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    Revue de la presse russe du 16 février

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    MOSCOU - RIA Novosti

    Izvestia

    Après 2012, le protocole de Kyoto peut devenir dangereux pour la Fédération de Russie

    Le protocole de Kyoto qui introduit les restrictions sur les émissions industrielles dans l'atmosphère entre en vigueur ce mercredi. Dans la période à venir, il ne se répercutera pas sur l'économie de la Russie, mais, déjà dans plusieurs ans, il peut entraîner le ralentissement de son développement, préviennent les "Izvestia".

    Conformément au protocole, vers 2012, les émissions de gaz de serre doivent se réduire jusqu'au niveau de 1990. D'après les prévisions du ministère du Développement économique, la Russie pourra même vendre à l'étranger les quotas non utilisés. Cependant, selon l'adversaire convaincu de ce document Andrei Illarionov, conseiller du président de la Fédération de Russie, ces cinq prochaines années, les émissions de gaz dans la Fédération de Russie atteindront le niveau tellement "critique" qu'elle devra acheter des quotas. Le seul moyen de réduire les émissions de gaz carbonique est de cesser d'utiliser l'énergie, a-t-il dit.

    Les fonctionnaires russes ont élaboré un plan d'action en vue d'appliquer le protocole. Comme l'a expliqué Vsevolod Gavrilov, vice-directeur du département des rapports fonciers et patrimoniaux du ministère du Développement économique, l'accroissement de l'efficacité de l'utilisation des combustibles sera "l'indice" de la mise en œuvre du protocole. Dans les centrales électriques de "EES de Russie " (Electricité de Russie), vers 2008, cet indice doit s'accroître de 8 % par rapport à 2004. La ratification du protocole ne présentera aucun danger pour l'économie de la Fédération de Russie jusqu'à 2012, affirme Vsevolod Gavrilov.

    Le ministère du Développement économique a profité du protocole de Kyoto pour renforcer sa politique à l'égard des monopoles naturels. Le plan prévoit l'apparition de fournisseurs indépendants dans les secteurs énergétique et du gaz. Le protocole est utile, car il peut contraindre la Fédération de Russie à économiser l'énergie (le taux de consommation d'énergie dans le PIB russe dépasse de 10 fois celui du Japon). Les pertes d'énergie constituent en Russie environ 40 % de sa consommation.

    On ne sait pas ce qui arrivera après 2012. Lors de la ratification du protocole, la Russie a déclaré que la possibilité de sa participation au système du protocole de Kyoto dépendrait désormais des pourparlers ultérieurs. Si la Fédération de Russie tente de se retirer du protocole, on pourra lui reprocher le comportement immoral, car elle a bénéficié d'un financement à la première étape de l'application du document, ce qui risque d'entraîner des sanctions, prévient Andrei Illarionov.

    Vedomosti

    L'Inde pourrait se tailler une partie de Iouganskneftegaz

    L'Inde ne désespère pas de s'offrir l'accès au pétrole russe. Le ministre indien du Pétrole et du Gaz, Mani Shankar Aiyar, vient lundi à Moscou pour débattre du projet de la société publique indienne ONGC d'acheter une participation dans Iouganskneftegaz, filiale de Rosneft et ancienne principale unité de production de Ioukos. Les experts estiment qu'il a des chances d'y parvenir, écrit le quotidien "Vedomosti".

    La délégation projette d'ouvrir une discussion sur les projets qu'ONGC a déjà en Russie et de mettre en place un partenariat avec Rosneft dans la mise en valeur du gisement sibérien de Vankor, a expliqué un porte-parole du ministère indien.

    C'est le ministre russe de l'Energie Viktor Khristenko qui mènera les pourparlers avec la délégation indienne. On ne sait pas encore si l'entretien porterait sur le gisement de Vankor ou sur Iouganskneftegaz. Mais déjà 20% des actions de cette dernière société sont promises à la China National Petroleum Corporation.

    Les dirigeants de Rosneft n'entendent pas rencontrer la délégation indienne et ne mènent avec personne de négociation sur la vente d'actions de Iouganskneftegaz, a affirmé un représentantde la compagnie pétrolière russe.

    Selon une source dans l'administration du président, l'Etat juge importante du point de vue stratégique la présence d'ONGC dans le secteur pétrogazier russe. La meilleure solution serait de faire de Iouganskneftegaz une société publique indépendante. Cela permettra de réaliser l'ancien projet de fusion de Gazprom avec Rosneft et de vendre à la CNPC et à ONGC des paquets d'actions égaux de Iouganskneftegaz (20% environ à chacune).

    Le président du Centre de la politique énergétique, Vladimir Milov doute que les Chinois acceptent de devenir un actionnaire minoritaire pour 2 milliards de dollars. Mais les fonctionnaires n'oseront pas céder plus de 20% de Iouganskneftegaz à un investisseur étranger. Les Indiens peuvent se montrer plus accommodants, estime l'expert.

    Une part de Iouganskneftegaz est le plus intéressant qu'ONGC peut obtenir actuellement, affirme pour sa part un analyste de la société d'investissement Aton, Dmitri Loukachov.

    Polititcheski journal

    Moscou ferait bien d'appliquer une politique plus pragmatique dans la CEI

    La Russie doit formuler clairement ses intérêts dans l'espace post-soviétique, par exemple annoncer qu'elle reconnaît l'indépendance des autonomies rebelles : de l'Abkhazie, de l'Ossétie du Sud, de la Transnistrie, du Karabakh. Elle n'a aucun obstacle juridique. La Fédération de Russie est le successeur en droit de l'Union Soviétique. Or d'après la législation soviétique, si une république se retire de l'Union, les autonomies qui en font partie ont le droit à l'autodétermination. Tel est le point de vue du politologue russe Andranik Migranian qui a été publié dans le " Polititcheski journal ".

    L'Union européenne s'efforce de persuader l'Ukraine et la Géorgie qu'elles doivent être avec l'Europe et non avec la Russie. Si les ambitions politiques l'emportent à Kiev et à Tbilissi, la Fédération de Russie aura tout à gagner à prendre ses distances par rapport à ces deux pays. Que le Centre ukrainien se détermine à l'égard de l'Est, du Sud et de l'Ouest de son pays. En ce qui concerne la Géorgie, elle aura du mal à maintenir l'ardeur révolutionnaire parce que la promesse de rétablir l'intégrité territoriale reste une promesse. Cette situation persistante provoquera des tendances chaotiques.

    La Turkménie, avec la structure totalitaire, et l'Ouzbékistan, avec le régime laïc d'Islam Karimov, ne préoccupent pas en attendant l'Occident. Les deux pays sont déjà orientés vers la coopération avec lui. Mais pour ce qui est de la Kirghizie et du Kazakhstan où il existe des structures en opposition, l'Occident juge nécessaire de justifier sa vocation d'être vecteur de liberté.

    Auparavant, l'opposition dans ces pays s'orientait sur la Russie mais après les événements en Ukraine, elle a compris que les dirigeants russes ne sont pas aussi pragmatiques que les américains. Maintenant, en Azerbaïdjan et au Kazakhstan et en Kirghizie, les leaders de l'opposition copieront le comportement des leaders géorgiens et ukrainiens, se positionneront comme des hommes libéraux pro-occidentaux, dans une grande mesure anti-russes, et parleront avec ostentation de l'impérialisme russe et des valeurs européennes. Et tout cela pour obtenir un soutien financier et politique de Washington et de Bruxelles.

    La Russie, si elle veut conserver son influence dans la CEI, doit en tirer les enseignements nécessaires. Peut-être Moscou ferait-elle mieux de cesser de parler des doubles standards. Il faut apprendre à se servir des doubles et des triples standards. Il ne peut pas en être autrement en politique.

    Vremia novostei

    Le Gazoduc Nord-Européen sera mis en exploitation en 2010

    Un des projets préférés des dirigeants de Gazprom, la construction d'un gazoduc passant par les fonds de la mer Baltique, a enfin progressé. Deux ans après la présentation officielle du projet "Gazoduc Nord-Européen" (GNE), le président du conseil d'administration de Gazprom, Alexeï Miller, a annoncé la date de l'achèvement de la construction : le GNE sera mis en exploitation en 2010, indique le quotidien Vremia Novosteï.

    Ainsi que l'a précisé une source émanant de Gazprom, cette date a été approuvée par les acheteurs de gaz russe : E.ON Ruhrgas, RWE et BASF, dont les représentants ont eu des rencontres à Moscou avec Alexeï Miller ces quinze derniers jours. Les négociations ont été poursuivies lors du voyage du patron de Gazprom en Allemagne. En été 2003, Gazprom prévoyait d'achever la construction du gazoduc, dont le coût est évalué à 5,7 milliards de dollars, en 2007 ou 2008. Le porte-parole de M. Miller a déclaré hier que l'entreprise ne voyait pas de problème dans l'ajournement de la mise en exploitation du GNE. Pour Gazprom, il importe que les tuyaux soient prêts au moment où l'Europe enregistre une demande accrue.

    A Berlin, Alexeï Miller a rencontré d'abord les dirigeants de E.ON Ruhrgas, avec lequel Gazprom avait signé un mémorandum sur la mise en oeuvre conjointe du projet GNE, la mise en valeur d'un gisement russe et la commercialisation de ce gaz sur le marché allemand. Par la suite, il s'est entretenu avec les manageurs de RWE qui a été aussi invité à participer au projet. A la fin du voyage, les entrepreneurs russes ont rencontré le chancelier allemand, Gerhard Schröder. Au cours de l'examen des perspectives de la coopération dans le domaine énergétique, Gazprom et ses partenaires allemands se sont engagés à construire et mettre en exploitation le Gazoduc Nord-Européen d'ici à 2010.

    Cependant, le vrai lancement du projet n'aura lieu qu'après la signature de contrats à long terme ou lorsque le volume des livraisons de gaz par le GNE sera garanti aux consommateurs pour une longue période. L'un des atouts majeurs de Gazprom pour attirer les partenaires est la proposition de participer à la mise en valeur du gisement Youjno-Rousskoïe, avec des réserves estimées à 600 milliards de mètres cubes.

    Kompania

    La Russie se transforme en société de consommation

    Ayant oublié le mot "pénurie" et commençant à gagner de l'argent, de nombreux Russes se ruent aujourd'hui sur les produits. Le chiffre d'affaires des agents immobiliers progresse de 50-70 pour cent l'an. Les prêts à la consommation eux aussi sont en hausse. L'année dernière les Russes ont acheté pour plus de 74 milliards de dollars de produits alimentaires, 7 milliards d'articles électroménagers et 6,2 milliards de produits de beauté et de parfums, annonce l'hebdomadaire "Kompania".

    Les experts estiment que le devenir de la classe moyenne en Russie entraîne un brusque changement du comportement des consommateurs. Pour les gens il devient important de faire connaître leur niveau de bien-être et leur bon goût.

    Toutefois, le phénomène dit de la "vie à crédit" reste encore limité en Russie. Les personnes recourant au crédit hypothécaire ou au prêt à la consommation sont encore en nombre insignifiant.

    Pendant longtemps le gros des dépenses de la population était consacré à l'acquisition d'articles de première nécessité, maintenant les gens sont plus enclins à acheter des articles à usage durable.

    Les Russes sont dépensiers de nature, ce qui n'est pas toujours en corrélation avec le niveau de leurs revenus, relèvent les experts. Par exemple, si pour leurs vieux jours les Britanniques commencent à mettre de l'argent de côté à l'âge de vingt ans, les Russes vivent "au jour le jour", rien n'incite la plupart d'entre eux à économiser.

    C'est peut-être ce qui explique la hausse fulgurante des ventes des articles haut de gamme et la disposition à acheter à crédit sans bien réfléchir à ce que leur coûtera l'argent pris en location.

    Un analyste de l'agence publicitaire FCB M1 estime que les brusques fluctuations dans le comportement des consommateurs est caractéristique de la Russie du moment que la grande majorité des gens ne sont pas encore habitués à vivre comme on vit dans la société capitaliste. Le consommateur russe n'a pas encore élaboré de modèle de dépense précis et inamovible déjà pour cette raison que les budgets dont il dispose changent très rapidement, estime l'expert. Le terme société de consommation ne pourra être appliqué qu'à la génération née dans les années 1980-1985 et qui entre seulement dans la vie économique active. Ces gens se sont formés en tant que consommateurs en système capitaliste et ils bâtissent déjà leur stratégie d'existence, notamment en matière de consommation, en partant exclusivement des critères de l'économie de marché.

    Rousski kourier

    "EES de Russie" explore l'espace virtuel

    L'influence des IT-Technologies (technologies de l'information) sur le développement du secteur électrique devient de plus en plus évidente. A la conférence de la holding énergétique "EES de Russie" (Electricité de Russie) consacrée à l'activité de la compagnie dans le domaine des achats, il a été question hier des avantages de l'emploi des mécanismes du commerce électronique dans le contexte de la concurrence, informe "Rousski Kourier".

    Iakov Ourinson, vice-président du conseil d'administration de "EES", a déclaré à ses collègues dans les régions russes que l'introduction des technologies électroniques est la stratégie de développement de l'activité de la compagnie dans le domaine des achats. Il a cité les avantages du commerce électronique: la meilleure qualité de l'information destinée à tous les participants à la procédure, l'accès non discriminé de n'importe qui au marché, l'objectivité et la réduction substantielle du temps de la préparation des transactions. D'ailleurs, l'expérience mondiale confirme ces avantages: les grandes compagnies énergétiques, notamment "Siemens", affirment que les dépenses pour l'organisation des achats diminuent de 50 %, les prix des produits achetés baissent de 5 à 30 %.

    La compagnie énergétique de Moscou "Mosenergo" a effectué l'année prochaine 1018 procédures concurrentielles pour 8,5 milliards de roubles (un dollar équivaut à environ 28 roubles). C'est pourquoi le perfectionnement des mécanismes du commerce électronique est urgent pour les énergéticiens de Moscou. Pour effectuer chaque procédure concurrentielle, il faut manier plusieurs dossiers. Si l'on tient compte des besoins croissants de toutes les filiales, on peut se représenter le volume immense du traitement des documents, expliquent les employés du service de la politique de la compagnie "Mosenergo". Toutes les filiales doivent obligatoirement passer au commerce électronique, estime-t-on dans la compagnie.

    Le Conseil des directeurs de "EES de Russie" s'est fixé l'objectif suivant pour 2005: effectuer au moins la moitié des achats au moyen des ventes électroniques. Cependant, "Mosenergo" estime que, pour un système immense ayant la structure spécifique complexe qui compte plus de 2 500 entreprises, le passage au traitement électronique des documents doit s'effectuer graduellement. Pour l'instant, toutes les organisations ne sont pas prêtes à intervenir dans l'espace virtuel.

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