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    Le défilé annuel de la beauté féline

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    MOSCOU, 22 décembre - par Tatiana Sinitsyna, commentatrice RIA Novosti.

    Plus de trois cents chattes et chats - à poil duveteux, à poil lisse et sans poil du tout - ont fait la démonstration de leur beauté lors d'un grand show félin qui s'est déroulé les 18 et 19 décembre dans le centre des expositions du parc Sokolniki, à Moscou. La fête a été inaugurée par la vice-présidente de la Douma, Lioubov Sliska, elle-même une passionnée de chats. D'ailleurs, beaucoup de personnages historiques adoraient les chats dont on peut citer le tsar Alexis Mikhaïlovitch, le cardinal Richelieu, le savant Newton et même le prophète Mahomet.

    Les chats contemplaient le remue-ménage des hommes avec leur habituelle indifférence philosophique, du haut de leur sommet auquel les a portés l'amour humain. Dans les volières miniaturisées décorées de jouets de Noël, de filaments dorés et de serpentin on pouvait voir des représentants de 25 races félines. Placés sur des coussins de soie et de velours, ils rappelaient des pierres précieuses étalées en vitrine: une abyssine agate noire, un beau bobtail lait écrémé, un sibérien marbre noir et bronze, un persan couleur jaspe... On pouvait trouver aussi des races rarissimes, comme le birman, le sphinx, le bobtail des Kouriles ou - tout à fait exotique - le straight.

    L'arbitrage se déroulait sur quatre rings avec une nouvelle organisation: pour la première fois, on cumulait les règles européennes et américaines, c'est-à-dire, outre les descriptifs écrits, on procédait à une expertise orale et publique, et le maître recevait en main diplômes et rubans. Les arbitres étaient originaires de quatre pays: la Russie, la Grande-Bretagne, la Suède et la Biélorussie. Encore une nouveauté: les chats nus, dits les sphinx, ont rivalisé dans une catégorie à part sans faire concurrence aux félins à poil court, comme par le passé.

    À noter, d'ailleurs, que le premier chat nu a été sélectionné en Russie. Elena Kovaleva, habitante de Rostov-sur-le-Don (sud), est entrée dans l'histoire de la félinologie après avoir ramassé, un matin sur le bas-côté de la route, un petit être miaulant d'origine inconnue. Très vif, le mutant sans poil est devenu avec le temps une belle chatte baptisée Varvara. C'est elle qui a donné naissance aux chats sans poil russes, une race chère, à la mode et des plus exotiques.

    L'exposition a eu ses sensations. Les visiteurs (et les caméras de télévision) ne pouvaient détacher leurs yeux de Kouzia, un chat rare couleur fumée or. Désinvolte et bienveillant, ce géant pesait environ 10 kg. Tout le monde pensait qu'il s'agissait d'un cas unique ou d'une expérimentation de sélection raffinée, mais la maîtresse de Kouzia a annoncé que son chouchou était à l'origine un petit chaton ordinaire qu'elle avait ramassé dans la rue.

    De tout temps, les Russes ont fait peu de cas des chats, et ceux-ci vivaient comme bon leur semblait. On ne les a jamais persécutés - ils n'ont été ni brûlés à vif, ni déclarés sorciers, ni proclamés hors la loi. On ne les a jamais idolâtrés, même si on en prenait chez soi pour s'entourer de calme et de confort. Le mouvement félinologique en tant que tel est né en Russie il y a seulement 16 ans, dans les années de la "perestroïka" gorbatchévienne quand le pays traversait une libéralisation totale. Les vents de l'Ouest ont apporté, entre autres, des chats étrangers d'origine aristocratique. C'est alors qu'apparaissent les premiers clubs d'amateurs de chats. Aujourd'hui, ces clubs sont innombrables: rien qu'à Moscou, on en compte près d'une centaine.

    Selon Irina Choustrova, expert au centre félinologique Felis, la race la plus populaire en Russie reste le British Shorthair. Ce chat ne demande pas beaucoup de soins, il est peu actif et silencieux.

    Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que c'est le chat sibérien qui règne sans partage sur les vastes étendues de la Russie. Ce n'est qu'en 1987 que les félinologues ont officiellement enregistré cette race aborigène séculaire. Les spécialistes de Saint-Pétersbourg en ont activé même un nouveau pelage, "Siberian colorpoint", et ont baptisé ce type "Neva Masquerade" en hommage à la Neva, le fleuve qui traverse l'ancienne capitale impériale. Noble et charmant, ce chat a conservé des traits dominants inhérents à la race sibérienne comme l'énergie et le caprice.

    En admirant chaque participant au show félin de Noël, à Moscou, je ne pouvais m'empêcher de me souvenir du village lointain de Kedrovka, en Sibérie, et du chat formidable qui se prélassait sur un banc, tel un patrice de Rome. C'est à lui que je remettrais un ruban au diamant!

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