sophistiqués et que pour cette raison il ne faut pas s'attendre à des avancées techniques dans la branche. Ces contrats ne serviront qu'à faire tourner certaines unités de production. Elles ne pourront contribuer au développement de la branche que si la coopération est accompagnée d'un transfert de technologies aux compagnies russes.

    Airbus est disposé à étendre sa présence en Russie. L'année prochaine la compagnie entend placer en Russie un contrat décennal d'un montant de 150 millions de dollars. Le directeur exécutif d'Airbus, Gustav Humbert, a déclaré que la compagnie avait pour objectif de porter à 880 millions de dollars sur dix ans le volume de la coopération avec les producteurs russes.

    Finansovye izvestia

    L'Allemagne aidera "Gazprom"

    Sous prétexte de renforcer les contacts économiques avec la Russie, le gouvernement allemand exerce une pression sur la compagnie E.On AG (consortium gazier allemand qui détient 6,5 % des actions de "Gazprom"; ce paquet d'actions coûte 4 milliards de dollars) en vue d'accroître sa part à "Gazprom".

    "Gazprom" peut consacrer l'argent provenant de la vente de ses actions à l'achat de "Youganskneftegaz", font remarquer les "Finansovye izvestia".

    "Gazprom" et la représentation russe du consortium E.On Ruhrgas ont refusé de commenter cette information. Le bureau principal de la compagnie allemande a également refusé de donner des commentaires.

    "Le ministre russe des Finances Alexei Koudrine a déclaré mardi que la Russie remboursait avant terme sa dette à l'Allemagne dans le cadre du Club de Paris", a rappelé Alexei Baranov qui gère les actifs de la compagnie d'investissement "Prospekt". Par conséquent, l'Allemagne qui a une compagnie minière affiliée au Bundestag encore plus que "Gazprom" au Kremlin aura des disponibilités".

    Elles peuvent être dépensées pour accroître la part du consortium E.On Ruhrgas à "Gazprom". Il ne faut pas oublier non plus que le consortium gazier possède encore près de 5 % d'actions du Trésor (valeurs mobilières dont disposent les filiales de "Gazprom").

    Elles peuvent être acquises par E.On Ruhrgas. De l'avis d'Alexandre Baranov, en fin de compte, "Gazprom" recevra les sommes nécessaires à l'achat de "Youganskneftegaz" sans recourir aux services des banques et aux crédits en pool.

    Vedomosti

    Le géant norvégien de la confiserie arrive en Russie

    Le groupe norvégien Orkla, investisseur important, annoncera aujourd'hui l'achat de la confiserie SladCo, informe le quotidien "Vedomosti".

    Le holding SladCo qui est l'un des cinq plus gros producteurs russes de chocolat regroupe des usines SladCo et Voljanka. 96% de l'usine SladCo et 50,55% de Voljanka appartiennent à la société néerlandaise United Confectioneries qui, à son tour, appartient à des fondations contrôlées par Baring Vostok Capital Partners. 45,45% de Voljanka appartiennent aux sociétés Hermitage Assets Management et à UFTG.

    L'acquisition par Orkla de la société United Confectionneries contrôlée jusqu'ici par Baring Vostok Capital Partners a été annoncée par le directeur d'Orkla Foods Russia & Ukraine, Philip Wegh.

    "Orkla rachète en même temps le reste des actions de Voljanka aux actionnaires minoritaires", a-t-il affirmé.

    L'affaire a été confirmée par les services de presse de SladCo et de Baring Vostok.

    Le montant de l'affaire n'est pas annoncé officiellement mais les experts l'estiment à 75-120 millions de dollars.

    "Avec l'arrivée d'Orkla nous auront des possibilités plus variées de développer nos activités", affirme avec satisfaction le directeur général de la société de gestion de SladCo, Garry Willson.

    L'arrivée d'Orkla est une mauvaise nouvelle pour les confiseries russes, estime un analyste d'Alfa-Bank, Alexandre Svinov. "La concurrence augmentera et la rentabilité diminuera sur le marché dont le développement est déjà à peine de 2% à 3% par an", estime l'expert.

    Une représentante de l'unité russe de Nestle, Jennifer Galenkamp, estime que "les sociétés qui n'ont pas leur propre savoir-faire ni expérience de travail dans la profession auront du mal à s'offrir une niche sur le marché russe du chocolat où la concurrence est très serrée".

    Le directeur général du centre d'études "Biznes Analitika", Andréi Sterline, rappelle la surabondance d'unités de production de chocolat (plus de 150 entreprises) et attend une consolidation de la branche. Dans les grandes villes, de l'avis de "Biznes Analitika", la consommation de chocolat est d'ores et déjà comparable à celle en Europe : 5 à 6 kg par habitant et par an, tandis que dans les petites et moyennes villes elle est seulement de 2 à 3 kg.

    Vremia novostei

    Les Russes approuvent la réforme des pensions

    Selon un sondage commandé au fonds "Opinion publique" par la Caisse des retraites de Russie (CRR), 81 pour cent des Russes savent qu'une réforme des pensions est en cours dans le pays et 51 pour cent estiment qu'elle est indispensable, écrit le journal "Vremia novosteï".

    La plupart des adversaires de la réforme sont des retraités, relève la publication, par contre la majorité des étudiants et des maîtresses de maison l'applaudissent des deux mains. La CRR estime que le soutien de la jeunesse est particulièrement important du moment que l'introduction du système des pensions par capitalisation concerne en premier lieu les personnes nées en 1967 et après.

    L'idée de fixer le montant de la pension en fonction de l'importance du salaire et l'introduction de la capitalisation est approuvée pour l'essentiel par des citadins cultivés appartenant à des familles dont les revenus sont supérieurs à 5.000 roubles par personne (le dollar s'échange contre 27,88 roubles). Les partisans de la réforme entreprise par la CRR sont les plus nombreux à Moscou, Khabarovsk, Tomsk et Magadan.

    Au contraire, les Russes habitants la zone moyenne, les ruraux, les retraités et les gens dont les revenus mensuels ne dépassent pas 2.000 roubles continuent de préconiser la régulation publique du montant des pensions.

    Sept pour cent seulement des personnes interrogées sont disposées à confier leur compte-pension à des établissements non publics et à des compagnies de gestion. A l'heure qu'il est les Russes ayant sollicité des structures privées sont encore moins nombreux. Le sondage a également révélé que la CRR continuait de bénéficier de la confiance de la population. Au cours de l'année écoulée le nombre de personnes faisant confiance à la CRR et aux compagnies de gestion publiques est passé de 62 à 76 pour cent. La CRR relève qu'au cours de cette période le nombre de personnes initiées à la réforme des pensions a augmenté de 10 pour cent.

    Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 34.510 personnes habitant dans 69 régions de Russie, ajoute "Vremia novosteï".

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